II. ~ De quodam $ewo
Tel est, au fol. 321 de Baluze, le titre de Tépigramme
suivante ;
Servus ait domino : « Gratis fàmulabor in'aaqura,
« Si facis ut famula qualibet arte fruar. »
Poscit herus coitum, ponit sibi servula noctem.
Iile thoro famulum collocat, hœc dominam.
Res çasu patuit. Vir nuptam provocat in jus ;
Facta refert; risum facta relata raovent.
Uxor et anciilà laudantur, virque monetur
Ne messem farauli sic emat ulterius.
Ces vers ont été, disons-nous, copiés par Baluze sous le nom d'Hildebert* Ils sont encore, moins les deux derniers^ dans le n° 14194 (fol. 162) de la'Bibliothèque nationale parmi d'autres "vers dont Hildebert est Fauteur incontesté, et M. Endlicher les a publiés (2),
(1) Chapitre premier, art. 33.
(2) Calai, cod. plùlolog. Vindob. t p. 169i
d'hildebert de làvàrdin 17Ô
sans les attribuer àjpersonne, d'après un 'manuscrit de Vienne où sont confondues, f en très grand nombre, des pièces d'Hildebert, de Marbode, de Fortunat, d'Àusone,, de Martial et d'autres poètes, chrétiens^ ou païens. On remonterait peut-êtrejbien haut, si Ton s'avisait de rechercher l'inventeur de l'historiette <juî a servi de matière à Fépigramme ; mais, pour trouver l'auteur de cette pièce d'un style si facile et d'une
si louable concision, il faut certainement descendre jusqu'au moyen âge. Un contemporain de Paul le Câmaldule a pu seul faire longue, devant laudantur, la syllabe la du mot ancilla (1). Si donc ces vers sont du moyen âge, ils sont d'un clerc, puisqu'au moyen âge les clercs seuls faisaient des vers latins. Il n'y a pas de raison, en ce cas, pour en déposséder, ou,' si l'on veut pour en disculper Hildebert, à qui, du moins, un copiste les attribue. Ils sont libres sans doute, mais ils sonl bien tournés. Ce qu'on a dit de l'épigramme sur l'hermaphrodite peut se dire de celle-ci ; on n'en saurait retrancher un seul mot*