IX
Xe
et XIe
XIIe
et XIII*
XIVe
et XVe
KA
dl
Comme nous l'avons déjà remarque, la tête ou point carré qui vient, à partir de l'époque guidonienne, surmonter la virgay et en est dès lors une partie intégrante et obligée, a été commandée par le besoin de déterminer avec netteté à quelle ligne ou à quel interligne correspondait cette note; car couvrant plusieurs degrés de l'échelle, elle serait demeurée dans le vague si, en la traçant, la plume n'avait appuyé sur le degré voulu.
Les autres signes subissent une transformation analogue : les traits déliés des neumes primitifs se renflent en certains endroits, pour marquer la place de chacun des sons sur la portée. 11 arrive alors que ce qui dans les figures était d'abord accidentel, devient la partie importante de chaque formule; et les traits. qui seule constituaient originairement le neume, ne sont plus
Di
(|ue de simples ligatures.
Sommet de la virea.
Xlzz mélooieg grégoriennes.
Double forme du podatus.
Double
forme du porredtus.
A l'époque guidonienne, le podatus a deux formes. Souvent ces deux formes paraissent Tune et l'autre dans le même manuscrit : dans ce cas le premier, qui est moins arrondi, indique des sons plus marqués; l'autre, des sons qui coulent plus légèrement. C'est un souvenir des signes Romaniens, dont nous aurons à nous occuper au chapitre suivant.
Des deux formes àuporreffus, la première est la plus usitée : pour tracer cette formule, comme pour les rhombes du climacus, le bec de la plume prend un instant la position oblique, qui est celle de l'écriture gothique; si la plume reste droite, les traits se renflent au bas et au sommet de la formule : c'est le second po?'7-effus, qui ne diffère en rien du premier pour la valeur.
Examinons maintenant les neumes gothiques.
Notation Gothique.
Neumes ordinaires.
PUNCTUM
VIRGA
PODATUS.
CLIVIS.
TORCULUS.
PORRECTUS.
VHP et IX*
et XIe
fi *
Jl
fi>
XIP>
et XllP
Ji
XlVe
et XV*
n o s n a * jn
Pi
ÎH
Blases; Dfterge* Des neumes.
Notation Gothique.
Nous avons ici, comme dans la notation latine, un double podatus : l'un plus appuyé, l'autre plus coulant. Dans l'écriture gothique, la seconde forme du podatus sert quelquefois à traduire Xcpiphonus. On trouve aussi, dans les manuscrits allemands, une sorte de podatus, dont la courbe initiale est redoublée vfr . C'est le pes quassus. L'usage qui en est fait, et la valeur (mon doit lui attribuer, varient selon les manuscrits : dans quelques-uns, le pes quassus équivaut, pour l'exécution, au salicus\ dans d'autres, au quilisma\ mais plus ordinairement, au simple podatus de la première espèce. Dans certaines compositions musicales du moyen âge, d'une facture particulière et d'une exécution plus nuancée et plus expressive que ne le comporte le chant grégorien, lepes quassus apparaît plus fréquent et
Pes quas
lies mélotues grégoriennes.
Disjonction
des éléments de la formule.
demande un appui de la voix plus fort et plus vibré, en rapport avec le genre de ces mélodies.
On voit à la dernière ligne des deux tableaux qui précèdent, comment les traits constitutifs des formules se sont disjoints, de manière à rendre la lecture du chant très-difficile. Cette altération est analogue à la manière dont certains livres sont datés. En lettres gothiques, l'année 1500, par exemple, s'écrivait ainsi : Ç£l X) î niais il n'est pas rare de voir les éléments des lettres £H et X) séparés de cette façon : C 1 3 13- Pour lire une date ainsi écrite, il faut rejoindre par la pensée ce qui a été disjoint : il en est de même des notes gothiques de la dernière période.
Un certain nombre de manuscrits, particulièrement en Italie, présentent des figures de notes un peu différentes de celles que nous avons décrites, mais où l'on reconnaît cependant toujours les formules en usage partout. Ainsi dans ces manuscrits, comme on voit ci-après, la clivis est formée par la jonction de deux traits; le premier horizontal, le second vertical; elle ressemble à la deuxième clivis gothique. Souvent aussi les traits servent simplement à relier les notes de chaque groupe, comme on le voit, par exemple, dans le scandicus.
Notation italienne.
VIRGA
PODATUS.
CLIVIS.
TORCULUS.
SCANDICUS.
Le même signe peut avoir plusieurs sens.
Pour ne pas s'exposer à faire fausse route dans la lecture des manuscrits, il est d'une extrême importance de bien voir d'abord à quel système d'écriture ils appartiennent. Il faut aussi se rendre exactement compte des particularités que chacun d'eux peut offrir. Nous l'avons déjà dit : il y a plusieurs manières équivalentes pour le fond, mais différentes dans la forme, d'exprimer aux yeux un même effet mélodique. D'un autre côté, un signe absolument semblable extérieurement, peut avoir tel sens dans un manuscrit, et un sens totalement différent dans un autre. C'est ainsi, pour ne pas sortir du terrain où nous sommes, que le caractère d'écriture H qui, dans le latin, figure une consonne aspirée, est en grec une voyelle longue appelée êta. C'est le même signe, mais ce n'est pas la
Phases aroerses &es neumes.
même lettre. Il en est parfois ainsi clans les neumes : on ne doit pas s'en tenir uniquement à l'aspect qu'ils peuvent présenter.
Nous allons voir maintenant dans les signes d'ornement, appartenant soit à l'écriture latine soit à la notation gothique, des modifications graphiques analogues à celles que nous avons précédemment constatées dans les neumes ordinaires.
Notation Latine.
Signes d'ornement.
STROPHICUS.
EPIPHO-
NUS
CEPHALI-
cus.