Lo. spirito talora a se ridutto
E dal mar tempestoso e travagliato
Fuggito in porto tranquillo e pacato,
Pensando ha dubbio e vuolne trar costrutto. S*cgli è ver che da Dio procéda tutto,
E senza lui nulla è, cioè il pcccato ;
Fer sua grazia se ci è concesso e dato '
Seminar qui per corre eterno frutto; . Tal grazia in quel sol fa operazipne,
Ch* a riceverla è volto e ben disposto ;
Dunque che cosa è quella ne dispone?
Quai prima sia, vorrei mi. fosse, esposto,
0 tal grazia, o la bona inclinazione :
Rispondi or tu al dubbio, ch*è' proposto.
s'élever au chiffre de 6666. On pense aux copieux dénombrements du Gargantua et du Pantagruel^ où les milliers et les millions s'alignent avec les unités et les centaines... « sans les femmes et les petits enfants», ajoute le malicieux Alcofribas, qui connaissait bien la rigueur mathématique des abstracteurs de quintessence, inventoriant legrand peuple des chimères, oisons bridés et coquecigrues ! Ce vaste et profond bon sens, qui prélude aux résultats de la science positive, éclaira quelques-uns des grands hommes delà Renaissance, Rabelais en France, Machiavel et d'autres en Italie. Il les distingue profondément des génies plus ou moins mystiques qui brillèrent aii Moyen^Age. Pour cela nous aimons la Renaissance, comme pour le large sentiment d'humanité qui, manifesté déjà par Dante quand il met Trajan au Paradis, éclate dans Ficin, et, malgré ses croyances arriérées et sa métaphysique à outrance , le rattaché à la phalange des génies libéraux et compréhensifs qui entreprirent de réconcilier l'Europe chrétienne avec l'antiquité.
Ainsi Marsile s'efforce d'étayer le christianisme ^ à la doctrine platonicienne, mais il est surtout préoccupé de reculer dans l'espiace aussi bien que dans le temps les bornes de la chrétienté, de la confondre avec la grande société qu'il conçoit en dehors d'elle : le genre humain. C'est ainsi qu'il tient pour chrétiens les Mahométans,
i. Voy. chap. xiii {Dt Christ, relig.), De generatione filii Dei irt œternitaiCy p. 18.
282 LES MËDIGIS.
« hérétiques à l'instar des Ariens, mais honorant le » Christ comme né de la Vierge Marie par ropération
> mystérieuse du souffle divin > d . Joseph de Maistre aura pour rislamisme la même bienveillance, en contraste avec la haine du Moyen-Âge pour Mahomet et ses païens sectateurs.
Un savant écrivain protestant a très bien marqué la largeur de vues qui distingue Ficin des précédents apologistes : c La polémique contre les Musulmans aurait dû,
> à ce qu'il semble, s'attacher avant tout à faire valoir
> le spiritualisme et la noble simplicité de l'Évangile ; » mais les apologistes chrétiens aimèrent mieux persis- » ter à répandre la calomnie sur la religion de Mahomet, )) qu'ils connaissaient à peine...
» C'est seulement lorsque la Renaissance eut répandu
> le goût des études philosophiques , et brisé en partie )) les entraves que la scolastique mettait à Tesprit humain, » qu'il s'introduisit dans l'apologétique une méthode » plus raisonnable. Il était temps que cette réforme » s'opérât; car, dans leur enthousiasme pour les anciens n classiques et pour la philosophie platonicienne, beau- )) coup d'excellents esprits dissimulaient à peine leur
> mépris pour le christianisme, qu'ils confondaient na- » turellement avec le catholicisme tel que l'exposaient » les scolastiques dans leur langage obscur et barbare;
> c'eût été sans doute un devoir pour les théologiens de