‹ Les MédicisChapitre 75 sur 262 · ï>ANtE, Div, Coméd.j Purgat.y c. xi, terc · texte numérisé non relu

ï>ANtE, Div, Coméd.j Purgat.y c. xi, terc

2U LES méd;igis.

tout, Base de tous les bienheureux et Clai*lé des astres, Toi, Père, tu as établi le grand Soleil et la Lune brillante, les Sources et les Fleuves, la Terre et la Mer, emplissant de ton souffle toute espèce animale. Les êtres célestes, les terrestres, et ceux qui souffrent en bas, habitants des entrailles du sol, accomplissent ton décret; maintenant, je t'invoque, moi ta créature, en ce monde oO, comme la feuille légère, le faible humain, pétri de terre, coule, misérable, sa courte destinée. Souffrant, j'ai péché contre toi, et je verse des larmes. Sois donc pour moi, je t'en supplie, ô Père, miséricordieux, et de moi chasse l'amour d'un monde décevant, et les tromperies du démon, et le crime qui t'outrage. Baigne mon cœur de l'ondée bienfaisante de ton esprit, pour que j'obtienne de t'aimer toi seul, ô Très-Haut! »

littérairement (sans parler ici du rapprochement qu'il tente d'opérer entre les doctrines), Toeuvre entière de Marsile rappelle ces pieuses paraphrases, ce Calvaire olympisé dans le goût païen du bel air.

On retrouve Bacchus et les Muses, mêlés aux saints et aux patriarches. Admirez le changement des époques. Ces Dieux, — le poète du Moyen-Age ne pouvait s'en séparer, Dante en peuplait Tenfer, — les écrivains de la Renaissance semblaient les confondre dans leur paradis avec les anges. C'est, sauf l'impiété, la mascarade pagano -chrétienne du poème de Parny.

Au début de son livre De triplici vita^ esquissant le plan de cet ouvrage oti il traite — delà vie sainte, — de la vie longue, — de la vie pieusement ordonnée, — Marsile s'adresse ainsi au Magnifique :

« Les poètes chantent que Bacchus, le prêtre suprême, est né deux fois. Veulent-ils dire que le futur prêtre, dès qu'il est

initié^ doit renaître, ou que Tâme du prêtre devenu parfait^ s'enivrant de Dieu, semble alors renaître? Peut-être, dans un sens moins relevé, faut-il dire que le vin, produit de Bacchus, quand le cep a été mûri par Phœbus, est engendré une pre miëre fois dans la vigne, comme Bacchus le fut de Sémélé, et que ce vin, après la fulguration vindémiale, est réengendré dans les vaisseaux qui le recueillent, comme le Dieu le fut luimême dans la cuisse de Jupiter... En quelque sens qu'on l'entende, Bacchus, prince des prêtres, eut, dit-on, deux mères. Et Mclcbisédech, prêtre suprême, eut à peine une mère, eut à peinçunpère. Moi, chétifpetit prêtre, j'ai eu deux pères ; Ficin, Médecin, et Cosme Medici. Du premier je naquis, du second je renaquis. Celui-là me consacra à Galien, celuî-ci au divin Platon. Et Tun et l'autre m'ont mis sous le patronage d'un médecin. Galien en effet est médecin des corps, Platon est médecin des âmes^. »

Juste ce que dit à Argan le jeune Diafoîrus : « Mon- )) sieur, je vais saluer, reconnaître, chérir et révérer en » vous un second père, mais un second père auquel j'ose » dire que je me trouve plus redevable qu'au premier. 1 Le premier m*a engendré, mais vous m'avez choisi ; il 1^ m'a reçu par nécessité, mais vous m'avez accepté par )) grâee. Ce que je tiens de lui est un ouvrage de son » corps, mais ce que je tiens de vous est un ouvrage de » votre volonté ! . . . » Et Toinette : « Vivent les collèges » d'oîi l'on sort si habile homme ^ !» Il y a dans cette saillie toute une évolution de la pensée, Tarrèt définitif de la raison moderne sur un passé scolastique qui per-

1. Marsil. Fie, Op. omn.; Basileœ, t. I, in lib. de Vita, p. 493.

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