VI. De Milone merccttore
C'est répigramme commençant par
Milo domi non est. Peregre Milone profecto, Arva vacant ; uxor non minus inde parit. . ,
et traduite ainsi par La Monnoye :
Tandis que Paul est à la guerre, • - Loin de sa femme et de sa terre, Sa terre ne rapporte rien ; .
Mais sa femme est toujours fertile.
Il faut, si la terre est stérile, Qu'on ne la cultive pas bien (I).
Cette épigramme est bien connue. Baiuze, l'ayant d'abord copiée (fol. 325) comme étant d'Hildebert, l'a plus tard barrée comme étant de Martial. On la trouve» en effet, dans quelques éditions de ce poète. Non pas, il est vrai, dans les plus anciennes. C'est Adrien Jonghe, qui, le premier, l'a revendiquée pour Martial, en ayant reçu la copie d'un Anglais, nommé Birgam, homine, dit-il, candidissimo (2). Personne n'a mis en doute la candeur de l'ami de Jonghe ni la sienne ; néanmoins répigramme dont il est ici question a été réléguée , dans les nouvelles éditions de Martial ,
(1) Poètes du second ordre, t. IV, p. 80.
(2) Hadriani Junii Animadversa, lib. V, cap. xvn.
parmi les Carmina supposititia ou Martiali affiota (1), et notre avis est qu'il convient de la laisser à cette place. En effet, elle nous semble moderne, puisque les anciens faisaient habituellement bref Vi de Milo, Ainsi Lucain :
Pompeiana reura clauserunt sigua Milonem \
de même Ovide, au livre XV, v. 229 de ses Métamorphoses :
Fletque Milon senior ; et aux vers 327, 661 , de son Ibis :
Utque Milon, sub quo cruciata est Pisa tyranno. . . • Utque Milon robur diducere fissile tentes.
Cependant, si nous ne croyons pas à l'antiquité de cette épigramme, nous n'avons pas la preuve qu'elle soit d'Hildebert. Elle est jointe, dans le n° 14194 (fol. 160) de la Bibliothèque nationale, à des vers dont il est l'auteur certain ; mais nous avons appris à nous méfier de ces rapprochements.
VU. Ad Milonem. Cette épigramme, non moins connue, commence par :
Thura, piper, vestes, argentum, pallia, gemmas Vendere, Milo, soles, cura quibus eraptor abit. . •
Baluze, l'ayant copiée sous le nom d'Hildebert (foi. 326), ne l'a pas ensuite supprimée. Elle est pour-* tant, comme la précédente, dans plusieurs éditions de
(1) Édition Lunaire, t. III, p. 293.
d'hildebert de làvarmn 187
Martial (i); mais il paraît que Baluze ne l'y a pas vue. L'attribution est encore imputable à l'ami d'Adrien Jonghe (2). Des critiques moins candides ne l'ayant pas acceptée , cette . nouvelle épigramme sur le pauvre Milon, le plus trompé des maris, se lit aussi, dans les nouvelles éditions de Martial, parmi les Carmina supposititia (3). M. Pressel, la croyant inédite, Ta publiée, sans nom d'auteur (4), d'après le n° 3761 (fol. 67) de la Bibliothèque nationale (où elle est, en effet, anonyme), pour la recommander à Pattention des futurs éditeurs de Y Anthologie. Cependant M. Biese n'a pas voulu l'admettre. J'affirme, dit-il, avec une complète certitude, qu'elle est du moyen âge ; certissimum habeo (5). Nous ne pouvons douter, pour notre part, qu'elle ne soit du même auteur que la précédente. C'est pourquoi nous estimons que le copiste du n° 14194 les a réunies à bon droit.