CHAPITRE IL
Pour comprendre le problème posé au concile de Florence, dont — contraste singulier ! — le polythéiste Pléthon fut une des lumières, il faut résumer les solutions théologîques qui précédèrent cette assemblée.
Depuis Arius (32â), il s'agit de savoir si le Fils est de même essence que le Père (Voovowç), ou seulement de substance semblable (ô^zocoûo-ioç). Puis, quand cette difficulté est tranchée contre la diphthongue oc, deux hérésies se produisent en sens inverse.
Du moment que le Christ, Verbe éternel, égal et consubstantiel au Père, est devenu sans conteste la seconde personne de la Trinité, apparue un jour sur la terre, la logique grecque se demande quelle fut la nature précise de cette apparition.
Ou bien un homme en Jésus existe tout entier : corps , âme, volonté, personne intégrale à laquelle la divinité s'ajouta miraculeusement; telle est ridée de Nestorius. Ou bien la personne divine, dans cette union, absorba totalement la personne humaine. C'est la thèse d'Eutychès revenant à peu près h la conception gnostîque : —
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Dieu se manifestant sous Tapparenced'un corps d'homme, pur spectre, sans réalité.
Au premier cas, la divinité du Messie est un fait secondaire, puisque THomme- Jésus subsiste en lui-même et par lui-même, puisqu'il est une personne à laquelle Dieu s'est simplement adapté, unissant à une individualité, à une conscience humaine, sa personnalité, sa conscience infinie. Mais, alors, dans la présence de cette personnalité, le croyant peut être conduit à ne voir qu'une inspiration spéciale, une théopneustie aussi vague que le démon de Socrate. Tel le Verbe, qui, soufflant par la bouche des prophètes, leur valut le titre de Fils de Dieu. A l'opposé, l'explication eutychienne réduit à une apparence l'humaine personne du Messie. Si cette croyance laisse sans ombre sa divinité, elle bouleverse entièrement l'économie chétienne. Un Dieu ne saurait souffrir, et, n'ayant plus jointe à son essence la nature humaine, accomplir la passion rédemptrice. Le Christ ne tient plus à la terre, il n'est plus qu'un reflet de la lumière éternelle sur la face obscure et souillée du genre humain.
Aussi l'Église, entre Nestorius et Eutychès, s'établit sur un terrain mixte. Repoussant des conclusions extrêmes, elle n'admit dans Jésus Homme-Dieu qu'une personne, mais en deux natures. L'unité du principe divin incarné dans un homme fut maintenue, le dogme platonicien du Logos se fondit avec la notion juive du Messie. Jésus, véritable homme, vrai Dieu, fut de plus muni de deux volontés dans ses deux natures et dans sa
personne unique ; car le parti de l'unité s'était réduit à un effort suprême: le monothélisme. Cette doctrine, n'attribuant au Christ qu'une seule volonté, éludait ainsi les conséquences de la double nature, elle n'était qu'une transformation de l'hérésie eutychienne.
D'ailleurs, en se séparant de Byzance pour un intérêt politique plus que pour de légers dissentiments sur le • dogme, Rome compléta les définitions de l'orthodoxie au profit de l'autorité papale. L'énoncé des décisions conciliaires, avant et après le schisme des deux Églises, permet d'embrasser d'un coup d'œil les progrès accomplis dans ce sens du quatrième au treizième siècle, — de Constantin à Innocent III .
Le premier concile de Nicée (325), premier œcuménique, proclame l'égalité consubstantielle du Père et du FDs.
Le premier concile de Constantinople (381), second Œcuménique, établit contre Macédonius la divinité du Saint-Esprit et sa procession du Père.
Le premier concile d'Éphèse (431), troisième œcuménique, contre Nestorius, reconnut en Jésus-Christ une seule personne en deux natures ; décision qui, permettant d'attribuer à la Vierge le titre de mère de Dieu, favorisa la tendance à diviniser la femme par le culte croissant de Marie.
Le concile de Chalcédoine (461), quatrième œcuménique, maintient contre Eutychès la nature humaine de Jésus.
88 LES MÉDIGIS.
Le second concile de Gonstàntinople (5A6), cinquième OBcaiménique, confirme les deux précédents, et anathématise les opinions d'Origëne sur la préexistence des âmes et la réconciliation finale avec Dieu des damnés et des démons.
Le troisième concile de Gonstàntinople (Ô80), sixième œcuménique, accorde contre les monothélites deux volontés au Fils, dont Tindividualité définitivement constituée renferme désormais dans une seule personne l'Homme-Dieu, savoir :
L La nature et la volonté divines ; '
IL Une nature et une volonté humaines, ou un homme parfait comprenant :
1° Une âme humaine composée :
a. De Tâme raisonnable (voO;) ;
b. De l'âme sensitive(^x^);
2" Un corps humain n'échappant que par privilège à la corruptibilité naturelle à la matière.
Le deuxième concile de Nicée (787), septième œcuménique, se prononce pour le culte des images.
Adoptée par Rome (860), la doctrine de la double procession du Saint-Esprit complète la formule de l'égalité des personnes.
Quant à la question de la grâce et de la prédestination, nul concile général ne la trancha. Mais, tout en condamnant la théorie de Pelage qui niait le péché originel, et sans se prononcer pour le semi-pélagianisme où la grâce n'est qu'une aide accordée à l'homme capable
par lui-môme de bien ou de mal, l'Église favorisa toujours plus cette dernière thèse que celle d'Augustin touchant la grâce et la prédestination absolues.
Enfin le quatrième concile de Latran (1215), douzième œcuménique, définit sous le terme de Transsubstantiation le dogme encore flottant de la présence réelle. Il impose à tout fidèle adulte le devoir de se confesser une fois Tan à son curé.
Le prêtre, et le prêtre des prêtres, — le Pape, — se posent au sommet des hiérarchies sociales, entre la terre qu'ils disciplinent et le ciel d'oti Dieu descend à leur voix.
Dès le sixième siècle, sans attendre les développements dogmatiques qui l'assirent, les évoques de Rome fondaient leur puissance sur la crédulité des Germains, néophytes directs de TEglise romaine. Envié par les patriarches de Constantinople, leur prestige, en les élevant au-dessus de tous les pasteurs occidentaux, les séparait de plus en plus de leurs collègues de TOrient,
Aussi le schisme s'annonça-t-il longtemps avant que le patriarche Ignace fût remplacé sur le siège byzantin par le savant Photius (858). Photius fut déposé, puis réintégré par Basile le Macédonien à la place d'Ignace rétabli. Mais, bien que l'évêque de Rome, premier patriarche, ratifiât ces vicissitudes de la faveur impériale et populaire, sa condescendance n'affaiblit pas l'hostilité dont il était l'objet en Orient. Tandis que les Normands mettaient aux pieds du Pape TApulie soustraite à la juri-
diction politique et spirituelle de Byzance^ — délaissée par les débiles héritiers de Constantin, Rome vit grandir l'influence desonévéque, déjà riche propriétaire, etexerçant sur Fancienné capitale de l'empire une sorte de patronage politique ou de magistrature municipale. En même temps la légende des clés de saint Pierre transmises au Pape comme évêque des évêques se développait surtout dans l'imagination des barbares convertis par les missions de Tépiscopat romain. Grégoire le Grand (690-604) et Grégoire II (716-731) amenèrent ainsi à la foi le premier les Anglo-Saxons, le second les populations teutoniques demeurées païennes.
C'est pourtant l'un de ces papes, presque divinisés déjà par les Occidentaux, qu'au milieu de ses querelles renaissantes avec Rome Photius traite « d'évêque de ténèbres » . Il englobe Nicolas P' dans une accusation générale contre les patriarches romains. « Le comble de » l'impiété, c'est qu'ils ont osé ajouter des paroles nou- » velles au sacré symbole autorisé par tous les conciles, » en disant que le Saint-Esprit ne procède pas du Père T^ seul, mais encore du Fils \ »
Le Filioque venait d'être admis par Nicolas P' (860).
En 879 un concile, regardé comme le huitième par les Grecs et rejeté par les Latins, se sépara définitivement de l'Église occidentale sur cette question de la procession du Saint-Esprit. Il anathématisa le huitième
1. Photius, édit. de Lond., et ap. Baron., an 883, cit. par Fleury, Hist, ecclésiastique, t. VU, liv. I, ch. tvi.
concile œcuménique des Latins, tenu comme le précédent à Constantinople, dix ans auparavant. C'est le dernier concile oriental reconnu par TÉglise romaine.
Les Fausses Décrétales aidant, la primatie romaine était devenue au onzième siècle le suprême pontificat que les Grecs ne pouvaient reconnaître. Outre la double procession, de pures questions de rite, l'usage du rasoir pour les clercs, ou du pain azyme, etc., le moindre prétexte, devaient suffire à consommer la séparation. Elle eut lieu en 1054 : les légats du pape Léon IX excommunièrent publiquement à Constantinople le patriarche. Michel Cérularius.
L'histoire signale depuis quelques tentatives pour la cessation du schisme, jusqu'au concile deLyonoîi, sous Grégoire X et Michel Paléologue, la réunion fut prononcée. Mais Andronic II y renonça en 1282. En 1369, un empereur de la même dynastie, Jean I", se soumettait à Rome dans l'église du Saint-Esprit au symbole occidental et à l'autorité papale. Un incident curieux signala son séjour en Italie. Cet autocrate adoré' à genoux, et qui portait le globe du monde, fut retenu prisonnier par Venise pour une dette de quelques milliers de ducats.
En 1418, à la suite du voyage d'un autre Paléologue, Manuel, pressé par les Turcs, une ambassade grecque parut au concile de Constance. L'obstacle à la réunion était l'obstination fanatique des moines et de la plèbe de Constantinople. L'extrême péril de l'empire agonisant dans sa capitale ne modifia point ces dispositions hostiles
n LES MÉDIGIS.
OÙ se brisa l'accord enfin réalisé par le concile de Florence.
Ce schisme était dans le courant des choses.
D'un côté, une église fondée sur la sujétion au pouvoir laïque ; de Tautre, le catholicisme occidental sacrant un empereur en Gharleraagne, disciplinant les barbares et les agrégeant à la civilisation, fille de la Grèce et de Rome.
Ici, une société progressive née des débris de Tantiquité transformés par le christianisme et l'esprit germanique. Là, dans un cercle qui se resserre, la culture grecque sophistiquée par le théologisme, immobilisée par l'autocratie, efféminée par la tradition des sérails.
Quatre questions furent résolues au concile :
1° L'usage du pain azyme, particulier aux Latins;
2^* Le dogme du Purgatoire, formulé moins nettement dans l'Église grecque que dans la romaine;
3° La procession du Saint-Esprit, double d'après les Latins, simple selon les Orientaux;
4° La suprématie papale.
Le premier point fut regardé comme un usage d'importance'minime et pouvant varier selon les temps et la convenance des églises particulières.
Quant à la seconde question, il fut reconnu (fueles Grecs, sans se servir du terme de Purgatoire, admettaient un état intermédiaire de purification pour les péchés véniels des justes. Mafs, malgré cet accord, il n'en subsista pas moins une différence dans la manière dont
chacune des deux Églises entendait les mystères delà vie future. Marc d'Éphèse, pour les Grecs, persistait à n'attribuer la souffrance complète aux damnés, la parfaite béatitude aux élus, qu'après la résurrection. Bessarion, pour les Latins, soutint que, pour la perfection de leur béatitude, leur corps seul manquait aux élus.
Sur le troisième point, on établit que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils comme d'un principe et d'une substance ; qu'il procède du Père par une spiration et une production, qu'il procède du Fils comme étant de la même nature et de la même substance.
Lia question grave était la suprématie du Pape. Tranchée par un compromis entre les chefs des deux clergés, elle continua de diviser, comme auparavant, Gonsfantinople et Rome. Jamais, laïques et prêtres, la masse orientale ne reconnut la décision du concile. L'imminence du joug ottoman ne put la faire plier : l'empire schismatique fut abandonné des Latins.
• Le patriarche de Gonstantinople, Joseph, était mort subitement vers la fin du concile, laissant une déclaration écrite par laquelle il reconnaissait « croire et ensei-
> gner tout ce que croit et enseigne la Sainte Église » Catholique de Notre-Seigneur Jésus-Christ, celle de
> l'ancienne Rome, et confesser que le pape de l'an- » cienne Rome est le bienheureux père des pères,le Très- » Grand-Pontife et le Vicaire de Jésus-Christ. »
En conformité des décisions conciliaires, le 6 juillet 1439, le décret du Pape constatant la réunion fut lu
en latin et en grec dans la cathédrale de Florence ^ Mais, malgré les concessions des Byzantins et leurs déclarations explicites, toujours subsistait Téquivoque où se fonde la puissance papale. Jamais les Grecs n'avaient contesté à Tévèque romain le rang de premier patriarche. Ils semblaient alors lui reconnaître une autorité supérieure. Mais, au fond, en la concédant, leur réserve expresse du droit des autres patriarches ^, leur insistance à considérer le pape comme le premier d'entre eux, n'indiquaient-ils pas dans leur esprit une arrière-pensée opposée à l'orthodoxie occidentale ? Si l'accord eût duré, quel renfort n'eût-il pas apporté aux docteurs catholiques persistant à soutenir que le pape n'était que le président des évéques, le délégué général des églises!
Que disait alors même le futur cardinal de Cusa? — (( Bien que le pontife romain, à raison et du séjour et n du siège de Pierre, et du rang de capitale qu'occupe ï la ville où il réside, soit vénéré pour sa primauté entre » les autres évoques du monde, comme le principal et le » plus honorable président (prises) d'une telle repu* » blique {civitaiis)^ et comme occupant le siège si consij> dérable de Pierre, cependant, si, du consentement de » tous ceux qui occupent les autres sièges, élection n*é- )) tait pas faite de lui, je ne croirais pas qu'il fût le pré- )) sident et le prince ou le juge de tous les autres. C'est » pourquoi, s'il était possible que l'archevêque de Trêves
i. Fleûry, Hist. ecclésiast., liv. CVUI, ch. xxxvi.
2. De Gonstantinople, d'Alexandrie, d*Antioche et de Jérusalem.
)) fût élu par TÉglise assemblée président et chef, à pro- )) prement parler il serait, plus que Tévôque romain, le » successeur de saint Pierre dans le principat ecclésias- » tique*. »
Pour les chefs de rÉglise et de TEmpire orientaux, Tunion n'était qu'une affaire, la couverture religieuse d'une alliance politique imposée par la nécessité. Le pape promettait à l'empereur : 1° de payer la dépense de son retour ; 2* d'entretenir tous les ans trois cents soldats et deux galères pour garder Constantinople ; 3** que les galères portant les pèlerins à Jérusalem s'arrêteraient en passant à Constantinople ; h"" que, quand l'empereur aurait besoin de vingt galères pour six mois, ou de dix pour un an, le pape les lui fournirait; b"" que, s'il avait aussi besoin de troupes de terre, le pape solliciterait avec instance les princes chrétiens d'Occident de lui en fournira
Mais, malgré l'intérêt politique, Marc d'Éphèse se sépara du concile dont les décrets furent repoussés par les patriarches d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem.
Ainsi, l'accord échoua, quand, dernier débris du monde antique, l'Orient byzantin succombait sous le sabre ottoman.
Avant qu'il rendît le dernier souffle, il envoyait à travers l'Europe ses meilleurs représentants, pour convertir
1. Nicolas de Cusa, De Catholica concordantia, lib. H, c. xxxiv; Haag, Hiit. des dogm. chrét.y 1" partie, p. 299, note.
2. Acta grœca conclu floreni., t. XUI; Condl. Labbg, p. 'i86;FLEORY, Hitt. eccUsiast., liv. CVUI, ch. xxiii.
96 LES MÉDIGIS.
et supplier son ingrate fille, stimulant par la parole des sages, des érudits et des poètes, le culte de l'antiquité grecque inauguré depuis un siècle en Italie par les Boccace et les Pétrarque.
L'adage : Graecum est, non legitur, avait cessé d'avoir cours dans les écoles.
On avait passé le temps où la langue d'Homère et de Platon n'était guère plus connue qu'au début de notre siècle l'idiome sacré de l'Inde, dont la notion propagée devait lever le sceau d'une civilisation, notre trisaïeule.
La bisaïeule apparaissait aux humanistes de l'Italie, et, bientôt après, à ceux de la France, sous les traits de ces missionnaires de l'hellénisme: Pléthon, Théodore Gaza, Bessarion, Jean Argyropule, Georges de Trébizonde, Marc Musurus, Constantin et André Lascaris, Démétrius Ghalcondyle, etc., dont l'arrivée précéda de peu ou suivit la catastrophe finale de leur patrie. Salués comme des hiérophantes par leurs sectateurs d'Italie, ils ne débarquaient pas seuls de leurs galères, ces hommes, vêtus d'amples simarres, dont les barbes hiératiques étonnaient les badauds des cités maritimes, le peuple des ports et des arsenaux. Ils apportaient avec eux l'âme des anciens Hellènes vivante dans les manuscrits et les œuvres de l'ébauchoir, et le verbe toujours jeune de la Grèce,
L'antique et naïve beauté De ces muses dont le langage
Est brillant comme leur visage De force, de douceur, de grâce et de fierté ^
Et dès que, venue à point pour cette tâche de conservation et de propagande, la typographie s'est établie à Venise et au moutier de Subiaco, près de Rome, ces affluents de richesses intellectuelles s'écoulant versrouest, de Byzance, de l'Asie et de TArchipel, ont trouvé leur confluent, leur réservoir commun. Le premier des Aides publie en làSà Tédition princeps d'Aristophane, éditée par Marc Musurus.
Deux grands papes ont leur gloire attachée à cette invasion pacifique. Leurs règnes ne sont séparés que par le court pontificat de Calixte III (1455-1453), oncle maternel d'Alexandre VI.
Nicolas V (1447-1455), Pie II (1458-1464), annoncèrent Léon X, qu'ils dépassèrent, sinon par le dilettantisme universel et dégagé, du moins par le sérieux et l'élévation de la vie.
Avant d'être élu pape, le 6 mars 1447, le premier, Thomas de Sarzane, figura au concile de Florence. Il assista dans ses labeurs d^érudit, il accompagna dans ses négociations diplomatiques le cardinal de Sainte-Croix, Nicolas Albergati, évêque de Bologne, auquel il succéda dans ce siège et à la pourpre. Fondateur de la Vaticane, il fit cardinal Nicolas de Cusa, le prédécesseur de Copernic dans la théorie du vrai mouvement terrestre, et com-
i. André Chénier.
LES MÉDias. ' 1. — 7
U8 LES MÉDIGIS.
manda la première traduction de V Iliade. Parmi les humanistes, Poggio Bracciolini, Georges de Trébîzonde, Giovanni Manetti, François Filelfe, Laurent Valla, Thomas de Sarzane parut exercer le premier, avec le souverain pontificat de l'Église, la grande prêtrise* des lettres, de l'érudition et de la tolérance. Les pensées de Marc-Aurèle étaient un de ses livres de chevet.
Malgré ses efforts pour armer l'Europe à la défense de rOrient chrétien, Gonstantinople succomba sous son règne. Caractère d'une trempe égale, esprit du même ordre, mais d'un tour plus ingénieux et plus vif, ^neas Sylvius> sous le nom de Pie II, va tenter à son tour d'arracher au Turc, avec la cité de Constantin, l'empire délétère du croissant sur les contrées qui furent la source et auraient dû demeurer le poste avancé de notre civilisation.