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ROSSEL

taires à l'École d'application du génie, d'où il sortit le second de son année.

Il se trouvait, au commencement de la guerre avec la Prusse, capitaine du génie détaché à Bourges. Il voulait alors se faire journaliste et avait commencé à écrire dans le Temps sous le nom de Randal. Après la bataille de Wissembourg, il publia dans le même journal un plan défensif de la France.

Quelques jours après, il demanda un service actif et fut placé auprès du général Coffinières comme capitaine d'état-major du génie. Il assista au siège de Metz, fut révolté de l'inaction de Bazaine, crut que l'occasion de percer lui était offerte par la fortune, organisa un complot et essaya de persuader au général Changarnier de se mettre à la tête de l'armée.

Il fit tous ses efforts pour faire convoquer un conseil de guerre et faire arrêter le maréchal Bazaine, mais personne n'osa le soutenir, et son patriotisme ne trouva point d'écho parmi les officiers qui l'entouraient. Metz capitula, mais Rossel parvint à s'échapper.

Gambetta le fit colonel et le chargea de la direction du camp de Nevers, où il se trouvait encore à la conclusion de l'armistice.

Dès qu'il apprit le résultat de l'insurrection

l66 LES OFFICIERS DE LA COMMUNE,

du i8 mai-s, Rossel crut enfin son jour arrivé, le jour de Masaniello. Il fit correctement les choses, envoya sa démission de colonel à M. Thiers et s'en vint à Paris, où les insurgés, qui manquaient justement d'hommes spéciaux, s'empressèrent de le nommer directeur du génie. Il fut également nommé chef de la 17^ légion, et en cette qualité poussa, le 2 avril, jusqu'à Courbevoie une reconnaissance qui le fit soupçonner de connivence avec Versailles.

Il fut arrêté, mais Cluseret intercéda pour lui, et, croyant n'avoir rien à craindre de ce jeune homme, le nomma son chef d'état-major sur la recommandation du membre de la Commune Ch. Gérardin. Rossel présida la première cour martiale, et se fit dès lors remarquer par sa froideur et sa dureté.

Le i"mai, Rossel était au comble de ses vœux : il avait une armée à commander et un peuple — il le croyait — à sauver, à délivrer. Il allait pouvoir se faire un nom : un décret le nommait délégué à la guerre en remplacement de Cluseret renversé. Il débuta par un coup de théâtre superbe, qui lui valut de suite la confiance de tous les fédérés. Le major de tranchée Leperche fit sommer le fort d'Issy, menaçant en cas -de refus de faire fusiller la garnison; Rossel répon-

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