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XX INTRODUCTION

— selon l'expressiou de Xisard — nouvelle Antigone de cet Œdipe aux yeux clos, l'épousa et lui fut une merveilleuse collaboratrice. Par elle, il reprit goût à la vie et se remit au labeur abandonné. Elu membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en 1830, il écrivait à cette date : « Ma tâche est terminée : me sera-t-il donné d'en accomplir une nouvelle, de faire un troisième pas dans cette série de travaux que j'aimais à rêver si longue ? Je n'ose l'espérer. » Pourtant, encore une fois, ce qu'il n'osait espérer se réalisa et la troisième étape de sa carrière fut la plus triomphale de toutes. En 1833, il commença d'écrire et de publier dans la Revue des Deux Mondes, ces fameux Récils des temps mérovingiens qui devaient achever de rendre son nom populaire. Avant même que son œuvre fut terminée, en 1840, l'Académie française lui décerna le Grand Prix Gobert, et pendant quinze années — fait unique dans l'histoire de l'Académie — lui renouvela cet hommage flatteur. C'est pour pouvoir bénéficier de ce prix que l'historien qui était pauvre ne sollicita jamais les sulTrages de la Compagnie. « Mais l'Académie l'élisait pour ainsi dire tous les ans comme un des écrivains les plus méritants, puisqu'elle ne pouvait se l'approprier autrement. » C'est dans les Récits mérovingiens, plus encore que dans le reste de son œuvre, que Thierry trahit l'influence de Chateaubriand. On se souvient de son émotion ravie, lorsque, tout enfant, il fit la découverte du pittoresque et de la couleur dans les Martyrs. « Rien ne m'avait donné 1 idée de ces terribles Franks de M. de Chateaubriand, parés de la dépouille des veaux marins, des urochs et des sangliers, de ce camp retranché avec des bateaux de cuir et des chariots attelés de grands bœufs, de cette armée rangée en triangle où l'on ne distinguait qu'une forêt de framées, des peaux de bêtes et des corps demi-nus. » Otte

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