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Voy. Mars. Fie, EpistoL, passim

248 LES MÊDIGIS.

sente par son père au protecteur du platonisme, il étonna celui-ci de son savoir et de son enthousiasme pour le maître de l'école académique, a — Tu m'as été donné, » dit-il au vieux docteur, pour guérir les corps, mais > celui-ci, ton flls, a reçu du ciel le don de guérir les » âmes. ))

Il prit avec lui l'adolescent, que, délivré par ses soins de toute préoccupation matérielle, il vouait à la Philosophie. Dans sa ferveur de néophyte, il le sacrait par avance pontife de l'Idéalisme. Son culte allait jusque-là. Il se formait autour du demi-dieu Platon une sorte d'église dont Marsile devait être le prêtre, et, — auprès des Médicis, — comme le chapelain domestique. « C'est » moi, écrit Ficin à Laurent, moi, fils de son savant ») médecin, que le grand Cosme dévolut à cet office. Il » mit tous ses soins à me procurer, non-seulement tous » les livres de Platon en grec, mais encore tous ceux de » Plotin*. »

En sa dévotion systématique et un peu apprêtée pour le maître, Cosme veut avoir son platonicien ordinaire, comme Frédéric de Prusse aura en d'Argens son « athée royal ».

Prolongée sous Pierre, fils de Cosme, la faveur de Marsile fut au comble quand Laurent parvint aux

1. Màrsil. Fie, Op. omnia; Basileœ, etc., t. iï, Marsilii Ficini Florentini in Plotini Epitome, seu Argumentaf Commentaria et Annotaiiones, ad magnificissimum Laurentium Medicem, patriœ servatorem : Proœmium, p. 1537.

affaires. Cosme lui avait donné une habitation près de la sienne à Careggi. C'est là que Ficin engage le prêtre Grégoire Epifanio « à venir contempler la splendeur de » Dieu dans le miroir stable et unique de l'esprit. Tu » connais le proverbe : Sans compagnon, la possession » d'aucun bien n'est agréable*. »

Au logis de ses patrons, dans la Via Larga, ou sous les ombrages de leur villa de Careggi, l'existence coula douce pour lui entre les livres, les savants entretiens et la musique qu'il cultivait près du virtuose Squarcialupi, le chanteur favori du Magnifique. Ayant lu dans Platon que la musique est descendue du ciel pour apaiser les passions mortelles, il voulut être musicien.

Archaïque toujours, il s'accompagnait de la lyre* en chantant les hymnes attribués à Orphée, traduits par lui-même en latin. C'était sans doute un des curieux contrastes de ces temps étranges que ce chanoine de Saînte-Marie-de-Florence récitant après ses Heures ces litanies du Panthéisme alexandrin :

Physis, Mère de tout, Artiste souveraine, Céleste, Vénérable, et Très-Habile Reine, Domptant tout. Indomptable et Pleine de clarté, Pouvant tout, Adorée, Insigne Déité, Commune en toute chose, et seule en ton essence, Toi seule es totit, car tout de toi tient la naissance.

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