‹ Les mélanges poétiques d'Hildebert de LavardinChapitre 30 sur 118 · XXVII. Ad nepotem · texte numérisé non relu

XXVII. Ad nepotem

Cette pièce est très connue; non pas, il est vrai, sous ce titre. Le titre Ad nepotem n'est pourtant pas de Beaugendre ; on le trouve dans le n° 14194 (fol. 161) de la Bibliothèque nationale. ^Pour ce qui regarde la pièce, Pierre Pithou Ta publiée le premier (1). Elle ne lui semblait pas, disait-il, appartenir à la bonne antiquité; il la jugeait, toutefois, assez bien faite pour mériter d'être mise en lumière. C'est peut-être pour cela que Burmann l'a reproduite dans le tome I de Y Anthologie, p. 574. Elle n'est pas néanmoins dans la dernière édition de ce précieux recueil. M. Riese a cru devoir l'en exclure, n'hésitant pas, dit-il, à croire qu'elle est moderne : Quod médium aevum aperte prx se fert (2).- Cependant elle est restée pour M. Riese, comme pour le premier éditeur et le dernier, M. Wattenbach (3), d'un auteur ignoré. Sur quelle autorité Beaugendre l'a-t-il imprimée parmi les Mélanges d'Hildebert ? Il ne le dit pas. M. Cousin, la supposant inédite (on voit quelle était son erreur), l'a donnée

(1) P. Pithœi Opéra sacra, juridica, etc., p. 789.

(2) Anthol. lot., edit. A Riese; part. I, fasc h, prof., p. 39.

(3) Neues archiv., t. II, p. 403.

sous le nom de Bernard de Chartres (1), d'après le n° 6415 de la Bibliothèque nationale, où elle ne porte aucun nom. Ainsi M. Cousin n'avait aucune raison de la revendiquer pour Bernard de Chartres. Baluze Ta certainement crue d'Hildebert, puisqu'il Ta copiée pour l'édition qu'il préparait (2). Elle est anonyme, comme nous l'avons dit, dans le n° 6415 (fol. 91) de la Bibliothèque nationale; elle Test pareillement dans les n" 5511 A (fol. 90), 7596 A (fol. 171)delamême bibliothèque, dans le n° 704 de Berne et dans un manuscrit de Vienne cité par M. Endlicher sous le n° 2521 (3). Mqiis dans notre n° 14194, qui est d'une bonne date, elle suit et précède d'autres pièces d'Hildebert. Il en est donc l'auteur, sinon certain, du moins probable.

Beaugendre, les rédacteurs de YHistoire littéraire et M. l'abbé Bourassé ont ainsi reproduit les deux premiers vers :

Forma vivendi prœsto est tibi. Pauca loquaris, Plurima fac, sit utrisque cornes modus, utile, rectum.

Comment la faute du premier vers n'a-t-elle pas été remarquée ? Voici le texte du n° 14194, avec de légères corrections faites sur d'autres manuscrits :

Formula vivendi prœsto est tibi. Pauca loquaris, Plurima fac; sit utrisque cornes modus, utile, rectum. Sobrius a mensis, a lecto surge pudicus ; Obsequiis instes; ea pro te prœmia poscent.

(1) P. Abœlardi Opéra inedita, p. 638.

(2) Pap. de Baluze. n # 120, fol. 321.

(3) St. Endlicher. Catal. cod. pkilolog. bibliolh. Vindob., p. 170.

d'hildebert de lavardin 55

Ut decet et prodest et amabis et oderis idem. Stans casum tiraeas, speres prostratus, et illum Quem colis in titulis miserum abjectumque tuere.

La pièce a quatorze vers dans le manuscrit de Berne, selon M. Hagen (1); mais ce renseignement est-il exact ?

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