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Platina, Vit. Pontifie., vita Pii H

chez les Grisons, et obtint la prévôté de Téglise coUôgiale de Saint-Laurent de Milan. Pris pour secrétaire par l'antipape Félix (Amédée de Savoie), il va comme nonce auprès de l'empereur Frédéric III, qu'il séduit par les talents et les grâces de son esprit. Comme Pétrarque, il reçoit le titre de poète- lauréat, et, sous celui de protonotaire, l'office de secrétaire impérial.

La chrétienté subissait une crise qui devait décider de son avenir. L'unité spirituelle tendait à se reconstituer sous la forme d'une autorité représentative. Abattue depuis Hildebrand sous le pouvoir de l'un d'entre eux, la puissance des évèques se relevait par les canons des conciles de Constance (1&1A-Iil8) et de Bâle (1A31iàkk). Le Protestantisme fit à l'Église catholique une autre fortune. Comme toujours, l'attaque révolutionnaire imprima à la résistance un mouvement de concentration. L'infaillibilité des papes tendit de nouveau à prévaloir aux dépens de l'ancienne théorie qui leur reconnaissait seulement la présidence de l'Église.

A Bâle, comme depuis, jusqu'à nos jours, le clergé français maintint ce principe, — que l'Église est une monarchie représentative dont Tévêque de Rome n'est que le premier magistrat. Thomas de Courcelles défendit compendieusement les huit thèses suivantes :

c V C'est une vérité de la foi catholique que le sacré concile général a la puissance sur le Pape et sur tout autre que ce soit ;

5) 2" Le Pontife romain ne peut de son autorité dis-

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soudre» transférer ou proroger pour un temps le concile général légitimement assemblé, sans le consentement de ce même concile, et ceci est de la même, vérité que l'article précédent ;

» 3* Celui qui s'oppose avec obstination à ces vérités doit être tenu pour hérétique ;

> 4* Le pape Eugène IV s'est opposé à ces vérités, lorsque premièrement il tente, de la plénitude de son pouvoir apostolique, de dissoudre et de transférer le concile de Bâle ;

» 5** Eugène, enfin, averti par le Sacré Concile, a renoncé aux erreurs contraires à ces vérités ;

> 6' La dissolution ou la translation secondement tentée par Eugène est contraire aux susdites vérités, et contient contre la foi une erreur inexcusable ;

ï) T Eugène, tentant de nouveau de dissoudre ou de transférer le concile, retombe dans les erreurs auxquelles il avait renoncé ;

» 8° Averti par le concile de révoquer la dissolution ou la translation tentée pour la seconde fois, comme par une désobéissance déclarée, il persiste dans la révolte et convoque un conciliabule à Ferrare : Eugène se déclare lui-même obstiné dans sa rébellion ^ >

En soutenant ces propositions, le célèbre théologien de Paris s'appuyait sur ce principe, — qu'en toute société, — spirituelle ou temporelle, — le pouvoir diri-

1 . iEN. Stlv. PiCGOLOMiNiEi ^e!M!M\^ opera quœ eocstant omnia. Basileœ ; 1551, in-fol. — De Gesiis Basil, conciLt Mb, I, p. 5.

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géant doit être l'expression de la majorité, c Le Pape, » disait Thomas de Gourcelles, est dans l'Église comme » le roi dans le royaume. Il est absurde de prétendre » que le roi puisse plus que tout le royaume. Pareille- ? ment, il est absurde de soutenir que le pape puisse » plus que l'Église. Et de même que, parfois, quand les » rois gouvernent mal ou exercent la tyrannie, on les )> chasse du trône, ainsi il n'est pas douteux que les

> pontifes romains puissent être déposés par l'Église, » c'est-à-dire par les conciles généraux.

» Il n'y avait pas de rois dans l'ori^ne. Les rois ne » furent établis que pour protéger contre les grands

> la plèbe. — C'est seulement contre l'Église que les^ » portes de l'enfer ne prévaudront pas.

» Le pape, il est vrai, est plus grand que tout autre » chrétien ; mais, comme chaque baron est soumis au » roi, et que les barons réunis lui sont supérieurs, de » môme chacun des prélats de l'Église, mais non l'Église )) entière, est soumis au pape. —Si les portes de l'enfer, » c'est-à-dire les péchés, ne peuvent rien contre TÉglise, » l'Église elle-même est impeccable; ce qui ne peut se

> dire du souverain pontife, homme et mortel*. » Telles étaient les visées du grand parti qu'^neas favorisa, jusqu'à ce que le prestige du pouvoir, dont il devait atteindre le faîte, adoucît peu à peu son opposition. Sa bulle du 2& avril l/iiô3, quand il fut pape, démentit

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