‹ Les membres de la Commune et du Comite centralChapitre 76 sur 142 · VA R LIN · texte numérisé non relu

VA R LIN

retrouvons à Paris dans les premiers jours de septembre, pérorant dans les clubs, où il s'acquit une réputation déconomiste distingué chez la genf clubiste. Il reprit à cette époque le secrétariat de la section de l'Est, forcément abandonné à la lin de l'Empire. Le 31 octobre fut le résultat d'un complot, Varlin d'avance était désigné comme ministre des tinances du gouvernement qui devait naître de l'insurrection. Il faillit être pris dans le mouvement par les mobiles bretons accourus au secours de l'Hôtel de ville ; il dut la liberté à Tintervention du bataillon du commandant Cyrille.

Varlin retomba alors dans l'obscurité des clubs, et lit, presque dès l'origine, partie du Comité central de la garde nationale dont il signa les premières affiches. Quand vint le triomphe de rémeute, l'ambitieux Varlin n'oublia par la position à lui dès longtemps promise, et s'installa dès le 19 mars au ministère des finances en compagnie de Jourde, un tard-venu de l'Internationale.

Il fut nommé le premier dans le 17® arrondissement par 9,35^5 votes et dans trois autres arrondissements aux élections du 26 mars. Alors commence pour lui une obsession dont il ne fut délivré qu'avec son ministère. Ce ne fut pendant

toute sa gestion qu'un délilé de quémandeurs répétant invariablement la même phrase : « Citoyen Varlin, nous voulons faire telle chose. » A quoi le délégué aux linances sans finances répondait invariablement : « Et de l'argent? » La Commune, devant ce refus continuel de donner l'argent qu'il n'avait pas, lui retira ses fonctions et chargea Jourde de la gestion de ses introuvables £nances.

Varlin fut nommé à la délégation des subsistances, et, plus tard, chargé de la manutention.

Il fut arrêté le 25 mai dans un café du quartier de Notre-Dame-de-Lorette. Un lieutenant et quatre hommes le conduisirent rue d?s Rosiers, dans le jardin où avaient été fusillés les généraux Lecomte et Clément Thomas. Varlin fut un de ceux qui moururent avec le plus de courage : il reçut la mort sans sourciller. Cependant, particularité bizarre, nous tenons de témoins dignes de foi que sa chevelure, qui était d'un noir assez foncé, blanchit dans le court espace qu'il mit à aller du lieu de l'arrestation à celui de l'exécution.

Varlin était maigre et petit ; il avait le front grand et la ligure comme éclairée par l'éclat de ses yeux noirs. Comme à peu près tous les communeux, il avait depuis quelque temps laissé

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