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Gravina, Gov. civ

146 LES MÉDIGIS.

goire VII, « il ne paraît pas, fait observer Fleury, que » Ton eût alors égard aux donations que cette princesse » avait faites à rÉglise romaine, ni que le pape Pascal se » soit mis en devoir d'en prendre possession ^ »

La cour de Rome, en tout cas, allègue trois actes à Tappui de ses droits sur les domaines de la Grande Comtesse :

Une première donation faite au château de Ganosse, en 1077 ; |

Une seconde datée de Rome et qui renouvelle la pre- j mière... éganie, paraît-il; \

Le testament de la Comtesse.

Les deux premiers titres existent. Sont-ils authentiques?

L'Église n'a jamais pu produire le troisième. Elle ajoute à ces titres la concession par l'empereur Henri III de l'usufruit de la marche d' Ancône, redonnée par la Comtesse; car la mère de celle-ci, malgré cette concession d'usufruit, s'en était mise en possession*.

Le comtat Venaissîn revint au Saint-Siège par suite du traité de Paris (1228), par lequel Raymond VII, comte de Toulouse, fit sa paix avec TÉglise et avec saint Louis.

Quant à Avignon, Clément VI l'eut de Jeanne I" de Provence et de Naples, par contrat de vente du 19 juin

1. Fleory, Hist. ecclésiast.y t. IX, liv. XVl, ch. XL, p. 627.

2. Voltaire, Dict. philosoph., article Donations. —Essais sur lesmœurst chap. XLvi.

1348, au prix de quatre-vingt mille florins d'or de Florence^

Il faut joindre à ces acquisitions en Italie et en Provence la hàquenée que le Saint-Siège reçut annuellement du roi de Naples jusqu'à la fin du dix-huitième siècle, en vertu de l'hommage de Robert Guiscard et de Richard de Capoue à Nicolas II (1059).

Vers la fin du grand schisme commencé en 1378 par la double élection d'Urbain VI et de l'anti-pape Clément VII, le peuple permit le retour à Rome du chef de l'Église. Boniface IX profita de cette disposition des esprits, mais, s'il obtint des conditions meilleures pour son patronat temporel, le traité qui les lui accorda fut librement débattu avec les Romains.

La papauté viola ce pacte : elle en fut punie par une série d'insurrections terminées par la tentative et le supplice de Porcari.

Avant la fin du quinzième siècle, on ne rencontre pas dans l'autorité temporelle des évêques de Rome, grandissante il est vrai, mais toute d'influence, d'opinion, d'usurpation, les éléments d'une royauté véritable et pleinement reconnue.

Du seizième siècle date réellement leur souveraineté politique. Elle commence à s'affirmer sous Sixte IV. Les Borgia la fondent laborieusement par la conquête, Tintrigue et la terreur. Jules II lui assure un territoire

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