htor, Florent,, lib. VIÏ
aËNËALOOIE
Pierre II (1471-1503),
épousa Alphonsine
OrairU.
Laurent II, duc d'Urbia
(1492-1519), ^ousa
. Madeleine de la Tour,
ËVERARD,
Jean,
GOSHB L'ANCIEN,
Père de la Patrie (1389-1464).
épousa CorUessina Bardi.
Pierre I"
épousa Lucrèce Tomabuoni.
Laurent
le Magnifique*
épousa
Clarisse Orsini.
Jean
(LéoN X)
Julien II (1478-1516),
épousa
Philiberte de
Savoie.
Hippolyte,
cardinal
fils naturel.
Julien I«»
Jules
(Clément VII)
fils naturel.
Catherine
épousa
le duc d'Orléans,
depuis Henri II,
roi de France.
Alexandre ,
duc de Florence
fils naturel
(attribué aussi à
Clément VII),
épousa
Marguerite
d'Autriche,
fille naturelle de
Charles-Quint,
sans
postérité légitime.
1. Laurent le Magnifique eut aussi trois filles : Madeleine, mariée à François Cibo;
FLORENCE. — LES PRINCES DU COMPTOIR. SQl
D£S MÉDXGIS.
vivait en 1400.
çonfalonier (i360-U28).
Laurent (13Î94-1440),
épousa Geneviève Cavalcanti.
Pierre-François (1431-1477),
épousa
Laudamie Acciajuoli.
Laurent (1463-?),
épousa
Sémiramis d'Appiano.
Pierre-François (1486-1525), épousa Marie Soderinû
Laurent dit Lorenzino
(1514-1547), assassin du duc Alexandre.
Jean (1467-1504),
épousa Catherine Sforxa.
Jean des Bandes-Noires
épousa
Marie Salviatù
CosME I", premier grand-duc de Toscane (1519-1574),
épousa
Éléonore, fille de Pierre
de Tolède.
François Marie (1541-1587),
épousa
1" Jeanne d'Autriche;
2° Bianca Capello.
De sa première femme :
MaHe (1575-1643), épousa Henri IV, roi de France.
Ferdinand I« (1549-1609),
épousa
Christine de Lorraine.
GosME II (1590-1621),
épousa
Marie-Madeleine d'Autriche.
Ferdinand II (1610-1670),
épousa
Victoire de la Rovere.
Gosme III (1642-1723).
épousa
Marguerite- Louise d'Orléans.
Jean-Gaston (1671-1737), sans postérité.
Lucrèce, mariée à Jacques Salviati ; Contessina, mariée à Pierre Ridolfi.
202 LES MËDIGIS.
le prodigue Charles de Bourgogne, le prudent Louis XI. Ce roi bourgeois, mais qui se connaissait en grandeur, admirait, comme son ministre, le dictateur marchand et bon ménager dont la générosité ne donnait rien au faste onéreux oîi se fondaient les trésors des princes féodaux contemporains.
a De tous les citoyens qui ne sont point adonnés à la profession des armes, Côme fut le plus illustre et le plus renommé qui ait existé, soit dans Florence, soit même dans les autres pays dont on connaît l'histoire. Non-seulement il surpassa tous ses contemporains en crédit et en richesse, mais en libéralité et en prudence, et, parmi toutes ses grandes qualités, celle qui contribua davantage à lui donner le premier rang dans sa patrie, ce fut d'être le plus généreux et le plus magnifique des hommes. Ce fut après sa mort que Ton connut jusqu'où s'étendait sa libéralité ; car Pierre, son fils, ayant voulu faire le recensement de ce qu'il possédait, on vit qu'il n'y avait dans la ville aucun citoyen de quelque considération auquel Côme n'eût prêté de fortes sommes d'argent, souvent même sans qu'on lui demandât : il lui suffisait de connaître les besoins d'un homme noble pour venir à son secours. Sa magnificence éclate dans le grand nombre d'édifices qu'il a fait élever. Non-seulement il restaura, mais il fit bâtir depuis les fondements, dans Florence, les couvents et les églises de Saint-Marc et de Saint-Laurent, et le monastère de Santa-Verdiana ; dans les montagnes de Fiesole, San-Girolamo et son abbaye, et, dans le Mugello, une église des Frères-Mineurs. En outre, Santa-Croce, les Servi, les Agnoli, San-Miniato, furent enrichis pai* lui d'autels et de chapelles splendides qu'il ne se contenta pas d'élever, mais qu'il couvrit d'ornements et de tous les objets propres à rehausser la majesté du culte divin. Il faut joindre à ces édifices sacrés ses maisons particulières dont une dans la ville, telle en tout point qu'il convenait à un si grand citoyen, et quatre dans les
environs, à Gareggî, à Fiesole, à Gofignolo et à Trebbîo ; tous palais dignes, non d'un simple particulier, mais d*un roi. Non content de la renonmiée que lui avait méritée en Italie la magnificence de ses bâtiments, il fit construire à Jérusalem un asile pour les pèlerins pauvres et infirmes. Il employa à ces constructions des sommes très-considérables. Enfin, quoique ses édifices, ses entreprises, ses actions, eussent tous quelque chose de royal, et qu'il fût en effet le véritable prince de Florence, il était doué de tant de prudence qu'il ne sortit jamais des bornes que la modestie impose à un citoyen. Dans les assemblées, dans son domestique, dans ses équipy^ges, dans toute sa manière de vivre, ainsi que dans ses alliances, il se montra toujours Tégal des plus simples citoyens, parce qu'il savait que toutes les choses extraordinaires qui frappent à toute heure les regards font naître dans le cœur des hommes bien plus d'envie que celles qui le sont en effet et qu'on peut colorer d'un prétexte honnête. Lorsqu'il voulut marier ses fils, il ne chercha point l'alliance des princes, mais il donna à Jean Cornelia degli Alessandri, et à Pierre Lucrezia de' Tornabuoni. Il maria ses deux petites-filles Bianca et Nannina, nées de Pierre, la première à Guglielmo de' Pazzi, la seconde à Bernardo Ruccellaï. Dans aucune des souverainetés ou des républiques de son temps, nul homme ne l'égala en intelligence et en pénétration. Aussi, au milieu de tant de changements de fortune, dans une ville aussi remuante, parmi un peuple aussi inconstant, il sut pendant trente et un ans se maintenir à la tête de l'État. Son extrême prudence lui faisait de loin prévoir les dangers, et il était toujours à temps ou pour les empêcher de croître, ou pour s'y préparer en telle sorte qu'ils pussent croître sans l'atteindre ^ »
L'histoire devenue scientifique et couronnant, comme telle, la série des études positives, s'étaye à la méthode
1. TiRABOSCHi, M. délia Letterat. iiaL; Firenze, éd. Landi et C% t. VI, p. 34.
204 LES MÉDIGIS.
et aux résultats de la science qui lui est immédiatement antérieure, avant de demander à sa méthode propre, à ses expériences, à ses procédés particuliers d'analyse, Texplication des faits dont la biologie échoue à rendre raison.
Pour la solution de ces problèmes, la loi organique de filiation fournit ces clartés prépondérantes que la physiologie obtient surtout de la comparaison des caractères propres aux espèces et aux individus. Ce n'est pas que rhistorîen doive dédaigner ces comparaisons. Il est physiologiste à sa manière et par ses procédés, recherchant en tout peuple, en toute famille, en tout homme, qu'il étudie, le trait dominant, ce qu'un éminent penseur appelle la faculté maîtresse. L'étude des dynasties rentre surtout dans cette sorte d'histoire naturelle. Chacune de ces familles constitue une espèce dont les traits se résument en quelques individus et se retrouvent, soit dans l'espace, soit dans le temps, diversement modifiés en des congénères : espèces ou individus analogues, contemporains ou succédanés.
II y a les races militaires, comme celle de Gustave Vasa et de Gustave-Adolphe, artistes affolés parfois de férocité et de luxure. Charles XII rappelle Pyrrhus, la cour de Henri III celle d'un Héliogabale efféminé, avec ses mœurs de Sodome, ses curiosités d'érudition et de grammaire.
On retrouve dans la Prusse de Frédéric la Macédoine d'Alexandre. Les Médicis sont des Césars banquiers.
Leur originalité exprime le milieu qui les produisit. Le progrès de cette famille vers le pouvoir se marque par la prépondérance croissante des intérêts bourgeois dans leur république. Florence ressemble à Athènes par cette alliance, qui la distingue, du commerce avec le génie des arts et des lettres.
Son Périclès, Laurent de Médicis, fut un marchand philosophe et lettré, un financier artiste.
L'histoire de Florence tend à cette situation unique d'une famille maîtresse du pouvoir par le crédit. Si les Médicis n'y fussent parvenus, d'autres, les Albizzi par exemple, eussent pris cette position.
Le développement des afiTaires était énorme à Florence, au quatorzième siècle. Les banquiers soutenaient, créditaient les rois ; leurs faillites équivalaient à des révolutions. Les Bardi et les Peruzzi avaient prêté à Edouard III 16 millions de francs équivalant à plus de 50 millions d'aujourd'hui. Ce prince n'ayant pu tenir ses engagements, les deux maisons cessèrent leurs payements, entraînant dans leur ruine mille ruines et la perte momentanée de l'influence politique de la grande bourgeoisie.
C'est une histoire très-curieuse que celle de l'origine des vicissitudes et des grandeurs de la bourgeoisie florentine. Elle se lie de près à l'évolution dont on ne saurait mieux résumer les phases qu'en énumérant ces perpétuels changements de la constitution que Dante stigmatisa dès le quatorzième siècle.
Âtene e Lacedemone, che fenno L'antiche leggi, e furon si ci^ili, Fecero al viver bene un pîcciol cenno
Verso di te, che fai tanto sottill Prowedimenti, ch*a mezzo novembre Non giunge quel che tu d'ottobre fili.
Quante volte, nel tempo che rimembre, Legge, moneta, edufficio e costume Hai tu mutato, e rînnovato membre?
E se ben tl ricordi, e vedi lume, Vedrai te somigliante a quella inferma, Che non pu6 trovar posa in su le plume,
Ma con dar volta suo dolore scherma^
Obscure, inextricable histoire, qu'on n'éclaire qu'en dégageant deux grands faits : — Nobles vaincus par le peuple ; lutte des vainqueurs divisés en deux factions : aristocratie d'argent et plèbe.
On n'a là qu'un simple cadre des classes, des partis morcelés tous les jours, et qui s'unissent ou se re-
1* DANTE, Div. Gom.y Purgat, c. vi, terc. 47, 48, 49, 50, 51 :
Athènes et Lacédémone, qui firent Les antiques lois, et furent si civiles. Donnèrent au bien vivre un petit exemple
Près de toi, qui fais tant de subtils Règlements, tant qu'à la mi-novembre Ne joint pas ce qu'en octobre tu files.
Combien de fois, depuis le temps que tu remémores, Lois, monnaies, et offices et coutumes.
As-tu mué, et renouvelé tes membres?
£t, si bien tu te souviens et vois lumièrei
Te verras semblable à cette malade
Qui ne peut trouver repos dessus les plumes^
Mais^ .en se retournant, s'escrime contre sa douleur.
poussent entre eux selon la loi complexe de leur mobile intérôt.
€ Les maux que nous souffrons, l'Italie les a épuisés ; » les questions qui nous agitent, elle les a traversées ; » révolutions politiques et sociales, guerres de classes, )) combats séculaires des bourgeois et des ouvriers, pro-
> scriptions du peuple par la noblesse, de la noblesse
> par le peuple, des riches par les pauvres, des pauvres » par les riches...' »
Et cette similitude de situation, elle éclate surtout à Florence, à raison du caractère industriel de son histoire où semble s'ébaucher par avance ce résultat de la civilisation moderne : l'intérêt du travail pacifique déterminant de plus en plus les phases de la politique.
Cette prépondérance se marque en deux périodes dans l'histoire florentine.
Jusqu'en 1260 les nobles dominent. Mais une première victoire des classes industrielles les a arrachés ù leurs manoirs, fixant dans la cité les possesseurs des fiefs ruraux du voisinage. Embourgeoisé malgré lui, le seigneur se dédommage de sa défaite par la part du lion qu'il se fait dans la commune. La noblesse tend à se changer en patriciat.
Tel est le caractère de la première constitution sous un conseil de cent sénateurs, deux, bientôt six consuls,