‹ Les méditations et souvenirs du spectateur francaisChapitre 18 sur 95 · DE LA MÉDISANCE · texte numérisé non relu

DE LA MÉDISANCE

Les calomniateurs sont bien odieux, mais les medisans sont peut-être encore plus nuisibles. , On n’a pas la vérité pour égide, lorsque c’estelle-même qui vous blesse.

Une infidélité ne devient souvent un malheur que du moment où la méchanceté l’a révélée..

Que de haines ont pris naissance de l’indis- ' crélion d’un médisant.

11 est des gens qui médisent parce qu’ils ne saventpasse taire: il en est qui ne se proposent ‘ pas de nuire; ce sont des innocens qui vous blessent en jouant avec une arme dangereuse,.

ils voudi aiept arréU r le sang qu’ils voyent couler, il n’est plus temps, la blessure est faite.

C’est depuis qu’on a remarqué qu'on ennuyait en disant du bien des autres, qu’on a piéiéré d’en dire du mal, tant on est jaloux d’être écouté.

Celui qui se rend l’éeho d’une médisance en devient le complice : il est au méchant ce que le receleur est au voleur.

Le plus sûr moyen de déconcerter la médisance, c’est de l’écouter sans paraître | croire.

I.a calomnie peut être repoussée et même punie, mais comment se tiéfemire de la médisance, on s’expose à la fortifier en essayant de * la combattre. La prudence se tait devant elle et la désarme quelquefois par son si'ence.

Il est des calomnies dont on ne peut pas Se jaslifier. Malheur à celui qui en éprouve de semblables! s’il est irréprochable, sa conscience le soutiendra et lui donnera la torce de se passer de l’estime des antres.

Les sots méilisent franchement et sans artifice, ils frappent avec une lance ; les hommes fins et délicats mettent de la grâce et de l’enjouement dans lenr attaque^- le stylet qu’ils enfoncent laisse à peine entrevoirla blessure.

Si quelque chose pou vait pallier la médisance, 4l même la calomnie, ce serait devoir que ceux

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dont onentend,dont on dit, dont onsentbeaucoup de mal sont très-souvent mieux reçus, mieux accueillis dans de grandes sociétés que les hommes auxquels on ne peut pas refuser une véritable estime. >

Il est des gens si bons , si simples , qu’ils croient qu’il sulïit de se rendre digne de l’estime publique pour jouir de quelque uonsidé- Tation dans le monde. Gomment n'ont- ils 'pas remarqué qu’une table somptueuse, quelqu’ett soit l’appui , donnera toujours plus 'd’iru|)or-<tance à celui qui en fait les honneurs ^ qu’une réputation fondée sur l’esprit et les vei tus?

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