‹ Les MédicisChapitre 3 sur 262 · De la foi d'un chrétien les mystères terribles · texte numérisé non relu

De la foi d'un chrétien les mystères terribles

D'ornements égayés ne sont point susceptibles.

(BoiLEÂU, Art poétique.)

fer, les preux du christianisme dorment couchés sur la dalle funéraire. L'humilité de leur suprême attitude rachète Torgueil de leur vie. Quel autre langage parlent à Tâmeles spectacles funèbres de l'antiquité !

C'était le soir. Le couchant empourprait de ses reflets les deux files sépulcrales de la voie Appia. Rien ne rend la solennité d'aspect qu'offre alors cette partie de VAgro romano^ coupée par des tronçons d'aqueducs, dominée au sud-est par les coteaux d'Albano. Les lignes sévères de l'horizon encadrent deux rangées de tom])eaux, débris, çà et là gigantesques, qui virent passer le char du triomphateur.

On s'oublie aisément en ces lieux. Semée de ruines, hautes parfois comme des tours dont elles afiectent la forme, la plaine ondulée et verdoyante s'étend à l'horizon que la mer cerne vers Ostie d'un ruban d'azur. A l'herbe qui revêt, drue, vivace, les mouvements du terrain, on dirait les tumulus d'un immense cimetière, le suprême asile des légions ensevelies :

Agricola, incurvo terram molitus aratro, Exesa invenict scabra rubigine pila, Aut gravibus rastris galeas pulsabit inanes, Grandiaque eiTossis mirabitur ossa sepulcris K

Tels sont les mirages de la tradition reflétés dans une âme prophétique, et qui grandissent le spectre du passé.

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