‹ Les mélanges poétiques d'Hildebert de LavardinChapitre 7 sur 118 · II. Epitaphium Roberti de Arbrissel · texte numérisé non relu

II. Epitaphium Roberti de Arbrissel

Au Floridus aspectus succèdent un grand nombre de pièces que Beaugendre n'a trouvées réunies dans aucun manuscrit. Tel manuscrit nous offre quelques-uns de ces petits poèmes; les autres se lisent ailleurs. L'ordonnance est de Beaugendre.

Le premier n'est pas exactement intitulé. Ce n'est pas une épitaphe ; ce sont quelques vers sur la mort de Robert d' Arbrissel. Ils appartiennent, comme il semble, à son rouleau funéraire. On sait qu'au moyen 'âge les communautés religieuses se notifiaient réciproquement la mort de leurs abbés, de leurs plus notables patrons. Les communautés averties priaient et notifiaient à leur tour qu'elles s'étaient acquittées de ce devoir (1) ; ce qu'elles ne faisaient pas sans louer le défunt. Le style des éloges funèbres est naturellement emphatique. C'est pourquoi, dès le x e siècle, on prit l'habitude de les écrire en vers. Or, comme il était facile de prendre de tels vers pour des épitaphes, on a fait souvent cette erreur. Ainsi diverses pièces détachées d'un seul rouleau funéraire sont devenues les épitaphes multiples du même personnage.

La pièce dont il s'agit ici n'est donc pas l'épitaphe de Robert d' Arbrissel. Quoi qu'il en soit, il est bien prouvé, dit Beaugendre, par cçs vers si flatteurs, qu'Hildebert n'est pas l'auteur d'une lettre plusieurs fois jointe à celle de Geoffroy de Vendôme dans le dossier formé par la malveillance contre le saint fon-

(1) L. Delisle, Rouleaux des morts. Avertissement.

dateur de Fontevrault. Cette lettre semble, en effet, n'être pas d'Hildebert ; on est convenu de l'attribuer à Marbode, évêque de Rennes; mais, quant aux vers, ils ne prouvent rien. lis sont d'abord à peu près inintelligibles. Nous croyons y voir que Robert n'avait pas l'habitude de prolonger en buvant son dîner jusqu'à son souper, et nous l'en félicitons très volontiers; mais nous n'y trouvons guère rien de plus, si ce n'est peutêtre, dans le vers suivant, une allusion aux faits racontés tant par Geoffroy que par Marbode :

Legibus est attrita caro dominse rationis.

Mais n'insistons pas. Ces détestables vers ne sont pas de l'évêque du Mans. Le seul manuscrit où Beaugendre les a rencontrés est le volume aujourd'hui conservé sous le n° 5129 de la Bibliothèque nationale, et, s'il renferme divers poèmes d'Hildebert, qui portent ou ne portent pas son nom, Beaugendre n'avait aucun droit de mettre à son compte toutes les pièces anonymes qui les précèdent ou les suivent. C'est pourtant ce qu'il a fait. Nous dirons à qui plusieurs de ces pièces peuvent être sûrement restituées. En ce qui touche les vers sur Robert d'Arbrissel, nous n'en connaissons pas l'auteur.

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