DERNIER EXCÈS DR I.A. PREVERSITR MON^INE
Comment les homniRS se corrigeraient- ils de leurs vices , iis les translbrn)Rnt en vertus? Celui qui est en proie à l’avarice, la colore du nom de prudence : c’est, si vous l’éçoutez, par ordre , par pre'voyance qu’il accumule tiesors sur trésors, et s’interdit tout acte de bienfaisance. L’orgueilleux appelle noblesse, giau^ deur d’âme, son superbe dédain pour ses semblables. Que d’oisü's se complaisent dans leurinaciion et en tirent vapilé! Si on les en ci'Oit , leur attachemept à des ombres , leur fidéliléà des sermens évanouis, les rendeptétrangers à des emplois utiles : ils consentent bien à exister sous un gonvernement protecteur j mais c’est à la condition qu’ils ne le serviront ni de leur épée ni de leurs talens. four la plupart des débaucbés, l’impudeur est de la franchise; la profusion, de la générosité; la mauvaise foi, de riulelligence. Ce n’était pas encore assez de clian^er les vices en vertus, on a transformé celles-ci en ridicule. Qui le croirait ? il faut
avoir du courage pour os;t paraître vertueux. Le (tia assidu près d’un père dont les infirmités assiègent la vieillesse , et qui adoucit, par ses soins, les ennuis de sa solitude, a besoin de toute sa vertu, pour braver les sarcasmes d’une jeunesse dénaturée qui s’est soustraite aux devoirs de la reconnaissance. La fidèle compagne qui se refuse aux attraits du plaisir et aux séductions de la société , pour s’adonner toute entière aux devoirs d’épouse et de mère, est assaillie des traits de l’ironie , et il ne lui faut pas moins que toute la force de la sagesse pour se maintenir dans le poste ou la nature l’a placée. Celui qui refuse de livrer sa fortune au hasard du jeu , et préfère la reconnaissance du misérable qu’il soulage à la honte d’alimenter l’adresse insultante de l’oisiveté, court le risque d’ëtre dédaigné d’une société qui brille aux dépens des dupes qu’elle attire dans son sein.
Si la religion commande de cacher ses actes de bienfaisance, sous peine de perdre le fruit de ses œuvres charitables , le monde vous le prescrit sous peine d’être assimilés à de dangereux philantropes. Enfin nous en sommesarrivés au point d’avoir plus à rougir de nos perfections
que de nos de'fauts, et que l’indulgence qu’il fallait demander pour ses faiblesses, onl’eblient à peine pour ses vertus.
Il est universellement reçu qu’il n’y a rien de plus inconséquent que le jugement de la multitude J et cependant c’est de lui que nous faisons , dépendre notre bonheur.