‹ Les mélanges poétiques d'Hildebert de LavardinChapitre 23 sur 118 · XX. De partu B. Virginis · texte numérisé non relu

XX. De partu B. Virginis

Cette pièce se compose de vingt-deux vers, dont l'objet est de prouver qu'on a l'image la plus exacte de l'enfantement de Jésus par la Vierge, dans un morceau de verre mouillé que vient éclairer un rayon du soleil.

On aimait, au xu e siècle, ces assimilations inattendues, et plus le rapprochement était bizarre plus il avait de succès. La pièce est-elle d'Hildebert ? Nicolas Chamart en a publié les six premiers vers sous le nom de Philippe, abbé de Bonne-Espérance. Aucun

des manuscrits venus sous nos yeux ne confirme cette attribution. Où nous la trouvons anonyme, comme dans les n°* 3696 B (fol. 20), 5129 (fol. 106), 13343 (fol. 40), 16699 (fol. 77) de la Bibliothèque nationale, 145 de Valenciennes et 825 de Douai, elle suit ou précède d'autres vers d'Hildebert, et le nom d'Hildebert se lit dans les n°»2445 A (fol. 228), 3088 (fol. 78), 14867 (fol. 75) de la Bibliothèque nationale et 882 de Douai. Rien n'empêche de croire qu'elle soit de lui. Remarquons d'ailleurs que, parmi les manuscrits où son nom se trouve, il en est un, le n° 2445 A, qui mérite beaucoup de confiance, puisqu'il est du xn e siècle. Quand il n'imite pas les anciens, ou quand il n'écrit pas sous l'inspiration plus ou moins vive d'un sentiment personnel; en d'autres termes, quand il fait des vers à froid, simplement pour montrer qu'il a de l'esprit, Hildebert est toujours précieux, affecté. Ces concetti mystiques, qui choquent notre goût, flattaient le sien.

Dans l'édition de Jacques Hommey, Supplem. Patrum, p. 460, ce poème est intitulé De crystallo, et c'est ainsi que Leyser le mentionne. Dans quelques manuscrits on le rencontre sous cet autre titre, qu 1 n'est pas assurément beaucoup plus clair : De xquipollentia virginitatis B. Mariœ. En avertissant que des titres si différents ont été donnés à la même pièce, nous prévenons de trop faciles erreurs.

Deux copies citées par Beaugendre, l'une de Saint- Gatien, l'autre d'Évreux, n'avaient que seize vers. Beaugendre en a publié quatre de plus, les derniers, d'après le n° 3019 de Golbert, qui est aujourd'hui le n° 3088 de la Bibliothèque nationale. S'il avait observé

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ce meilleur texte avec plus d'attention, il y aurait encore vu deux autres vers qu'il a négligés, et qu'il faut placer après le quatrième de son édition. Les six premiers vers, rectifiés sur les bons manuscrits, doivent se lire ainsi :

Sol, aqua, crystallus dant qualemcumque figuram

Yirginei partus erudiuntque (1) fidem.

Si tingatur aquis et soli subjiciatur,

Scintillas profert integer ille lapis.

Flamine sic mundata sacro subjectaque soli *

Justitiae, peperit intégra Yirgo Deum;

et ainsi les dix derniers, où Ton verra que nous faisons des corrections non moins nécessaires :

Yirgo lapis, quia Yirgo parit; puer unicus ignis,

Nam virtute micat, lumine corda replet.

Sic umbra Flamen, ingressu caelibe Verbum,

Virgo fide, Soboles carne Deoque simul, Conficiunt cataplasma novura, quo vita sepultis,

Virtuti merces, moribus ordo redit.

Hoc aperit tumulos, hoc agmina sacra refundit,

Hoc supplet casum terra, gehenna, polus.

Ad cœlum sic subsilient cinis, ossa, medullœ ;

Hoc animamcarni reddet, utrique Deum.

On lit dans le Catalogua des manuscrits de Douai sous le n° 882, que ce poème a cinquante-trois véVs. Cela nous étonne, nos copies n'en ayant que vingt ou vingt-deux. D'autres vers sur la Vierge ont peut-être été joints à ceux-ci dans le volume où l'on signale un complément si considérable.

(1) Ailleurs : xdificantque.

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