‹ Les MédicisChapitre 73 sur 262 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

MAKSILE FICIH. — LE NÊO-PLATONISME.

C'est au milieu des écrivains et des artistes qu'il faut surprendre Laurent dans tout l'éclat de son patronage, en plein triomphe de l'idéalisme qu'il protège et qu'il a chanté :

« Grand Dieu, par la loi constante et le gouvernement perpétuel de qui cet univers se conserve et se régit,

» Par ta providence tu fais que l'âme pénètre au milieu du grand corps, d'où il convient qu'elle se répande en tous les membres.

» Ce qui se meut ne se meut pas autrement dans ce bel animal, et cette âme noble enferme en elle trois natures.

» Les deux plus nobles, plus dignes et plus pures, se mouvant de soi, font deux grands cercles, retournant aussi en elles-mêmes ;

» Et elles vont autour de Tâme profonde : Tautre va droit, mue par Pamour de produire les effets qui d'elle tiennent l'être.

» Et comme ce Moteur se meut, en mouvant le ciel, ce mouvement ressemble à l'autre, comme lemouvement des membres à celui du cœur, au miheu de la poitrine.

» De toi, premier auteur, prend vie tout animal, bien que de vie moindre, bien que chétif ; voilà aussi ta famille.

» El par ta bonté infinie lu les dotes de chars légers d'un feu pur, lorsque le Ciel et la Terre les appellent à la vie.

» Puis, quand leurs jours mortels sont accomplis, ta loi

232 LES MÉDIGIS.

bénigne leur concède que le char de chacun monte et retourne à toi.

» Concède-moi, 6 Père, qu'à la haute et sainte demeure monte mon âme, et que je voie la source vive, la source du vrai bien, d'où tout bien procède.

» Montre la vraie lumière à mon front, et, dès que Ion beau Soleil lui est connu, fixe en lui les regards rapides de l'âme.

» Dissipe les brouillards, décharge-moi de la masse terrestre, illumine*moi de ta splendeur, toi qui es le souverain bien que chacun veut.

» En toi le doux repos s'apprête, et toute âme pieuse te voit comme sa fin ; tu es le principe, l'appui et le guide, la vie et le terme, toi seul, grand Dieu^ »

Cet hymne est l'écho poétique d'une philosophie.

Laurent s'inspire de Ficin, qui, sur les traces de 6émiste Pléthon, essaye de concilier dans sa Théologie platonique la doctrine fataliste et celle du libre arbitre, le dogme panthéiste de l'unité et ce principe de l'immortelle individualité, de la liberté des âmes dont le polythéisme est Texpression la plus haute. D'un côté, ce système est a un panthéisme d'une espèce tout à fait particulière. » La Divinité y est non-seulement représentée comme le » Créateur du monde, mais encore identifiée avec l'unij> vers. En effet, elle est la forme primitive et éternelle » de toutes les formes ; toutes les choses existent par » elle et en elle; la matière absolue elle-même ne tient » son existence quer de Dieu qui l'a créée de rien, pour

1. Poésie del Magnifico Loremo de* Medici; Bergamo, 1760, appresso Pietro Lancellotti, Rime sacrey Orazione IV, p. 51.

» me servir d'une expression généralement reçue; toutes » les choses se rapportent à la Divinité, mais suivant » des degrés plus ou moins éloignés ; elles tendent à

> s'y réunir et à ne former avec elle qu'un ensemble, » dont le dernier but final est l'existence la plus parfaite, » le repos le plus absolu, et la félicité suprême.

» Mais, d'un autre côté, Ficin distingue le monde

> de son auteur, et, sous ce point de vue, on peut don- » ner le nom de déisme à son système... 'Le monde

> est l'^age de Dieu, il naquit avec le temps, ou le

> temps parut à la même époque que lui ; il renferme

> difiérents genres d'êtres , qui descendent par un » nombre incalculable de degrés de perfection jus- » qu'à la matière absolue, et parmi lesquels un genre

> est toujours la cause formatrice et déterminante de » celui qui vient immédiatement après. Quoique les » âmes raisonnables soient déterminées par les anges, » supérieurs, et que ceux-ci le soient enfin par la Divi- )) nité, Ficin n'en soutient pas moins que toutes les in- » teUîgences sont libres, et que toutes, particulièrement » les âmes des hommes, jouissent d'une existence per- » sonnelle et numérique indépendante et indestruc-

> tible*. »

Du moment qu'il admet comme impérissables ces ftmes et les anges, le syncrétisme est complet dans sa doctrine. Déjà rattachée aux théories panthéiste et déiste, elle em-

1. Hist. de la Philosophie moderne, par Buhle, t. îl, p. 283.

234 LES MÊDIGIS.

prunte un dernier caractère au polythéisme, tel que nous Tavons défini, d'après sa distinctive essence.

L'idéalisme platonicien eut toujours une affinité naturelle avec le génie artistique des Florentins. Il inspira le Banquet de Dante. Même dans le débordement de vie sensuelle qui suit le progrès du luxe et le culte passionné des jouissances, prédomine la recherche désintéressée du beau dans sa pureté. D'où le succès d'une doctrine qu'un épicuréisme vulgaire eût remplacée dans un milieu moins artiste que le monde de voluptueux raffinés d'esprit groupés autour des Méàicis.

Quand le philosophe n'est pas un poète, comme Platon, c'est une fortune pour une philosophie, qu'un poète plein d'atticisme et de goût, comme Laurent, sinon de génie, comme Dante, lui prête sa muse et la vulgarise, qu'un grand siècle littéraire soit le contemporain de ses systèmes, entourant les penseurs austères de la pléiade des chantres divins...

Aussi, — je l'avoue, — ce dernier siècle, dont le règne de Léon X fut l'apogée, et qu'on peut dater de la prise de Gonstantinople et des commencements de Timprimerie, ce temps me semble entre tous plein d'attraits : l'imagination y rêve de préférence une vie idéale, sérieuse et passionnée, parmi les enchantements de la spéculation libre, de l'art, et le mouvement d'une existence si semblable encore à celle du Moyen-Age, et dont la monotonie des habitudes modernes n'avait pas nivelé la variété turbulente et pittoresque. Athènes est trop loin de nous,

ses mœurs s'éloignent trop des mœurs actuelles^ pour que nous y fussions bien h l'aise sous les galeries du Pœcile ou dans les jardins d'Académos. Nous revivrions moins volontiers dans l'âge majestueux dont Boileau fut le Pindare eunuque, quand, le génie se pliant à l'étiquette monarchique, le libertinage d'un Saint-É vremond, le christianisme sérieux d'un Pascal, étaient des révoltes contre le roi-soleil de Versailles et la religion du convenu.

C'est à Piesole, dans la villa du Magnifique, que, chaque année, le 1& novembre, l'Académie platonicienne, fondée par le grand Gosme, célèbre par un banquet le jour où naquit Platon*.

La table est dressée dans une allée de pins dominant les terrasses, étagées à l'italienne, d'où le regard s'abaisse sur la riante vallée, sur Florence qu'on distingue au fond, et le méandre argenté de l'Arno.

Contemplez quelque temps les Noces de Cana... Il vient un moment où l'œuvre de Véronèse prend aux yeux le relief du réel. La vaisselle miroite, les lévriers

1. Mârsilii Ficini opéra; Basilese, ex oflicina Henricpetrina, 1. 1, p. 657, Epistol, lib. L

M. F. à Jacques BracdoUni, fUs de Vorateur Poggio, et héritier des talents paternels :

« Les anciens platoniciens célébraient chaque année, dans la ville (d'Athènes), Tanniversaire de la naissance de Platon. Mais, ô Bracciolini, les nouveaux platoniciens célébrèrent, à notre époque, cet anniversaire, à la ville et dans la banlieue. L'anniversaire suburbain fut célébré chez le Magnanime Laurent de Médicis, en sa villa de Careggi... François Bandini, homme excellent par le génie et la magnificence, célébra avec une dépense royale l'anniversaire urbain, Bindaccio da Ricasoli, Gavalcanti et beaucoup d'autres académiciens y assistèrent avec vous, et moimême parmi eux. . . »

â36 LES MËDIGIS.

aboient, le vin miraculeux ruisselle, le luth se marie aux voix. Dans une chaude lippée de couleurs on se repaît de lumière, et de la toile muette on évoque des sons. A l'éclat de vie luxuriante et saine qui déborde, une joyeuse harmonie répond en nous. On est loin d'un faux monde mystique, et, pourtant, dans cette poésie qui parle aux sens, rien de bas. Les figures sont nobles, pleines de sérénité; le Christ, humanisé par la Renaissance, rayonne de dignité sympathique.

Tel est l'aspect qui s'offre à nous, mêlés aux groupes pittoresques des convives, dans l'abandon d'un repas qui s'achève... Les valets se pressent, portant des plats d'or d'où la lumière jaillit en éclairs sur les robes de soie aux couleurs éclatantes, sur le brocart des pourpoints et des manteaux. C'est un va-et-vient, sur les terrasses dtj palais, de serviteurs disposant les mets, versant le vin des amphores ou dressant les viandes et les pyramides de fruits, tandis que chanteurs et musiciens font entendre par intervalles leurs instruments et leurs voix. Au milieu de l'allée, placé sur un socle de marbre, le buste de Platon semble présider à la fête.

Comme dans les dialogues du maître, le sel attique relève les discussions affadies, la Fantaisie enguirlande la Controverse, comme l'acanthe un vase de Paros. L'âme, ses destins, son existence distincte, sont niés, mis en doute, affirmés, par les tenants divers de ces joutes savantes, philologues, moralistes, poètes, mêlés aux peintres et aux sculpteurs. On voit là, près du Ghir-

MAKSILE FIGIN. — LE NÉO-PLATONISME. 237

landajo, le Grec Chalcondyle, Benivieni le médecin, le poète Jérôme, son frère, le vieux Gentile d'Urbîn, qui fut le précepteur de Laurent, Ange Politien, qui éleva Léon X.

Assis côte à côte, deux convives discutent avec ardeur. Le premier a vingt-huit ans, blonde tête aux grâces de femme, au sourire d'une idéalité charmante ; le deuxième est un adolescent, titanesque figure à la barbe déjà rude et touffue. On lit dans ses traits heurtés l'indomptable vouloir du génie.

L'un, déjà célèbre, s'appelle Pic de la Mirandole; l'autre, statuaire inconnu, protégédu Magnifique, Michel- Ange Buonarroti.

Puis un homme se lève, de taille exiguë, de chétive apparence : c'est Marsile Ficin, l'oracle et comme le pontife de l'école.

* Mes frères en Platon*, dit-il, l'esprit divin m'inspire à mon tour. Il me dit : 0 vous qui marchez dans la lumière, baissez les yeux vers la voie ténébreuse oîi chemine la foule. — De menteuses clartés éclipseront-elles les splendeurs que le monde a repoussées, qu'il faut lui porter encore? Les mystères sacrés les ont transmises jusqu'à nous sous des voiles que soulevaient les seuls initiés. Ecbatane,Memphis, enseignèrent Eleusis et Samothrace; la Perse et l'Egypte léguèrent à la Grèce le flambeau des doctrines saintes. Zoroastre, le chef des

1. Cette appellation était alors familière aux docteurs du néo-platonisme s'adressant à leurs disciples.

mages, Mercure Trismégiste, le chef des prêtres, Orphée, Aglaophane, qu'il initia arux secrets des Dieux, Pythagore enfin , et Platon notre maître, telle est la chaîne pieuse de nos instituteurs. Par eux, comme par les Sibylles et par les prophètes, le Verbe a parlé, avant de se révéler dans le plus divin des enfants de Dieu, Verbe de Dieu, Dieu lui-même.

» Jupiter est tout ce que tu vois, tout ce qui se meut dans le cycle infini des êtres. Deus^ ecce Deus 1 Jovem omnibus infusum corporibus continere^ atque alere cuncta^ ut non immerito dictum sit:

Jupiter est quodcumque vides, quocamque moveris.

'£v aÙTÔ) yàp Çê5pcv, xac xcvoupeda, %a\ èa/xév... rou yàp xai ysvo^

« Cœlum et terram ego impleo, et penetro, et contineo. Impleo, non impleor, quia ipsa sum plénitude. Pénètre, nen pénétrer, quia ipsa sum penetrandi potestas. Contineo, non contineor, quia ipsa sum continendi facultas'.

y. Tel est le Dieu des divins Mystères, le Dieu de saint Paul et de Moïse, et celui de Platon, le Dieu des Dieux de la Terre, de THadès et du Ciel, le Sommo Giove deviné par notre Dante, l'être immense, égal au tout et pourtant distinct de lui, de qui la matière émane, changeante et périssable, et découle l'immortelle hiérar-

i» Actes des Apôtres, xvii, 28.

% Mars. Fie, Op. omn., 1. 1, Episl., lib. I, Dicdogus inierDeum et animam theologictiSy p. 610*

chie des formes pures qui sont les Dieux. C'est là cette spirale infinie que tout enserre, mais qu'on n'embrasse, qu'on ne comprend, qu'en s'élevant toujours plus, des modes infimes aux suprêmes émanations de l'être, — de la matière aupouvoir actif, à l'âme raisonnable, à l'ange, à la divinité ; de la fange à la plante, de la plante à la bête, de la bête à l'homme, de l'homme au génie, du génie à Dieu. »

« 0 volupté au-dessus des sens I ô joie au-dessus de l'âme ! ô allégresse au-dessus de l'intelligence I Et cependant, je ne suis pas sans intelligence parce que je suis au-dessus... Quel délire ! — délire effréné I — Il ne m'absorbe pas pourtant, il m'exalte dans les régions sublimes. Partout je me porte, je m'épands, et je ne me dissipe pas. C'est qu'il merecueille avec toi, ô mon âme, c'est qu'il vit en moi, Tunité des unités, Diec ! Réjouissez-vous avec moi, vous tous dont Dieu est la joie. Le Dieu de Tunivers m'a embrassé. Le Dieu des Dieux me pénètre. Déjà, déjà Dieu te nourrit tout entière, ô mon âme, et celui qui m'engendra me régénère. Il engendra mon âme ; il la transforme en ange ; il la convertit en Dieu... Quellesgrâces te rendre, ô Grâce des Grâces* ? »

Ainsi parle Marsile résumant un système approfondi.

Avant d'apprécier en détail le système, il faut connaître l'homme; laissons Marsile se raconter, comme nous lui laisserons la parole, autant qu'il se pourra, quand nous tenterons de résumer ses idées. Aussi bien, outre l'avantage d'une restitution plus fidèle des temps, des opinions et des personnes, cette méthode d'interroger

1. MARSiLi Fie, Oper. omn. ; Basil., Êpist.^ lib. I, epist. vî.

240 LES MÉDIGIS.

ses héros sur eux-mêmes offre un attrait particulier. El d'ailleurs, elle ne mérite pas le dédain, cette latinité renaissante, retrempée chez l'hellénisant Marsile aux sources pures de l'atticisme platonicien.

Pour ce qu'il y a d'artificiel dans les formes, il ne faut pas s'exagérer le pédantisme, l'absence d'originalité de ce style. Quand on pénètre ces périodes empesées trop souvent, sous les centons juxtaposés des bons auteurs, sous la marqueterie classique on découvre parfois, dans l'imitation servile, un tour dépensée à soi, un fond d'aisance, une sorte d'appropriation revivifiée d'une littérature en apparence morte.

Ce fait ne saurait surprendre. Chez les peuples de l'Occident, l'étude des langues classiques est justifiée par la nécessité de retremper sans cesse 5 leur source les formes d'expression atteintes de corruption ou de barbarie. Jusqu'au dix-septième siècle, d'ailleurs, le latin n'était pas tout à fait une langue morte. On peut même regretter l'emploi d'un idiome commun à tous les membres de la République lettrée que Leibniz écrivit, qui revêt, presque aussi transparent que le français de Voltaire, la verve caustique d'Érasme. Loin d'arrêter l'essor des littératures nationales, loin de châtrer leur originalité priraesautière, la Renaissance classique ouvrit un libre cours à la pensée s'exprimant dans les langues du peuple. Frappant ces langues au coin antique, elle les marqua d'une empreinte magistrale, que la prose moderne n'avait pas encore reçue, et que tiennent

de leur commerce, avec Athènes et Rome, Rabelais et Machiavel.

Et puis, dans ce style hyperbolique, ce qui nous semble allégorie démodée, mythologie à la glace, friperie du vieil Olympe, — ne l'oublions pas, — c'est presque de la religion pour ces dilettanti^ plus qu'à moitié convaincus, du Polythéisme. Oîi cesse l'érudit, oîi le croyant commence-t-il ? C'est ce que nous ne saurons jamais avec eux... La métaphore païenne est transfusée dans l'imagination, dans la pensée, et, si l'on ose le dire, dans le sang de ces sectomanes du rythme et du rite helléniques.

Bessarion consolait en ces termes de la mort de leur père les fils de Gémiste Pléthon :

« — J'ai appris que notre père et précepteur, s'étant dépouillé de tout ce qull avait de terrestre, s'est envolé vers les cieux dans un lieu de pureté, pour y danser avec les dieux célestes la danse mystique d'Iacchos (Bacchus). Je me félicite d'avoir eu commerce avec un si grand homme. La Grèce n'en a point produit de plus sage depuis Platon, si vous en exceptez Aristote; de sorte que, si Ton veut admettre le sentiment de Pythagore sur la descente et le retour éternel des âmes, je ne ferai point de difficulté d'avancer que l'âme de Platon, engagée par les liens indissolubles du destin pour achever lapériode de ses révolutions, avait choisi Gémiste pour sa demeure. »

Ce cardinal platonise. D'autres, — prélats aussi ou prêtres, — dcéronisaient la langue de TÉglise, appelant le Saint-Esprit le Souffle ou le Zéphyr Céleste, le Diable le Sycophanle, la Vierge Diane, et le Christ Esculape ou

Wi LES MËDIGIS.

Apollon. Dans la période suivante, assez voisine du reste, un cynique, un bouffon (ses audaces n'étaient qu'apparentes, il n'avançait que couvert), l'Arétin, osa comparer l'œuvre du Pigeon divin dans Tlncarnation à celle du Dieu-Cygne, Zeus, fécondant Léda*. Érasme a, dans un pastiche ironique, composé de leurs locutions accoutumées le Credo des prêtres humanistes romains :

« L'interprète et le fils de Jupiter 2 Très-Bon et Très-Grand, notre Sauveur et noire Roi, selon les prédictions des oracles, a pris son vol de TOlympe sur la terre, et, ayant revêtu la forme humaine, il s'est lui-môme dévoué aux Dieux mânes pour le salut de la République. Il a détourné la foudre du Très-Grand et Très-Bon Jupiter, suspendue sur nos tètes. Il nous a lui -môme restitués en grâce, afin que, rétablis dans Tinnocence par la munificence de son intervention, et affranchis de la domination du sycophante, nous soyons admis dans la cité d'en haut, et que, persévérant dans la communauté de la République, lorsque les destins nous appelleront hors de cette vie, nous ayons part au souverain Bien dans le commerce des Dieux immortels. »

On connaît la paraphrase du Pater par Dante :

0 notre Père qui es dans les cieux,

Non circonscrit, mais pour le plus d'amour

Que pour les premiers créés de là haut tu as>

Page 1