‹ Les méditations et souvenirs du spectateur francaisChapitre 33 sur 95 · DE LA VIE SOCIALE · texte numérisé non relu

DE LA VIE SOCIALE

La vie sociale fait de celle de l’homme une longue chaîne de sacrifices. Il faut immoler à son repos, à son honneur, à sa liberté, ses affections, ses penchans et quelquefois jusqu’à sa pensée. C’est ce dernier sacrifice qui coûte le plus à l’homme de génie. Que de persécutions se serait épargnées l’auteur d’Emile , s’il eût

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DU SPECTATEUR FRANÇAIS. i63

voulu retrancher de son immortel ouvrage la confession du vicaire Savoyard !

Ce que Ton nomme l’amour-propre n’est pasi toujours l’amour de soi, puisque souvent on le satisfait aux dépens de sa fortune et de sa félicité.

Il a fallu plus d’une fois, avant de révéler aux hommes de grandes vérités , opter entre languir ignoré, ou s’exposer à la mort, pour se survivre dans la mémoire des antres. Ce dernier parti est aux y eut de la multitude, du délire : majs il y a pourtant quelque courage à lui donner la préférence.

Tous les âges ontleurs plaisirs et leurs peines. S’il est une période de la vie où les désirs soient plus vifs, c’est précisément celle où les contradictions sont plus fréquentes. La jeunesse se rit de la froideur du vieillard. C’est se moquer du guerrier qui a déposé ses armes, parce qu’il n’a plus d’ennemis à combattre.

On n’exige pas d’un sot qu’il ait de l’esprit et du savoir, on voudrait seulement qu’il ne s’autorisât pas de son ignorance pour parler avec une ironie niaise de tous ceux qui lui sont supérieurs en esprit et en talent.

La nature produit à des époques éloignées des hommes d’un génie si extraordinaire, qr’ou

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