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GAMBON

'affranchissement du travailleur — cette hantise des rêveurs qui en fait de fanatiques apôtres — fut de bonne heure le projet caressé de Gambon. Doué d'une grande intelligence, dune mémoire plus grande encore, il terminait ses premières études à seize ans et était reçu avocat à dix-neuf. Cette précocité lui fut fatale. L'ardeur de la jeunesse le jeta dans le parti révolutionnaire extrême; il se trouvait déjà jeté dans le parti extrême quand l'expérience aurait pu l'engager à se retirer.

Né à Bourges en mars 1820, venu à Paris en 1836, Gambon fonda, en 1840, le journal les Écoles, où s'affirma, pour la première, fois, son républicanisme outré. Revenu à Cosne, six ans plus tard, il en fut nommé juge suppléant et se rangea ouvertement dans l'opposition. Sa propagande antigouvernementale contre le candidat M. Delangle, sa présence dans tous les banquets socialistes du département, son refus de porter un toast à la santé du roi et surtout sa procla-

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