‹ Les mélanges poétiques d'Hildebert de LavardinChapitre 82 sur 118 · XV. — De magistro Adamo · texte numérisé non relu

XV. — De magistro Adamo

Cette facétie peu connue a pourtant été depuis longtemps imprimée. Nous la trouvons dans la préface de René Moreau sur le poème intitulé Schola Saleraitana (3). M. Paul Mayer l'a récemment de nouveau publiée d'après un manuscrit du Musée britannique (4), et, plus récemment encore, M. Ewald en a

(1) Zeitschrift fUr deulsches Alterlhum, herausgegeben von Moriz Haupt. Neue Folge, dritter Band ; 1872, p. 479.

(2) Poésies antérieures au xn« siècle, p. 88.

(3) Scola Salernitana, pag. 38 de la préface ; édit. de l'année 1625.

(4) Arch. des miss, scient.; 1866, p. 483.

d'hildebert de lavardin 173

reproduit les quatre premiers vers d'après un manuscrit de la Bibliothèque nationale de Madrid (1). Voici la pièce, revisée sur les différents textes :

Arbore sub quadam dictavit clericus Adam Quomodo primus Adam peccavit in arbore quadam. Sed postremus Adam, natus de virgioe quadam, Damna prioris Adam reparavit in arbore quadam. Si non primus Adam peccasset in arbore quadam, Non postremus Adam moreretur in arbore quadam.

Le titre, dans le manuscrit du Musée britannique, est : Hildebertus episcopus magistro Adam, ut ei scriberet aliquid circa xdificationem. Gomme on le voit, ce titre ne se rapporte guère au contenu de la pièce, qui n'a vraiment rien d'édifiant. A notre avis, c'est tout simplement une moquerie sur la cheville Arbore sub quadam, dont usait alors, sans aucune gêne, quiconque avait à placer le mot Adam dans un hexamètre léonin. Tel est le vers 115 du poème adressé par Baudry de Bourgueil à la comtesse Adèle :

Arbore sub quadam stetit antiquissimus Adam;

Et tels sont les vers 21 et 22 d'un autre poème, publié par Beaugendre dans le recueil d'Hildebert :

Arbore sub quadam protoplastus corruit Adam, Pomi lege data, petulanter ea violata (2).

(I) Neues archiv, t. VI, p. 318.

(i) Opéra Hildeb., col. 1179.

Nous pourrions multiplier les exemples du môme abus. Ou lit ailleurs s

Arbore sub quadam protoplastus corruit Adam, Quinque per œtates condemnans posteritates (1) ;

Ailleurs encore, dans les poésies de Marbode :

Ut nos eriperet quos vis inimica teneret,

Arbore pro quadam quam perfidus attiglt Adam.,.. (2)

Enfin les deux premiers des vers tirés par M. Meyer du manuscrit de Londres se rencontrent, au début d'une pièce contre les femmes, dans le n° 6911 de Munich et dans un des volumes de la collection Barrois qui sont aujourd'hui chez lord Ashburnham (3) :

Arbore sub quadam dictavit clericus Adam Quomodo primus Adam peccavit (4) in arbore quadam. Femina vicit Adam, victus fuit arbore quadam. Femina serpent! mox credidit alta loquenti.

Femina deceptos sapientes reddit ineptog, , f ♦

Cette pièce contre les femmes, peut-être antérieure à celle qu'on a mise au compte d'Hildebert, serait, suivant le catalogue des manuscrits de Munich, du « Clerc Adam», nommé dans le premier vers. Cette assertion n'est pas invraisemblable. Quoi qu'il en soit, Hildebert ne paraît être l'auteur ni de l'original ni du pastiche.

(1) Nettes archiv, t. II, p. 402.

(2) Hildeb. et Marbodi Opéra / edit. Beau g., col. 1578.

(3) Calai, of the man. ai Ashburnham place ; part. II, n° 260. -• Delisle, Observ. sur plus. man. de la collection Barrois % p. 4. — Voir aussi Anzeiger, 1873, col* 257.

(4) Il y a procreavit dans le Gâtai, de lord AshbumbW» Mais c'est évidemment une mauvaise lecture*

Page 1