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INTRODUCTION III

Aussi bien tout le système d'éducation instauré par l'Empire semble lui avoir laissé un souvenir amer. L'activité des citoyens tout orientée du côté de la },uierre, la géométrie et l'algèbre nivelant les es))rlts, empiétant d'une manière abusive dans les programmes d'études et pénétrant de leur sécheresse même la littérature et l'histoire, le caporalisme tudesque de la discipline inculquée tambours battants, laisseront en lui une rancœur et un dégoût qui exciteront un jour sa verve railleuse. Il ne pourra parler sans un grondement de colère rétrospective de « ce temps où la servitude élégante professait seule dans les écoles ; où l'on faisait prédire à Virgile la naissance du fils d'un despote ; où l'on profanait devant la jeunesse les grands noms de patrie et d'honiieur; où les phrases d'une rhétorique vide et les chi.'lVes glacés de l'algèbre étaient l'unique pâture ollcrte à l'àme d'un jeune citoyen français ; où dans des séances d'apparat, les bancs de la jeunesse se couvraient de personnages à cordon, invités par un professeur courlisan, afin de rendre compte à C.ésar de l'esprit des fils des partisans de Marius. »

Thierry rencontra du moins, au collège de Blois, un professeur de haute culture, M. Mieg, d'origine suisse, qui fut pour lui un ami et un guide. Il l'initia à la connaissance de lallcmand et lui révéla la poésie des civilisations septentrionales.

Reçu premier en 1811 à l'Ecole normale supérieure, il s'adonna avec une sorte de frénésie, en compagnie de Cousin et de Patin, aux études les plus diverses. Il n'avait pas encore découvert la voie précise dans laciuellc il trouverait le repos de l'esprit et la gloire littéraire. Petit professeur de cinquième à Compiègne pendant quelques mois, il put contempler les horreurs de l'invasion et prendre là l'idée des haines inelTaçables que des antagonismes de races, exaspérés dans la lutte,

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