I RICORDI
prochftt pas de Florence plus près qiïk la distance qui sépare Padoue de cette ville.
» Le vingt-neuvième jour de septembre i63Zi, par décision delà Baillie, il fut rappelé dans sa patrie, au^ grand contentement de toute la cité et presque de toute l'Italie, et il vécut à Florence jusqu'à la fin de ses Jours, investi de l'autorité principale dans le gouvernement de notre République . »
Le Magnifique relate ensuite le décès de son grandoncle Laurent, le montant de la succession (235 137 florins) échue au fils mineur de celui-ci, Pierre-François, les comptes rendus par Gosme à la majorité de son neveu, et jusqu'aux noms des arbitres qui firent le partage des biens revenant à chacune des deux branches de la famille. Le notaire Antonio Pugi passa l'acte. Parmi ces minuties, le regardant narrateur n'oublie pas les « avantages > faits à Pierre-François aux dépens de l'autre branche. De plus, remarque-t-iJ, « notre aïeul ]» s'associa en même temps pour un tiers aux bénéfices » de nos divers trafics, où il a plus profité que nous, ) puisque sa mise de fonds était moindre. »
Est-ce le bout de l'oreille bourgeoise qui passe par là?... Mais le Magnifique, dans ce document intime, ne prétend pas dissimuler sa bourgeoisie. Il y songe d'autant moins qu'en sa vie publique il n'a jamais cette vanité du parvenu, satisfait qu'il est des réalités de l'influence et du pouvoir, traité de pair par Louis XI, le despote aux mœurs boucgeoises : a L'an 1&65, pour la » familiarité de notre aïeul et de notre père avec la » maison de France, la Majesté du roi Loys distingua et
290 LES MÉDIGIS.
» orna nos armes de trois lys d'or sur champ d*azur, que » nous portons à présent, de quoi nous avons lettres » patentes, avec le sceau royal pendant : ce qui fut » approuvé et confirmé au Palais par les huit fèves » des Prieurs. » Mais Laurent n'est pas moins fier et moins heureux du don que lui a fait Sixte IV < de deux » têtes de marbre à l'effigie d'Auguste et d'Agrippa^ >. Aussi la muse plaide-t-elle pour l'usurpation. Je n'ai rien dissimulé des vices des Médicis, de leurs ambitions vulgaires qui les assimilent à tous les autres tyrans, à ces hommes de ruse et de proie qui encombrent l'histoire de leur gloire bruyante et monotone. Mais le cortège des penseurs, des artistes et des poètes les entoure et plaide pour eux :
Fanno/t onore, e di ciô fanno bene '.