PREFACE XIII
j'arrive à comprendre comment Renan avait pu, il y a environ cinquante ans, mettre « le catholicisme, qui prétend que la force miraculeuse n'est pas encore éteinte dans son sein » , en demeure de prouver son pouvoir en faisant « un miracle, à Paris, devant des savants compétents » (op. cit., page xuv). Il est bien étrange qu'un ancien élève de Saint-Sulpice ait eu Vidée de proposer d'expérimenter la grâce dans un laboratoire ; mais il suivait la théorie du mélange de la science et de la religion, qui était si répandue dans son milieu; d'ailleurs son erreur ne me paraît pas plus énorme que celle de certains scolasticomanes qui reprochent à nos savants de ne pas couronner leur physique par une démonstration de l'existence de Dieu, imitée de la doctrine du premier moteur, qui couronne la physique péripatéticienne. On sait que Pascal n'aimait point qu'on essayât de rajeunir cette théorie (Pensées, édition Brunschvicg, fragments 243-244).
Les deux absolus présentent entre eux de remarquables analogies qu'il faut bien connaître,