‹ Les MédicisChapitre 27 sur 262 · BossuET, Panégyrique de saint Paul · texte numérisé non relu

BossuET, Panégyrique de saint Paul

2» Actes des Apôtres, ch. xvii, y. 32, 24, 25, 28, 28, etc.

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i> est le temple des dieux et des hommes unis dans la » raison, dans la loi. » ~ Est-ce là toute ta doctrine? — Tu n'as rien à nous apprendre, tu n'as rien à révéler au sage, qui, connaissant la loi, s'abstient, supporte... « Les dieux sont puissants, dit le poète, mais la loi règne » sur eux ; car c'est par la loi que nous connaissons les » dieux et que nous distinguons dans la vie le juste et » l'injuste ^ t>

» Citoyens de la Cité universelle, ce n'est pas tout de subir, comme le vulgaire, les immortels décrets, il faut consentir à l'ordre et l'assister, l'aimer, parce qu'il est l'ordre, la nature. Dieu.

1 La Grèce de nos pères fut l'image de cet ordre : elle était libre sous la loi. Quand l'homme de l'Orient lui commanda d'obéir au satrape, au prêtre, « les Hellènes » affranchirent leur patrie, ils affranchirent leurs enfants, » leurs femmes, les temples des dieux, les tombes des » ancêtres. Ils se battaient pour tous ces biens ^ >, qui leur sont restés, car leur âme est libre, même sous César.

» Du haut de l'olympicinne Agora, leur dieux, vainqueurs des superstitions orientales, reçoivent, comme des frères supérieurs, le digne hommage des mortels. Leur famille céleste réalise le modèle de la cité, libre sous la loi... Que ton sage de Galilée, ce libérateur que tu annonces, mérite de s'asseoir parmi ces divinités..*

\. EURIPIDE, Hécubéi 2i EsoHYLE, Perses 4

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je rignore, n'ayant pu vérifier ses litres à l'apothéose... Mais, s'il est tel que tu le représentes, sache que nulle forme du divin n'est élrangère à nos adorations... Ce que nous craignons, — hélas 1 nos maîtres de Rome n'imitent que trop ces détestables pratiques, — ce que nous craignons, ce sont ces tyrans fastueux, ces despotes orientaux, niant la morale, le devoir, substituant \e\\r arbitre à la loi, ce sont ces foules esclaves, changées par l'incantation des pontifes en timides troupeaux, qui, bêlant après les pâturages célestes, livrent en ce monde, à leurs pâtres, leur laine et leur chair!... »

Deux faits se démontrent succinctement :

!•* Par le progrès de la libre-pensée, de Thaïes aux stoïciens, la morale s'est développée sur des bases positives, indépendantes de toute théologie surnaturelle ;

2° Pendant que les docteurs mystiques, de saint Paul à saint Bernard, de saint Augustin à Luther, fondant la règle du devoir sur l'arbitraire divin, ne comprirent que la fraternité chrétienne, le stoïcisme résuma l'idée providentielle dans celle du Cosmos^ l'idée sociale dans la notion de l'humanité.

On ne parle que du principe, non des applications sociales du christianisme*. L'Église assuma, au

1. A. Comte établit cette distinction avec une clarté décisive. H définit avec non moins d'autorité Tattitudc des philosophes de l'Empire romain en face du Christianisme (voy. Cours de Philosophie positive , t. V, p. 200- 202, 2« édit., 1864, et Catéchisme positiv., â'' édit., 1874).

« Il faut peu s'étonner, dit l'illustre penseur dans ce dernier ouvrage, que le mouvement catholique ait été longtemps repoussé, comme une

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Moyen-Age, au profit de l'unité et du progrès moral, un rôle d'autant plus raéritoîre qu'il contredisait sa doctrine et son esprit primitifs.

L'apôtre des Gentils tient pour légitime l'esclavage *.

Si, par une inconséquence qui l'honore, il n'attribuait pas à sa morale mystique le principe de la morale rationnelle, loin de condamner la servitude, le chrétien d'aujourd'hui y verrait une situation favorable au maître et à l'esclave. La bonté du premier compte aux yeux de

» véritable rétrogradation, par les meilleurs types, théoriques ou pratia ques, de TËmpire romain. Ces chefs éminents se trouvaient graduel- 9 lement disposés, depuis Scipion et César, à Tavénement direct du règne » de THumanité sous la prépondérance simultanée de Tesprit positif et de » la vie industrielle. Mais ils n'avaient pas aperçu la nécessité d'une » dernière préparation sociale. {Catéch. positiv., p. 352.) — Ne pouvant » alors juger le système que d'après la doctrine, ils n'hésitaient point à I repousser, comme ennemie du genre humain, une religion provisoire » qui plaçait la perfection dans un céleste isolement. (Catéch. posit.f » p. 10.) »

1. « £s>tu appelé à la foi étant esclave? Ne porte point cet état avec peine, mais plutôt fais-en bon usage, quand même tu pourrais être mis en liberté. » — (I Corinth., vu, 21.)

t Mes frères, que chacun demeure dans l'état où il était lorsqu'il a été appelé, et qu'il s'y tienne devant Dieu. » — (/6id., 24.)

c Esclaves, obéissez à vos maîtres selon la chair, avec crainte et tremblement, dans la simplicité de votre cœur, comme au Christ;

I Ne les servant point seulement sous leurs yeux, comme cherchant à plaire aux hommes, mais comme serviteurs du Christ, faisant de bon cœur la volonté de Dieu; B Servant encore avec affection le Seigneur, et non les hommes; » Sachant que chacun, soit esclave, soit libre, recevra du Seigneur le bien qu'il aura fait;

B Et vous, maîtres, faites envers eux la môme chose, et modérez les menaces, sachant que le Seigneur et d'eux et de vous est au ciel, et qu'il n'y a point en lui acception de personnes. » — {Ephés., vi, 5-9.) LES HÉDias. I. — 5

Dieu. L'obéissance, Virresponsabilùé Teloiiye du second facilitent singulièrement pour lui l'œuvre anxieuse du Salut.

« De condamner cet état, écrit Bossuet^ ce serait » entrer dans les sentiments que Jurieu lui-même » appelle outrés, c'est-à-dire dans les sentiments de » ceux qui trouvent toute guerre injuste : ce serait non- » seulement condamner le droit des gens, oîi la servi- » tude est admise, comme il paraît par toutes les lois, » mais ce serait condamner le Saint-Esprit qui ordonne » aux esclaves, par la bouche de saint Paul, de demeurer » en leur état^ et n* oblige pas les maîtres à les affran- » chir. 9

A côté de ces textes significatifs de saint Paul, corroborés par Bossuet, il suffit de citer l'opinion d'Épictète, pour apprécier le point de vue sous lequel l'esclavage fut envisagé par les philosophes qui subordonnaient la morale à la raison .

« Esclave, dit-il au maître, tu ne supporteras pas ton frère? II tire, comme toi, son origine de Jupiter môme ; il est son fils comme toi ; il est né des mômes semences divines. Sitôt que ta fortune t'élève un peu au-dessus des autres, tu t'ériges en tyran. Tu ne te rappelles plus qui tu es, ni à qui tu commandes. Tu commandes à des ôtres qui sont tes frères par nature, à des enfants de Dieu. — Mais je les ai achetés, et eux, ils ne m'ont pas acheté. — Mais tu ne fais pas attention aux lois de Dieu... T/âne est un esclave destiné par la nature à porter nos fardeaux, parce qu'il n'a point en partage la raison libre et le libre usage

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