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XII INTRODUCTION

mariage d"un de leurs chefs... Enfoncés et obliges à la retraite, ils entassèrent pêle-mêle, sur leurs chariots, tous les apprêts de leur festin, des mets de toute espèce et de grandes mariniles parées de guirlandes. ]Mais les voitures, avec ce qu'elles contenaient, dit le poète, Cl l'épousée elle-même, blonde comme son mari, tombèrent entre les mains des vainqueurs. »

C'était un renouveau que Thisloire traitée dans cette manière vivante, chaude et colorée. On le sentit vivement aux environs de 1820, au sortir des froides proses de l'Empire, plus vivement que nous ne le sentons aujourd'hui, après que le romantisme a passé sur nous, nous saturant de pittoresque. Aussi Thierry prit-il immédiatement figure de chef d'école et de créateur du genre. Il se crut lui-même en toute sincérité un initiateur, et, il l'était en efTet.

Pourtant il ne faudrait pas perdre de vue que si les Gilles, les Velly, les Anquelil méritaient les traits de satire que le jeune historien leur envoya, il y eut aussi au XYII'' et au XVIIb' siècle de hardis précurseurs que sa critique n'épargna pas assez, ou (lue, du moins, elle enveloppa dans un injuste oubli. Bossuet et Voltaire échappent à presque tous les reproches mérités par leurs contemporains. Personne plus (jue Bossuet, préparant 17//s/o/7*e des Varialions, ne déploya d'activité critique dans la recherche et le contrôle des documents. Nul plus que Voltaire n'élabora patiemment son dossier de fiches et de notes. II ne leur a pas même manqué à tous les deux le don de peindre et de faire vivre leurs personnages. Voltaire disait dans son Essai sur les mœurs : « Je voudrais découvrir quelle était alors — au ]Moyen-Age — la société des hommes, comment on vivait dans l'intérieur des familles, quels arts étaient cultivés, plutôt que de répéter tant de malheurs et tant de combats, lieux communs de la méchanceté humaine. » Ce sont là des préoccupations

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