‹ Les MédicisChapitre 94 sur 262 · Mars. Fie, Op. omn., t, I, De Christ, relig., p · texte numérisé non relu

Mars. Fie, Op. omn., t, I, De Christ, relig., p

MARSILë FIGIN. S79

met en garde à cet égard le scepticisme de Laurent témoignent sans conteste d'une situation nouvelle des intelligences. Évidemment, le mystique Marsile, néoplatonicien et catholique, a dû se défendre plus d'une fois des fines ironies de son patron. Quand l'ancien précepteur des Médicis exposait dans l'Académie platonicienne quelque théorie ardue et savante sur la Trinité, l'action miraculeuse de la grâce, ou les trois a hiérarchies des » esprits divins contenant chacune trois ordres qui ren- » ferment respectivement 6666 légions, chacune de » 6666 Séraphins, Chérubins, Trônes, Dominations, )) Vertus , Puissances , Principautés , Archanges ou » Anges », devant cet effectif gravement énumérédes armées célestes, j'imagine les révoltes du bon sens, les rires auxquels Ficin fait sans doute allusion. On a de Laurent ce sonnet très-subtil et qui prouve à quelle profondeur atteignait son doute :

SDR LA GRACE.

Question à Georges Benoit Salviatù

Mon esprit, qui s'arrache aux tempêtes du monde, Se recueille en lui-même ainsi que dans un port, Et je médite alors dans une paix profonde Deux faits mytérieuxdontje poursuis l'accord.

S'il est vrai que de Dieu vient la béatitude, Si, sans lui, rien n'existe excepté le péché, Si par sa grâce seule, et non par notre étude, Le souverain Bonheur veut être recherché,

Et si cette faveur ne descend que sur l'âme

Disposée à ce bien précieux, je réclame Une claire réponse à cette question :

Qui donc commencera l'œuvre qui régénère, La grâce du Seigneur qui sur nos cœurs opère, Ou de ces mêmes cœurs la disposition ^ ?

Salviati, théologien très-expert, prît la peine de répondre au doute du Médicis par un traité en sept points: Georgii Benigni Salviati in rhythmum acutissimum magni Laurentii Medicis quœstiones septém^ etc.

D'après la cosmologie de Ptoiémée combinée avec l'utopie des théologiens sur les mondes invisibles, l'univers était divisé en cercles ou sphères. Mairsile connaît parfaitement ces sphères. Ilparcourt sans broncher ces régions inaccessibles, il en classe les habitants, comme un naturaliste les genres et espèces d'une faune ou d'une flore. Il a pourtant des scrupules à propos du nombre exact des légions célestes et dès soldats dé ces légions que d'autres, moins timorés que lui, affirment

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