‹ Les mélanges poétiques d'Hildebert de LavardinChapitre 68 sur 118 · LXXXVII. De ortu et morte pueri monstruosi · texte numérisé non relu

LXXXVII. De ortu et morte pueri monstruosi

Il y a, dans les Mélanges poétiques d'Hildebert, deux épigrammes sur ce- conte plus bizarre qu'ingénieux, celle-ci et une autre plus brève, bien plus connue, dont nous parlerons tout à l'heure. Sont-elles toutes deux d'Hildebert ? Cela n'est guère vraislemblable. Mais oe dont on ne peut douter, c'est que l'auteur de la plus longue a connu la plus courte, ou l'auteur de la plus courte la pluslongue.il existe, en effet, entre l'une et l'autre, d'évidentes analogies. L'invention, d'abord, est la même; ce sont aussi les mêmes traits, les mêmes jeux d'esprit»

Nous avons cru d'abord pouvoir attribuer la plus longue à Matthieu de Vendôme. Sur quel témoignage ? Sur le .sien. Faisant le dénombrement des divers poèmes par lui déjà publiés et qui, dit-il, n'ont pas encore épuisé sa verve, Matthieu de Vendôme s'exprime ainsi :

Venas quippe roeas non hausit Milo» nço Afra, Nec cum lenticula soucrio bella moyens...

Non Jovis incesti mugitus, nec sata Cadrai Ferrea, nec hic et hsec hermaphroditus homo (1), • Ainsi, l'on n'en peut douter, Matthieu de Vendôme

a composé des vers sur Tlndécente fiction de l'hermaphrodite . Mais ce ne sont pas ceux que Beaugendre a donnés ici sous le nom d'Hildebert. Cette paraphrase

(i) Wattenbach, Pûêtiseker Brlefstellèf ton M . ttàn Vendôme, dans Sitzung der philos-philol. ciass.; t ûov. 1872, p. 571 .

d'hILDEBERT DE LAVARDIN 139

est de Pierre Riga. Elle se lit, en effet, au fol. 16 du Floridus aspectus, dans le n° 1136 de l'Arsenal, Et d'où Beaugendre dit-il l'avoir tirée ? De ce manuscrit de Tours dont nous avons plus d'une fois signalé la ressemblance avec celui de l'Arsenal. Hélas ! Combien d'erreurs Beaugendre a commises pour avoir cru que le Floriâfus aspectus était d'Hildebert! Nous corrigeons ainsi les derniers vers de la pièce :

Ramo praeda fuit pes, pectus perfodit ensis,

Unda caput mergit; ter périt unus homo.

Causa necis tria sunt, et ramus et ensis et unda ;

Quem tenet ille Ugat, hic necat, illa promit. Pes pendens, latus effosum, mersum caput, haeret

Ramo, mucrone pungitur, arane natat.

Corrigiam, pectus, caput, hamo, cuspide, fluctu,

Ramus, mucro, latus, alligat, iutrat, agit,

LXXXVIII. De morte hominis, ferse et anguis.

Un paysan fait, dans un bois, la rencontre d'un sanglier, lui lance une flèche et le tue. Le sanglier tué tombe sur une vipère et l'écrase. La vipère écrasée lance un venin qui touche le paysan et soudain l'empoisonne. Ainsi :

Baucia, «ontrita, sparsus, telo, pede, viru, Bestia, vipera, vir, sternitur, aret, obit.

La facture de ces vers est celle des vers qui précèdent. Ils sont, en effet, du même poète, se lisant au fol. 16 du Floridus aspectus, dans le manuscrit de l'Arsenal. Il y a quelques fautes k corriger sur ce ma-

nuscrit dans le texte de Beaugendre. Une flèche ne dévore pas les os, elle les perce; il faut donc remplacer ossa vorando par ossa forando. La vipère fait plus que nuire au chasseur, puisqu'elle le tue ; à tabe noeet substituons tabe necat.

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