‹ Les MédicisChapitre 36 sur 262 · Platina, Vita PU H · texte numérisé non relu

Platina, Vita PU H

2. iEN. Sylv., Epist. 387, à Martin Meyer, juriscons. et chancel. de Télect. de Mayence. — Fleury, Histecclésiast, t. XV, L CXI, ch. xxxiii.

et à celle d'Ancône, où, pnpe, il mourra en essayant de soulever contre le croissant, comme aux jours des croisades, les rois et les peuples chrétiens.

Maître de Constantinople, jusqu'où Mahomet II pousserait-il ses conquêtes à FOccident? Les puissances chrétiennes refouleraient-elles au delà du Bosphore , jusqu'aux steppes de la Haute-Asie, les hordes qui venaient d'anéantir les débris de l'empire romain ? En même temps que le triomphe du Turc portait au comble la menace des armes musulmanes, la lumière se faisait sur l'Islam si calomnié au Moyen-Age. Le rigide monothéisme de Mahomet, si longtemps traité de paganisme, apparaissait sous son vrai jour, — non plus comme une végétation religieuse différente du christianisme, mais comme un rejeton, pervers, il est vrai, de l'arbre des révélations orthodoxes. Ce point de vue marquait dans l'opinion de l'élite européenne un progrès décisif. iEneas s*y plaça des premiers. « Ne va pas, écrit-il au terrible » conquérant, clore tes oreilles et détourner les yeux,

> quand nous nommons le Christ, que la loi mahomé- » tane, sous laquelle tu es né, reconnaît pour un homme » saint, pour un grand prophète, fils d'une vierge et » fameux pour ses miracles. Beaucoup de biens t'ad- » viendront par lui, si tu crois en lui, et si tu veux être

> initié à ses mystères. Tu auras en horreur mes paroles, » quand tu en ouïras le début ; mais il faut écouter en

> son entier l'exposé de ma Loi et ensuite émettre ton » j ugejnent. o

iENEAS SYLVIUS. — LES TURCS. 109

Il y a loin de cette insinuante apostrophe aux philippiques enflammées que le nom seul de Mahom^ Tidole Mahom (1), provoquait au Moyen- Age! Puis, le pontife disert aborde les raisons politiques qui doivent porter l'Émir des Croyants à embrasser le christianisme dont il essaye de lui démontrer la vérité théologique. Il la déduit dans une amplification bâtie d'après les préceptes de Quintilien et développée avec toutes les plantureuses circonlocutions du cicéronisme à la mode. L'épître est trop longue, trop artificielle et en dehors des foi^nes diplomatiques, pour qu'on ne soupçonne pas le pape de ne l'avoir écrite que comme une sorte de manifeste, ou même d'exercice littéraire, pour ne pas douter, tout au moins, qu'il l'ait envoyée à son adresse.

Mais il est une solution originale qui tranchera le problème pour le bien de tous, sauf pourtant les Paléologues et le clergé grec. Que Mahomet II se convertisse au catholicisme latin, — ^neas le lui demande formellement , — et Rome, qui posa le diadème des Césars sur la léte d'un chef de Francs, sacrera comme l'impérial champion de la véritable Église le sultan de Byzance, devenu le monarque suprême des chrétiens, et, comme dit le poète, l'une

Des deux moitiés de Dieu : le Pape etTEmpereur ^

f Une seule chose te peut rendre le plus grand, le plus )> puissant et le plus illustre des potentats... Cette petite

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