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INTRODUCTION XV

soleil d'été, je courais, dans une même journée, de Sainte-Geneviève à l'Arsenal, et de l'Arsenal à l'Institut... » Une grande idée directrice inspira et guida Thierry dans la recherche et la mise en œuvre de ses matériaux : l'idée de la conquête et de la permanence des races que nous avons déjà rencontrée dans sa première œuvre. En présence des soubresauts qui secouent les nations au cours de leur histoire, en présence de ces éruptions périodiques que sont les révolutions et les guerres civiles, il se dit qu'il 3' a, dans ce phénomène, autre chose que d'accidentelles explosions, autre chose que de fortuits et passagers désaccords. Sous l'abcès qui crève il y a un sang depuis longtemps vicié : « Tout cela date d'une conquête, songea-t-il un jour. Il y a une conquête là-dessous ! » Tous ces peuples, qu'une législation uniforme a nivelés, qu'un pouvoir politique centralisé a matés pour un temps, sont formés d'éléments disparates qui ne sont fondus qu'en apparence. Sur le sol finançais, il y a des Romains, des Franks et des Celtes pacifiés, croirait-on, et communiant désormais pour toujours au même idéal : qu'on ne s'y trompe jias, d'antiques et lointaines haines grondent sous le calme trompeur, et il faut qu'un jour ou l'autre elles explosent. Les races ennemies qui se sont rencontrées jadis sur le même sol et qui se sont fait une guerre d'extermination ne sont pas définitivement amalgamées ; elles campent encore en face l'une de l'autre, nourrissant à leur insu une haine latente qu'une étincelle suffira pour faire éclater. Dans les grandes crises nationales, que. ce soit la Jacquerie, les Communes, la Ligue ou 89, c'est toujours la voix « des morts qui parlent » que l'on entend. Elle vient du fond des siècles et c'est jusqu'à elle que Thierry veut remonter. Pour avoir la raison de cette clameur étrange qui ne s'apaise pas, il remonte le cours des âges, il rétrograde

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