‹ Les membres de la Commune et du Comite centralChapitre 10 sur 142 · ASSI · texte numérisé non relu

ASSI

s SI était mécanicien -ajusteur. Tous les chefs de Tlnternationale ont ainsi un métier dont ils se font une espèce de titre auprès des classes ouvrières, bien que leurs intrigues et leurs pérégrinations sans nombre ne leur aient jamais permis de faire œuvre de leurs dix doigts.

On ne sait au juste où il est né : les uns disent à Brème, d'autres en Italie; ce qui est certain, c'est qu'il s'engagea à l'âge de dix-sept ans. Voici dans quelles circonstances il aurait quitté son régiment : il se trouvait à Boulogne, sergent-fourrier, faisant fonction de sergentmajor. A la fin d'un trimestre, les décomptes et le sergent-major disparurent à la fois; Assi, très-remuant de caractère, avait jeté le sac aux orties et passé en Angleterre. D'Angleterre il alla en Suisse, oii il resta deux ans. Il a raconté lui-même dans une autobiographie cette désertion avec quelques variantes toutes en sa faveur.

Revenu en France- après l'amnistie du 15

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août 1869, il erra quelque temps, puis s'établit au Creuzot. Il sut habilement profiter des germes de mécontentement qui existaient entre les ouvriers et leur patron , organisa des réunions, fit circuler des programmes de l'Internationale, et en moins d'un mois indisciplina cinq mille ouvriers , leur donna un mot d'ordre et £t éclater Tune des plus formidables grèves qu'on ait encore vues : la grève du Creuzot, dont chacun se souvient.

Il échappa d'abord à toutes les recherches de la justice, et parut un moment à la grève d'Anzin. Le mystère qui entourait cet homme si jeune encore, cette apparition subite sur le théâtre d'une seconde grève, en firent une sorte de personnage que la rumeur publique mêla à tous les mouvements ouvriers qui eurent lieu depuis.

Traduit devant la haute cour de Blois, on ne put se procurer des preuves suffisantes de son affiliation à l'Internationale. Il fut relâché et retourna en Angleterre.

Après les batailles de ReichshofFen et de Forbach, le Conseil fédéral de Londres vit chanceler l'Empire et lâcha des émissaires chargés de répandre ses doctrines à l'abri du trouble causé par nos défaites. Assi fut du nombre. Il

arriva à Paris quelques jours avant le 4 septembre, ne prit aucune part à la révolution, et, avec l'autorisation du gouvernement de la défense nationale, s'occupa de réorganiser dans Paris les sections de l'Internationale.

On sait que , voyant le discrédit dans lequel ses fautes jetaient le gouvernement, l'Internationale conçut le dessein de le renverser et d'installer ses hommes au pouvoir. Ce dessein échoua au 31 octobre. Assi, quoique officier de la garde nationale, peu courageux du reste , ne joua qu'un rôle très-effacé dans ce coup de main, et ne fut pas inquiété.

Le 22 janvier, averti de l'échauffourée que tentèrent quelques internationaux isolés, il se trouvait en bourgeois sur la place de l'Hôtelde-Ville, mais s'y tint dans une prudente tranquillité.

C'est vers cette époque que le Comité central de la garde nationale, nommé sous l'émotion de la bataille de Champigny, le 7 décembre, et dans l'unique but de résister aux Prussiens, se transforma par de nouvelles élections et prit un caractère politique qu'il n'avait pas eu jusqu'alors. Assi en fut membre et plus tard président.

Assi était le membre du Comité central le plus

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