V NO
Subdivision des groupes descendants.
On trouve assez souvent ce groupe de cinq notes, N° i. D’après la règle, on doit l’émettre d’une seule haleine et d’un seul trait, en un mot d’une façon continue. Toutefois ce ne sera pas en interrompre la continuité que de renouveler légèrement, au troisième son par exemple, le mouvement d’impulsion donné à la voix. Ce mode d’exécution nous est insinué par la manière dont certains manuscrits, même très-anciens, traduisent la formule dont nous parlons; on la trouve en effet subdivisée soit comme au N° 2 soit comme au N° 3. Cette variété de notation n’indiquerait une différence sensible d’exécution que dans le cas où les cinq notes de la formule seraient partagées en deux groupes séparés, N°4. Mais si les groupes sont unis, ils ne constituent en réalité qu’une seule formule et devront se proférer d’un seul trait, comme il a été dit.
20 Cette subdivision de formule, qui se fait sans pause de respiration ni de prolongation, a surtout lieu quand le groupe est ascendant. Ainsi les notes qui dans les anciens neumes formaient une série ascendante continue, se trouvent toujours dans la notation postérieure, distribuées en petits groupes de cette façon :
ou
Subdivision des groupes ascendants.
Hts mélodies grégoriennes.
C’est surtout, en effet, quand la voix doit monter, qu’il lui est difficile de lier ensemble plus de deux ou trois sons. Il sera donc permis, pour faciliter l’ascension, de donner une légère impulsion de voix à chacune des subdivisions de la formule. Cette manière, du reste, ne manque pas cl’une certaine grâce; tandis qu’une ascension trop impétueuse, ou même simplement trop rapide, a quelque chose de provoquant et d’audacieux qui blesse. Jean XXII. dit donc avec raison que les progressions ascendantes doivent être pudiques : ascensiones pudicœ. (Bulla Dodla sanMorum, ) En mettant en pratique ces légères subdivisions, il faut éviter de marquer la fin des groupes secondaires par un retard de la voix qui ferait de ces groupes autant de formules distinéles. Ainsi deux podatus dans une progression ascendante de quatre notes écrite au moyen de ceux-ci, seront produits par deux impulsions de voix, mais d’un seul trait et sans discontinuité; il ne serait permis de les séparer par une suspension ou un retard de la voix, que dans le cas où, quoique se rapportant à la même syllabe, ils se trouveraient ainsi espacés :
ta ■
au lieu de
Notes juxtaposées.
Nous verrons en effet plus loin que, dans ce cas, on doit faire sentir la division des formules, sinon toujours par une pause de respiration, du moins par une pause de prolongation à la fin de chacune d’elles.
3° Lorsque plusieurs notes se rencontrent juxtaposées l’une à l’autre sur le même degré, elles se fondent en un seul son d’une durée proportionnelle au nombre des notes à exprimer. C’est le cas du pressus , du strophicus et de Xoriscus. Donnons d’abord des exemples de ces trois sortes de formules, que nous avons déjà décrites plus haut :
PRESSUS
STROPHICUS.
ORISCUS.