‹ Les mélodies grégoriennesChapitre 22 sur 55 · L.Lc · texte numérisé non relu

L.Lc

3° Les pronoms relatifs , quand ils n’expriment qu’une simple relation , n’ont pas d’accent : Deus qui fecit de tenebris lumen splendescere. Pater noster qui es in cœlis. Agnus Dei qui tollis peccata mundi.

Mais quand ils n’ont point d’antécédent exprimé, ils ont l’accent : Qui vult venire post me. Qui facit hæc. Qui tollis peccata mundi. Qui sedes ad dexteram Patris.

De même les pronoms interrogatifs ont l’accent: Qui sunt isti? Quis revolvet nobis lapidem ? Quis est qui vobis noceat?

Nous voyons en quel sens et avec quelle restriélion il faut entendre Cicéron et Quintilien, lorsqu’ils nous disent que tout mot latin a un accent : natura in omni verbo posuit acutam vocem. Est in omni voce acuta.

Chaque mot n'a qu'un accent.

Ils ajoutent, et ceci ne souffre aucune exception, que dans un mot il ne peut y avoir plus d’une syllabe accentuée : nec plus una (Cicéron). Sed nunquam plus una (Quintilien). C’est une faute par conséquent d’accentuer à la fois les syllabes ta et o dans tentâtiônem , les syllabes na et o dans Dominationes , comme on l’entend faire si souvent.

Les mots composés n’ont comme les mots simples, qu’une seule syllabe accentuée. Ainsi jurejurando n’a pas d’accent sur la première syllabe, mais seulement sur la pénultième: jurcjurândo et non jurejurando. De même, on doit dire, avec un seul accent : benedicere , et non bénedlcere.

Le choix de la syllabe unique qui dans chaque mot doit porter l’accent, n’est pas arbitraire, mais déterminé par les règles suivantes:

De la prononciation latine.

i° Dans les mots de deux syllabes, c’est toujours la première qui porte l’accent : pâter , mater, fécit, Déus, f ides , finis, ôra , ôpus, tiens, méus etc.

2° Dans les mots de plus de deux syllabes, la place de l’accent dépend de la quantité métrique de la pénultième :

Si cette pénultième est longue, elle porte l’accent : beâtus, tenébit, divlna , institutiône , venturi, br avium , corôna, natura.

Si elle est brève, l’accent se place sur l’antépénultième, quelle qu’en soit la quantité métrique : magnâlia , fâcilis, vidébitur, spiritus, spiritui, glôria, circuitus, vir Ditibus, misér icor s, mulier es.

Nous devons remarquer, toujours avec Cicéron et Quintilien, que jamais dans un mot latin l’accent ne remonte au-delà de l’antépénultième : Nec a postrema syllaba citra tertiam (Cic.). Proxima extremœ aut ab ea tertia (Quint.). On ne dira donc pas: Sânguinibus , miserere ; mais : Sanguinibus , miser ère.

Il ne faut pas prendre pour des règles de quantité à suivre dans la prose, certaines licences que les poëtes se permettent pour les besoins de la versification. Ainsi, par exemple, souvent dans les vers une pénultième suivie de deux consonnes dont la seconde est l ou r est traitée comme longue :

Nox et tenëbræ et nubila.

Souvent aussi les poëtes emploient comme brève la pénultième des génitifs en ius.

Ipsius hymnum canit hunc libenter.

Ces licences poétiques ne doivent pas. être transportées dans la prose. Ainsi les mots, comme tenebrœ , volucris , multiplex, locuplex, assecla, pharetra etc., dont la pénultième serait appelée douteuse ou commune dans la versification, ont toujours cette pénultième brève dans le langage ordinaire et portent l’accent sur l’antépénultième : ténebree, volucris, pharetra, âssecla, multiplex, locuplex. Il en serait autrement si la voyelle était longue de sa nature, comme dans O été b ris, qui vient cY Oélober.

Quant aux génitifs en ius comme ipsius , illius , istius etc., leur pénultième est toujours longue en prose, et comme telle porte l’accent : ipsius, illius , istius. — Alterius, par exception, a toujours Xi bref en prose comme en poésie.

Les trois enclitiques que (conjonélive), ne (dubitative), ve (disjonéàive), que nous avons dit plus haut n’avoir pas d’accent,

Place de l' accent.

Licences propres à la versification.

HtS mélodies grégoriennes.

Vertu de l' enclitique.

offrent une particularité remarquable : d’après l’enseignement des anciens grammairiens 1 et l’usage constant de la langue latine, aux époques où celle-ci était vivante, ces particules ont la propriété d’attirer l’accent sur la syllabe qui les précède immédiatement, c’est-à-dire sur la dernière syllabe du mot auquel elles se trouvent jointes, lors même que cette syllabe est brève en prosodie. Ainsi on dira non seulement hominésque volucrésve , mais encore armâque , décortiqué laudatio , et non ârmaque, déco raque.

Nous avons ici un phénomène analogue à ce qui se produit en français, lorsque le pronom je vient s’adjoindre au verbe, au lieu de le précéder; comme, par exemple, dans ces locutions dussé-je, puissé-je. Dans cette circonstance, en effet, la particule je joue le rôle d’enclitique; c’est-à-dire qu’elle attire près d’elle l’accent du mot sur lequel elle s’appuie, faisant qu’une syllabe même naturellement muette devient ouverte et accentuée : que je dusse , dussé-je; que je puisse, puissé-je.

Cette vertu, essentiellement inhérente à l’enclitique dans un idiome parlé, n’a pu être négligée, encore moins mise en doute, pour la langue latine, tant que celle-ci est demeurée langue vivante. Mais depuis que le latin a cessé d’être d’un usage ordinaire, les grammairiens profitant, pour ainsi dire, de ce qu’il n’est plus là pour se défendre, ont pu le traiter à leur fantaisie, et oublier facilement une règle particulière comme celle de l’enclitique, règle qui a son importance, mais n’intéresse que la langue parlée. Ce n’est ici, du reste, qu’une question de détail ; nous ne devons pas demander aux grammairiens de l’approfondir, lorsque nous les voyons devenus, pour la plupart, si peu soucieux de la question générale d’accentuation, et que beaucoup d’entre eux ne sem-' blent même pas se douter, nous ne disons pas de l’importance, mais de l’existence même des lois de l’accent dans le discours.

1 Copulativa que et disjunCtiva ve et dubitativa ne adjunCtæ verbis, et ipsæ amittunt fastigium, et verbi antecedentis longis positum acumen adducunt, et juxta se proxime collocant. Sic, que, ut liminâque laurusque dei. Item, ve, ut Hycanisve A raid sv e parant, et, calathisve Minervœ. Ne, ut Hominés?ie,ferœve. (Diomedes, lib. 2. de accentibus.)

Hæc (conjunCtio que) et aliae duae conjunctiones, ve videlicet et ne, sunt apud Latinos inclinativae, quas Graeci encliticas vocant. Solent enim suos accentus in extrema syllaba praecedentis dictionis remittere. (Priscien, super xii. vers. Æneid. 1. 1).

De la prononciation latine.

L’enseignement des grammairiens, relativement à la règle de l’enclitique', s’est reflété, comme on le pense bien, dans la pratique des imprimeurs, dont les uns ont observé la règle en question, les autres l’ont méconnue. Il est rare toutefois de voir les anciens s’en écarter, et la règle est si bien acceptée par eux que les fondeurs de caractères, pour le cas de l’enclitique que , la plus fréquente des trois, trouvent plus simple de fondre l’accent sur le corps même de la lettre g; procédé acceptable, à la condition cependant que la pointe de l’accent soit dirigée vers la voyelle précédente, à laquelle elle se rapporte : ce qui ne s’est pas toujours observé. Mais peu importe; nous n’en avons pas moins ici un témoignage précieux en faveur de la règle de l’enclitique.

On objeéle qu’en disant decorâque aussi bien au nominatif qu’à l’ablatif, il ne sera plus possible de distinguer les deux cas : nous répondons qu’on a, pour éviter la confusion, les mêmes moyens que dans et decora , où la même équivoque existe, sans que l’on ait à changer l’accentuation en changeant de cas. Que deviendraient les règles, s’il fallait les modifier pour un semblable motif, s’il fallait si bien couper court à toute équivoque, qu’on dispense l’intelligence du leéteur ou de l’auditeur de tout travail?

Ne interrogatif dans vide sue, que dans ubique, undique , itaque etc., cum dans vobis cum, nobiscum etc., bien qu’unis au mot à la manière des enclitiques, n’ont pas, comme celles-ci, la propriété d’attirer l’accent sur la syllabe qui les précède immédiatement: ils influent sur l’accent, seulement en ce qu’ils accroissent d’une syllabe le mot sur lequel ils s’appuient, et obligent par conséquent à avancer l’accent; mais celui-ci se place d’après la règle générale, sur la pénultième ou l’antépénultième, en tenant compte de l’addition faite au mot. Ex. vidésne , venérene , ubique, undique, ütique , itaque, vobis cum.

La règle est la même pour les adjeélions monosyllabiques ce, se, met, dem , nam, etc.; ainsi on dit : hujûsce, reâpse, ibidem et ■ipsemet , Minam, ubinam, ûbivis etc.

Il nous reste à mentionner parmi les particularités d’accentuation que peuvent offrir les mots latins, les vocatifs contractes des noms en ms, comme Ambrosius , Gregorius etc. Bien

A djeCtion s monosyllabiques.

Vocatif des noms en ius.

Mots grécolatins.

ües méloDtes grégoriennes.

que la pénultième de Ambrosi , Gregori , soit brève, elle porte l’accent : parce que cette forme contracte du vocatif est pour Ambrosie , Gregorie , que nous accentuerions Ambrosie , G rego rie, d’après la règle générale, qui veut que l’accent ne remonte jamais au-delà de l’antépénultième.

Nous nous arrêtons là en fait d’exceptions; parce que celles que les grammairiens apportent en plus de celles que nous avons données, n’ont ni la même importance ni la même certitude. Dans une matière déjà suffisamment compliquée, il n'est pas opportun d’ajouter sans nécessité de nouvelles causes de complication.

Nous n’ignorons pas que plusieurs grammairiens accentuent sur la finale les mots apocopés, comme benefâc , tepefit , illic, produc. D’un autre côté, les composés de facere ne sont pas considérés par tous comme des composés parfaits, et à cause de cela on trouve ces mots accentués sur la pénultième quoique brève : benefacit , tepefâcit , calefacit etc. D’autres composés devraient, selon plusieurs, recevoir l’accent au point de jonétion, c’est-à-dire sur la finale du premier élément : juréjurando , néquando , éxinde, quapropter. Nous ne disons pas qu’il n’y ait aucun motif pour accentuer de la sorte les mots en question; mais nous croyons l’usage contraire plus simple et non moins autorisé : nous dirons donc sans hésiter, conformément à la règle ordinaire : bénefac , tdpefit , illic, produc, benéfacit , tepéfacit, caléfacit , jurejurando , nequândo , exinde, quapropter.

Nous avons déjà parlé de la règle donnée par certains grammairiens, qui enseignent que la phrase interrogative finit par un accent. Ils confondent clans leur esprit l’accent logique et l’accent tonique; quoiqu’ils en disent, celui-ci doit se placer conformément à la règle ordinaire.

Toutes les règles que nous venons d’expliquer, concernent les mots appartenant en propre à la langue latine. Il en est d’autres que celle-ci a reçus du grec, et sur l’accentuation desquels nous avons besoin de nous étendre quelque peu.

Les mots qui apparaissent dans la liturgie comme proprement grecs, doivent sans aucun doute recevoir l’accentuation grecque. Ainsi, par exemple, on devra dire lithostrotos , theotocos, bien que la pénultième soit longue en grec dans le premier

De la prononciation latine

mot (AtQooTpwro;) , et brève dans le second (©eorcLoç). Ces mots n'ont absolument rien de latin, et ils sont positivement cités comme appartenant à la langue grecque; il y aurait donc contradiction à les accentuer d’après les règles de la grammaire latine. Nous devons remarquer à propos du mot theotôcos , l’importance particulière qu’il y a à le bien accentuer; car en grec, en effet, 0eor 0*0; a un sens aélif, tandis que Qdrozoq, au contraire, a un sens passif. Une mauvaise accentuation ferait dire simplement que la sainte Vierge est fille de Dieu, a Deo genita, lorsqu’il s’agit de confesser qu’elle est mère de Dieu, Deipara , Dei genitrix.

La manière d’accentuer les mots gréco-latins semble avoir beaucoup varié. Sur cette question, du reste accessoire, les grammairiens, tant anciens que modernes, ou se taisent, ou restent dans le vague, ou, ce qui est pis encore, se contredisent.

Pour s’y reconnaître il est nécessaire de distinguer trois âges dans la langue latine : avant Cicéron, de Cicéron à Auguste, après Auguste. Avant Cicéron, la langue latine en formation s’incorpore un certain nombre de mots venus directement du grec, ou tirés d’une source commune aux deux langues. Ces mots reçoivent droit de bourgeoisie latine, mais à la condition pour eux de revêtir le costume latin : ils se déclinent et s’accentuent à la manière latine; chose d’autant plus naturelle qu’ils sont empruntés surtout au dialeéle éolien, dont l’accentuation est barytone comme celle du latin. De Cicéron à Auguste, la littérature latine se développe avec les arts et les sciences; mais c’est de la Grèce principalement que tout arrive : idées et professeurs; et par conséquent aussi, mots et formules. Il n’y a plus dès lors d’éducation libérale possible sans l’étude du grec ; le grec va devenir chez les latins comme une seconde langue maternelle. Le langage s’enrichit de mots nouveaux : noms propres, mots techniques, et aussi expressions purement littéraires, dont on se complaît à orner le discours, plutôt pour X amour du grec auquel on les emprunte, que par un vrai besoin de la langue, qui déjà souvent possédait l’équivalent de ces mots. Toutefois, soit sentiment patriotique, soit esprit de tradition, soit inaptitude à se plier à un mode étranger de prononciation, beaucoup

La théologie peut cire intéressée à la question de l' accent.

Influence des maîtres grecs.

Hts mcloiries grégoriennes.

de gens résistent au courant et veulent demeurer Romains de langage comme de caraélère. Nous remarquons ici quelque chose d’analogue à ce qui s’est passé chez nous. Il fut un temps où nous aimions à tout franciser: nous disions Brute et Cassiez nous avions Mazarin, les Ursins, les Aldobrandins, etc. Maintenant nous disons Brutus et Cassius , et si le fait acquis nous oblige à conserver aux personnages susdits leur nom francisé, il est certain que s’ils vivaient de nos jours, nous les nommerions à l’italienne : Mazarini, Orsini , Aldobrandini. Les mots grecs usités dans le latin commencent, au temps de Cicéron, à se décliner 2. la manière grecque; c’est un premier pas de fait, mais l’accentuation grecque ne leur est pas encore régulièrement donnée; celle-ci ne prévaudra complètement que sous Auguste; rien ne marche en ce genre que progressivement, et ce qui empêche l’accent grec de s’implanter chez les Latins, c’est son caraélère plus musical et plus indépendant de la quantité que l’accent latin ; il faudra, pour qu’il puisse pénétrer et triompher dans la prononciation des mots d’origine grecque, qu’il s’élargisse, et en devenant pour ainsi dire lui-même quantité, fasse oublier la quantité véritable. Ce phénomène, nous le voyons s’opérer à partir d’Auguste; pendant cette troisième époque les mots empruntés au grec se déclinent et s 'accentuent à la manière grecque, c est-à-dire que l’accent se place là où les Grecs le placent; mais cet accent chez les Grecs, en conservant sa position, change de nature et se rapproche de l’accent latin. Bientôt 1a. syllabe accentuée, qui est toujours la même, s’est allongée, et la syllabe primitivement longue, qui souvent vient après, est devenue brève. On disait d’abord, par exemple, èAsyjaov, avOpomo;, en élevant la voix sur la première syllabe et en prolongeant la pénultième; mais celle-ci plus tard devint brève, chez les Grecs aussi bien que chez les Latins. L’Eglise prit les choses telles qu’elles étaient, sans s’inquiéter de Cicéron ni de Quintilien, ni surtout d’Horace ou de Virgile. Prudence, parfaitement instruit des règles de la poésie classique, croit pouvoir quelquefois s’en écarter, et les licences qu’il se donne portent précisément sur les mots où l’influence de l’accent a fait oublier chez les Grecs et chez les Latins la quantité des pénultièmes longues non accentuées qu'il abrège sans scrupule pour obéir à l’usage. C’est ainsi, par exemple, que

L'accent change de nature en passant du grec ait latin.

De la prononciation latine. u \

la pénultième de eremus est devenue brève chez Prudence, à cause de l’accent placé en grec sur l’antépénultième, epr^og.

La règle, depuis Auguste, consiste à donner l’accentuation grecque à tous les mots empruntés à la langue grecque , lorsque ces mots passent dans le discours latin avec les mêmes lettres et les mêmes désinences. Ainsi, comme l’enseigne le orrammairien Servius (5e siècle), d’accord en cela pour le principe avec Quintilien lui-même, l'on disait : per aéra, per œthéra. Que si ces mots recevaient la désinence latine, l’accent grec cessait d’être obligatoire, mais restait facultatif, âeris ou aéris , pourvu toutefois encore que la désinence n’altérât pas la syllabe accentuée; ainsi l’on devait dire : musicé, musicén , et mûsica musicam. L’accentuation grecque avait si bien prévalu, qu’elle s’imposait même aux mots tirés de radicaux latins dont la désinence était grecque. Ainsi de Miltiades (McÀ-iàcSvQ, on avait été conduit par l’analogie à Scipiâdes. L’on voit aussi par ce qui précède, que l’on ne tenait pas compte seulement de l’accent premier, mais que conformément aux lois de la grammaire grecque, l’accent variait de position dans le même mot suivant la quantité de la syllabe finale. C’était là une complication, et il serait difficile maintenant de ressusciter toutes ces règles. La Renaissance voulut les ramener sans les comprendre, et les règles qu’elle donna ne furent ni celles d’Auguste ni celles de Cicéron. Les grammairiens depuis la Renaissance placent l’accent dans les mots gréco-latins sur la pénultième lorsqu’elle est longue en grec, et sur l’antépénultième lorsque la pénultième est brève. Ainsi pour les mots qui sont oxytons en grec, nous trouvons dans les bréviaires et missels, par exemple, Parascéve , Pentecostes , zelôtes etc, au lieu de Parascevé , Pentecostés , zelotés , comme le demanderait l’accentuation grecque. De même pour les mots paroxytons : Telésphorus , Christôphorus , Areôpagus , Sarcophagus , Eleemosyna , Hyades, Cathedra etc.; bien qu’en grec nous ayons : TeXsotpoooç, Xptorocpdpoç, ’Apsonixyoç, 2a.p'/,oyâyoç ,,][LAee[j.o<jvvri , 'Yâdriç ,\H9idpcC' D un autre côte, les proparoxytons grecs : Bxtztl apax , Xâpio^a, vAff>cyjffiç,2éva£iç, napàdeiaoç, Qsoâov/.o:, 06Ô<?co poç, Ka>4Q$aiy.cov, Ntxo^yjfjtoç, vAo uaaoç, AioiV/jaic, vEidcoÀoi/ etc.; sont en latin accentués : Baptisma , Charisma, Aséssis, Synaxis , Paradisus, Pheodulus , Theodorus , Cacodœmon, Nicodémus, Abyssus , Diœcésis, Idôhim etc.

La Renaissance accentue les mots grecs à la manière latine.

Mots grecs en ia.

Mots grecs en ium.

Ües mrioDtes grégoriennes.

Remarquons cependant que la règle ancienne trouve encore son application dans la classe des mots grecs terminés en ia , auxquels, malgré ce que nous venons de voir pour les autres mots, l’accentuation paroxytone a été attribuée généralement par les éditeurs liturgiques, lors même que la pénultième est brève; ainsi on accentue sur la pénultième : Homilia, Philosophia, Prophetia etc., et puisqu’en cela l’on revient à l’usage du siècle d’Auguste, il faut pour être logique traiter aussi comme paroxytons : Eucharistia , ( mais on dit Eucharistia , orum), également symphonia (bien qu’antérieur à Auguste, mais ainsi accentué sous Auguste par un effet rétroaélif, dû à l’analogie), Phantasia, Allegoria, Prosodia, Blasphemia etc. Il pourrait y avoir difficulté pour les mots en ia dérivés de eia comme Alexandria (’Ahïi<zvâpet<x). Mais bien que proparoxytons en grec, ce mot et quelques autres deviennent en latin paroxytons, parce qu’en grec eia se transformant en ia a l’accent sur la pénultième, comme nous le voyons dans laXareta, la/aria • ’Axtxdyîpeioc, ’A xa^uua. Du reste, on pourrait dire aussi que dans Alexandria, i dérivé de eia étant long reçoit l’accent d’après la règle générale que nous avons vue plus haut, en vertu de laquelle, par exemple, "Ei&aAov devient Idôlum , et pour prendre des exemples plus rapprochés par l’analogie : B za'Çkuoz, Basilius ; A S.pzioç, Darius.

Les mots en ium comme Xenodochium , Nosocomium, Orphanotrophium , ne présentent aucune difficulté, puisque la pénultième est en grec longue et accentuée : ZAA&yyù-v, Noo-ojco^sîov, ’Opcpavorpofsîov. On trouve aussi l’accent à la pénultième, quoique brève, dans graphium (Vpxy lov) et quelques autres mots.

Reste une question : faut-il considérer comme paroxytons certains mots que l’Eglise latine a empruntés à l’Eglise grecque, et qui au moment de l’emprunt avaient leur pénultième brève chez les grecs eux-mêmes, bien que cette pénultième fut longue dans la langue classique? Citons Parâclitus (j\apxvikr\To)), éremus (îpriaoç), hyssopus (''Ygcm-koc), antiphona (’Avricpwva), auxquels nous ajoutons eleison (gkir\cov). Pour celui-ci et pour Parâclitus, l’accent est sans aucun doute sur l’antépénultième : l’usage aètuel est, pour les autres, de les accentuer sur la pénultième : erémus , hyssopus , antiphona.

De la prononciation latine.

La liturgie offre, avec des mots latins et des mots grecs, des noms hébreux dont il importe également de connaître l’accentuation.

i° Les mots hébreux qui finissent en ias sont, comme les mots grecs terminés en ia, accentués à la pénultième : /salas, Isalœ , Isalam , J eremlas , Ananlas.

On accentue de même la pénultième de Maria , en vertu, non des lois de la langue hébraïque qui donne à ce nom une autre forme, mais de l’usage et de l’analogie.

Allehda a l’accent sur u, allelûia .

2° C’est aussi l’usage qui veut que les mots hébreux, à l’exception des précédents, soient d’une manière générale accentués sur la dernière syllabe, à moins que ces mots ne se trouvent déclinés à la manière latine. Ainsi l’on prononce avec l’accent à la fin, non seulement Gabriél , Michaël , Israël , Abraham , "Jacob , David etc., mais aussi Melchisedëch , A bimeléch , Nabuchodonosôr , etc.; quoique les Hébreux eussent pour règle de prononcer Melchisëdech, Abimëlech, Nabuchodonôsor , avec l’accent sur la pénultième syllabe. On dit de même Sabaôth.

3° Si les mots hébreux, dont nous accentuons la dernière syllabe lorsqu’ils ne sont pas déclinés, se trouvent de fait déclinés à la manière latine, ils sont alors accentués d’après les règles du latin, c’est-à-dire à la pénultième ou à l’antépénultième : Gabriélis, Abrahœ , Raphaëlem , Judœ.

4° Les noms hébreux qui ont une forme latine, et se déclinent toujours à la manière latine, s’accentuent également toujours comme les mots latins : Anna , Annœ , Joànnes, Joânnem.

5° Le saint nom de Jésus n’est venu de l’hébreu que par l’intermédiaire du grec ; il a reçu en grec et conservé en latin, à tous ses cas, l’accent sur la dernière syllabe : Jésus , Jesû, Jesûm.

De tout ce qui précède, nous concluons que l’on peut pécher contre les lois de l’accentuation latine de plusieurs manières :

i° On viole ces lois, en privant un mot de l’accent qu’il doit recevoir ; comme, par exemple, tibi , meus et d’autres mots semblables, au lieu de tibi , mëus ; ou bien, en donnant l’accent à un mot qui doit en être régulièrement privé; ex. si'iper cœlos , au lieu de super cœlos.

Mots hébreux.

Fatitesd' accentuation.

Heg méloùtes grégoriennes.

On ne doit supprimer aucun

accent.

2° On enfreint plus grièvement les lois de l’accentuation, lorsqu’on relève par l’accent deux ou trois syllabes dans le même mot; ex. sânclificétur au lieu de san5lificétur\ côngregâtiône au lieu de congregatiône.

3° La faute est plus grave encore quand on déplace l’accent; ce qui arrive lorsqu’on le porte sur la dernière syllabe des mots, ex. Dci'is meûs\ ou qu’on le recule au-delà de l’antépénultième, en disant circuitus , pâssionis , ômnipoteiis , mulieres , sânguinibus , au lieu de circuitus, passiônis, omnipotens , mulieres , sanguinibus ; ou enfin, lorsqu’on place l’accent à l’antépénultième, quoique la pénultième soit longue, cônspeélus, côrona pour conspéclus et corôna \ et à la pénultième quoiqu’elle soit brève: ex. circumdâta au lieu de circumdata etc.

4° Remarquons encore que si plusieurs monosyllabes se suivent, on ne doit ni supprimer, ni ajouter, ni déplacer aucun des accents requis d’après les règles ordinaires.

C’est donc une faute de dire tû es ou tu és\ la règle générale veut que l’on prononce tû és, avec l’accent sur chaque mot. Mais il n’en faut pas sur le premier, dans in nés , de té , in et de étant conjonctions. Ce serait donc une double faute de dire in nos , dé te.

5° Lorsque plusieurs accents se suivent immédiatement, ils doivent tous être exprimés. Ainsi il faut dire : Té Déum , Té décet , 6s méum , tû és Déus , et non pas Té Deum ou Te Déum , Té decet ou Te décet , os meum ou os méum , tu és Deus ou tu es Déus.

On ri observe pas la quantité.

6° On doit éviter de traiter comme enclitiques les monosyllabes déclinables, tels que te, me, vos, nos, etc. Ces monosyllabes ont leur accent propre et ne changent rien a l’accentuation du mot qui précède. Il ne faut pas dire : confirma me, adjuvâ nos, mais confirma mé, ddjuva nôs. Il faut surtout bien se garder de prononcer adjiiva nos , protège nos. Dans ce cas, comme dans les précédents, chaque mot doit recevoir l’accent ou en être privé d’après les règles ordinaires.

Faut-ü, en observant l’accent, tenir également compte de la quantité? Il semble que les rhéteurs grecs parlant latin et les grammairiens leurs disciples l’ont fait. Mais il est douteux que cette manière fût celle des premiers Romains; si elle a existé,

De la prononciation latine.

il est certain qu’elle n’a duré qu’un temps assez court, et qu’elle est restée circonscrite dans un cercle fort restreint : à aucune époque, elle n’a été la prononciation vraiment usuelle.

Le vrai mode de prononciation du latin consiste à observer l’accent seul, sans s’inquiéter de la quantité autrement que pour savoir où placer l’accent dans un mot composé de trois syllabes. C’est cette prononciation que nous avons reçue de la tradition pour l’usage liturgique ; c’est la seule possible dans une langue qui doit être universelle, et dont il faut bannir ce qui est exclusivement du domaine de la convention.

Il ne peut être question d’une troisième manière de prononcer le latin, qui consisterait à observer les longues et les brèves d’après les lois de la versification, mais sans tenir compte de l’accentuation. Ceci serait contraire aux lois essentielles de la parole, dont l’accent est l’âme, accentus anima vocis . Toute la tradition témoigne en faveur de l’accent. Toujours nos pères l’ont scrupuleusement respeélé, si bien que lui seul peut servir à expliquer la manière dont se sont formés les mots dans les langues dérivées du latin. C’est pour n’avoir pas tenu compte du rôle de l’accent dans les mots, que la science étymologique est tombée si souvent dans des aberrations qui ont fait douter d’elle. En prenant au contraire pour base de ses recherches l’accentuation, elle eût sans trop de peine et avec pleine garantie donné les lois du travail de transformation qui de tel et tel mot latin a fait un mot italien, espagnol, provençal ou français.

En latin, dans le latin tel que le parlaient nos pères et tel que nous devrions encore le prononcer, si grande était la force de l’accent tonique, que nous voyons la syllabe affeélée de l’accent dans chaque mot conserver dans les langues dérivées sa prépondérance native, et résister ferme et intaéle au courant destructeur qui, dans la transformation du langage, attaque et souvent emporte les autres syllabes. Loin de faire exception, le français témoigne au contraire d’une accentuation du latin, autrefois plus vigoureuse chez nous que dans les autres pays. Ainsi, pendant que les autres langues ont conservé encore une certaine sonorité aux syllabes qui suivent l’accent, presque toujours le français les a supprimées, ou ce qui revient au même, les a transformées en syllabes muettes. Avec témpus, témporis ,

C est l accent qui doit seul régler la prononciation.

Le rôle de l'accent dans les mots a toujours été prépondérant.

Jies méloûtes grégoriennes.

Double dérivation des mots dans le français.

L'accent est z/n élément moinsmaté-i riel que la quantité.

l’italien à fait témpo ; nous, nous disons temps. Le mot latin tâbula est devenu en italien tâvola, en français table. Et ainsi de tous les autres mots, de ceux du moins qui appartiennent à la langue parlée; car les mots qui ont été introduits dans le français par les écrivains, surtout depuis le seizième siècle, sont simplement calqués sur le latin ; on ne peut pas dire qu’ils en dérivent véritablement, et si dans ces mots les lois de l’accentuation sont souvent méconnues, c’est la langue qui en souffre, mais non la thèse que nous soutenons. Assurément le mot frêle , régulièrement dérivé du mot latin frâgilis , a une physionomie plus franche que le mot fragile calqué plus tard sur le même adjectif. On peut aussi comparer au même point de vue raide et rigide (de rigidus ) ; esclandre et scandale (de scandalum ) ; entier et intègre (de integer) ; rançon et rédemption (de redémptio , redemptionis), etc.

Toujours est-il que nos pères avec bonus ou bônum n’auraient pas fait bon , avec presbyter , prêtre (presd tre , prcstre , prêtre); avec anima , âme ( anima , an ma, âme); s’ils avaient prononcé, ainsi qu'on l’enseigne et qu’on le pratique trop souvent, sous prétexte de prosodie, bonum comme le mot franàais bonhomme; presbytér comme presbytère, animâ comme dans il anima.

Cette accentuation du discours, qui donne à chaque mot l’unité et l’anime d’un souffle vital, est un élément d’une nature en quelque sorte spirituelle. On doit bien se garder de confondre l’accent avec la quantité qui, au contraire, est un élément tout matériel et de convention. On pourrait, en lisant les auteurs sur ce point, se laisser induire en erreur par des locutions qui ne sont pas toujours d’une parfaite justesse, ou dont le sens a pu se modifier selon les époques. Il s’en faut en effet que la signification des mots soit toujours constante dans le cours des siècles. Combien de fois n’arrive-t-il pas que le sens originairement attaché à telle ou telle locution se transforme peu à peu par l’usage, et devient parfois totalement différent de ce qu’il était d’abord, surtout lorsque le mot passe d’une langue dans une autre. Il y arrive avec le sens qu’il avait en dernier lieu dans la langue d’où il est emprunté, c’est-à-dire la plupart du temps avec un sens déjà détourné. Quand ce sont les savants qui font un emprunt pour leur jargon à une langue ancienne, on voit

De la prononciation latine.

parfois les confusions les plus étranges; comme, par exemple, celle de nos lettrés de la Renaissance qui sont allés appeler Prosodie la quantité métrique des syllabes latines, comme si le mot Prosodia chez les grecs, et même dans l’usage des latins, avait eu ce sens. Sans doute, par extension, dans des auteurs de décadence, ce mot s’applique un peu indifféremment à tous les phénomènes du langage ; mais en réalité le mot prosodia des Grecs dont le mot latin accentus est la traduélion littérale, est cette espèce de chant qui accompagne naturellement le discours. Déjà cependant chez les Latins l'idée d 'accent se rapporte à quelque chose de moins musical, par la raison que les latins chantaient moins en parlant que les Grecs; X accentus est donc pour eux la variété d’intensité dans l’émission des syllabes, tout autant et plus peut-être que la variété du ton.

Comme on l’entend aéluellement, la prosodie est toute autre chose; par suite de l’erreur des doéleurs en us de la Renaissance, ce mot exprime, non plus l’intonation propre à chaque syllabe dans le discours, ni même le degré de force qui leur appartient, mais leur durée relative. En ce qui touche maintenant à la langue française, le mot accent est appliqué presque indifféremment à tous les phénomènes du langage, et prend ainsi les acceptions non-seulement les plus diverses, mais souvent les plus disparates, et même les plus opposées.

Quoi qu’il en soit, il est certain que la quantité, telle qu’elle est donnée dans les traités que l’on nomme aéluellement traités de prosodie , n’est pas X accent. Ainsi, par exemple, au point de vue de la quantité, la première syllabe est brève dans pater et elle est longue dans mater-, au point de vue de l’accent nous n’avons aucune distinétion à faire entre ces deux mots, qui ont l’un et l’autre la première syllabe accentuée, pâter , mater, et se prononcent absolument de la même manière. Prenons maintenant paternus et maternus ; ici la syllabe initiale qui, eu égard à la quantité, est brève dans paternus , longue dans maternus , se prononce dans la prose de la même façon, sans accent, en donnant à la syllabe la durée requise pour que cette syllabe soit nettement entendue.

De même il ne faut pas chercher à appuyer sur la première syllabe du mot or émus, plus que sur la première du mot opéribus,

Sens du mot prosodie.

Différence entre la quantité et l'accent.

La durée des syllabes dépend de leur poids matériel.

Pénultième non accentuée.

lies mélodies grégoriennes.

quoique les poëtes considèrent Yo comme long clans le premier cas et comme bref clans le second. En tant que pied métrique, jubilatio diffère de âdôrâtio, mais en prose le mouvement de récitation est le même.

Telle est la règle à observer pour toutes les syllabes non accentuées, elles doivent être exécutées légèrement, sans aucune insistance de la voix. Elles ont, il est vrai, une durée plus ou moins longue; mais c’est uniquement en raison de leur poids matériel : ainsi il faut naturellement plus de temps pour prononcer une syllabe où la voyelle est accompagnée de trois ou quatre consonnes, que pour en prononcer une autre qui n’a qu’une seule consonne; et celle-ci demande plus de temps qu’une syllabe composée d’une voyelle seulement. Mais cette inégalité de durée entre les différentes syllabes non accentuées repose uniquement sur leur poids matériel , et jamais sur la quantité conventionnelle qui résulte de la distinéfion établie entre les syllabes au point de vue de la faélure des vers. Pour expliquer ceci par des exemples, nous dirons que la première syllabe de transférre exige nécessairement plus de temps pour être prononcée que la première de reférre . Même différence entre les syllabes initiales des mots sanéîôrum et salütis, etc. D’un autre côté, la composition des mots fera que l’on prononcera la seconde syllabe de adornâre plus lentement que celle qui occupe le même rang dans adoréire , quoiqu’elle ait dans les vers la même quantité : la raison en est que la syllabe a plus de poids par elle-même dans le premier cas que dans le second.

Parmi les syllabes non accentuées, celles qui paraissent les plus faibles sont les pénultièmes des mots qui ont l’accent sur l’antépénultième; comme, par exemple, la pénultième des mots spiritus, mimer e, pédlora. Ceci tient à ce que l’éclat de la syllabe accentuée, qui précède immédiatement cette pénultième faible, la fait paraître encore plus obscure. Toutefois, même pour ces pénultièmes faibles, le nom de brèves ne convient pas. Il ne faut donc pas les écraser violemment sur la dernière syllabe pour les faire paraître plus rapides. Surtout il ne faut jamais donner aux terminaisons latines tio, cium, cia, le son que l’on donne en français aux diphtongues ion, ia, par exemple, dans nation. De même encore in, uum , uo et autres terminaisons de

De la prononciation latine.

ce genre ne forment jamais diphtongue en latin. Il faut donc bien faire sentir les deux syllabes finales de Spiritu-i , perpetu-um, etc.

Si cette rapidité trop grande de prononciation doit être évitée dans les pénultièmes faibles, à plus forte raison ne doit-on pas créer mal à propos des diphtongues dans les syllabes qui précèdent l’accent. Ainsi on doit bien se garder de prononcer ruina s , prïanas pour ru-inas , pru-ina. De même il faut bien se garder de prononcer na-tio-nibus , confit- sio -ne, absor-buis-set , pour na-ti-o-nibus , confu-si-o-ne , absor-bu-isset, etc.

Il suit encore de ce qui précède que dans la prononciation, la même syllabe varie selon qu’elle se trouve être ou n’être pas accentuée. Ainsi, par exemple, dans ôra, 1 '0 est accentué : il faut prendre soin de le faire ressortir; au contraire, dans orémus , orâte , l’accent ne porte plus sur cette voyelle : elle retombe au rang des syllabes faibles. L’a qui appelle toute l’énergie de la voix dans ordre, orâte, s’efface à son tour dans oravérunt, oravissem ; et ainsi dans les autres cas semblables. Autant il faut insister surfis dans peccare, peccâta, autant il faut passer légèrement sur cette voyelle dans peccatores, peccatoribus.

Nous terminerons par un dernier exemple. Dans les mots suivants qui tous sont dérivés du premier d’entre eux, voici comment se place régulièrement l’accent :

Lâbor, labôris, laboravi , laboravissem, labor avissémus. Donc on prononcera : lâbor, labôris, laborâvi, laboravissem , lâbor avissémus. Et non pas selon la règle de quantité : lâbor, labôris, lâbor âvi, laboravissem, lâboràvissémus .

Comme déjà nous l’avons dit, l’accent aigu destiné à marquer dans chaque mot la syllabe qui doit être mise en relief et porter l’effort principal de la voix, ne s’écrit que lorsqu’il en est besoin pour prévenir tout doute sur la place qu’il doit occuper. L’accent grave, qui appartient à toutes les syllabes qui n’ont pas l’aigu, ne s’écrit jamais. Il ne faudrait pas prendre pour un véritable accent grave celui qui sert parfois à distinguer deux mots de même forme, mais différents; comme, par exemple, forte adjeéfif et forte adverbe : cette sorte d’accent grave, appelé accent discrétif, bon surtout pour aider dans l’étude du latin les commençants qui ne peuvent pas pour l’interprétation des mots se

Diphtongues intempestives.

Accent discrétif.

Accent circonflexe.

Itcs méloùtes grégoriennes.

guider par le contexte, ne doit pas paraître dans un livre liturgique; et s’il s’y trouvait, il faudrait bien se garder de lui donner une valeur pratique quelconque.

On trouve aussi dans plusieurs livres liturgiques certains mots marqués de l’accent circonflexe. Celui-ci, quand on l’emploie, se place sur la syllabe pénultième, pourvu quelle soit longue selon les lois de la métrique, et qu’en même temps la dernière soit brève. Ainsi conformément à ce que nous avons expliqué plus haut (pages 35 et 36), on a d'une part natûra, et d’autre part natûrœ. Comme, après tout, le circonflexe contient l’aigu, et que dans la pratique le résultat est le même, on écrit maintenant avec l’aigu aussi bien natûra que natûrœ , et le circonflexe est laissé aux théoriciens.

Les règles d’accentuation, telles que nous les avons formulées, ont pour but, nous l’avons dit, de joindre le plus étroitement possible les syllabes qui appartiennent à un même mot, de manière à ce que n’exprimant à l’intelligence qu’une idée unique, elles produisent également pour l’oreille un tout indivisible. Mais ce n’est pas dans la leèture seulement, c’est aussi dans le chant, qu’il importe de maintenir aussi étroitement unies que possible les parties intégrantes de chaque mot. L’observation de l’accent peut, il est vrai, souvent suffire, même dans le chant, pour obtenir ce résultat. Toutefois l’application à une phrase chantée des lois d'accentuation qui règlent la parole, demande quelques observations spéciales qui vont faire l’objet du chapitre suivant.

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