‹ Les méditations et souvenirs du spectateur francaisChapitre 43 sur 95 · DU SUICIDE · texte numérisé non relu

DU SUICIDE

C’est parcequ’on place son bonheur et l’idée de soi-méme dans la pensée des autres, qu’avec de la santé, de la- jeunesse et du courage, on n’a pas la force de supporter le poids de la vie.

C’est moins par lâcheté que par l’absence de la raison qu’on se donne la mort ^ c’est faute d’avoir calculé ce qui leur restait, que les suicides ont voulu se perdre pour le présent et pour l’éterniié.

Combien de gens s’écrient qu’ils sont les plus malheureux des hommes, et qui cependant seraient des objets d’envie pour des infortunés qui se plaignent à peine de leur triste sort !

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Si l’on retranchait toutes les peines qui résultent d’une imagination sombre et mélancolique , qu’il en resterait peu de réelles !

L’ambition , le fol amour , la stupide vanité , la soif des richesses, font plus de malheureux que tous les fléaux de la nature. Le sage est heureux de si peu de choses, que la sagesse est encore plus un bonheur qu’une vertu.

Il entre dans la destinée de la vie humaine des contradictions auxquelles il faut savoir se résigner comme à la variété des saisons. Le voyageur qui est surpris par un orage ne s’arrête pas douloureusement au milieu de sa route; il s’avance le plus rapidement qu’il peut vers son gîte. Le véritable abri contre le malheur , c’est la patience et l’espoir d’un avenir plus heureux.

La jeunesse ne croit pas assez à la mort; la vieillesse y croit trop : l’une et l’autre n’en sont souvent pas plus éloignées.

Il y a des hommes si fortement constitués au moral, qu’ils supportent sans remords le poids des plus grands crimes , tandis que d’autres paraissent accablés par le souvenir d’une faute.

SOÜYESIM

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