Morg. Magg.y c. xxvii, st
la parfaite chair humaine accomplit sa passion, oîi elle cria son dernier appel : — Eli, Eli, lamma sabachthani * !
Et tout séraphique, au ciel fixé,
Il paraissait chose transfigurée.
Et qu'il parlait avec son Crucifié :
— 0 douce fin, ô âme bien née,
0 Saint vieux, ô bien qui dans le monde vécus ! —
Et finalement, la tête inclinée,
Il prit de la terre, comme on lui avait dit,
Et l'âme il expira de sa chaste poitrine I
Mais auparavant il adapta son corps à Tépée,
Les bras en croix, et la poitrine au pommeau fixée ^.
Par ces vers d'une dévotion si sincère en apparence, d'une bizarrerie si contrite et si contournée, le sceptique Pulci semble annoncer l'école des poètes florentins qui va venir, imbue des doctrines de Savonarole. On dirait d'un Jérôme Benivieni, ou de Jérôme, le grand prédicateur lui-naême, dans ses extases rîmées et intraduisibles :
Quando il suave e mio fido conforot Per la pietà délia mia stanca vita, Con la sua dolce cithara forgtita, Mi trahe dalle onde al suo beato porto , lo sento al cuore un ragionare accorto Dal résonante e inflammato legno Che mi fu si benegno