FABRE
A B R E fut un des membres les plus intelligents et les plus énergiques du Comité central , mais sans violence.
C'était un homme de trente-cinq ans, que la débauche avait vieilli, à la ligure jaune et maligne. C'était un employé de commerce qui s'était occupé de socialisme et faisait partie de l'Internationale (section du faubourg Saint-Antoine).
Il demanda une amnistie complète pour les crimes et délits politiques, la remise intégrale des objets déposés au mont-de-piété, la reprise des négociations avec le gouvernement pour arriver à une solution pacifique et l'élargissement de tous les prisonniers. Il recommanda cependant de se dé£er des maires de Paris, qui devaient tenir à garder leur position, et proposa de négocier directement avec l'Assemblée. C'était, comme l'on voit, un révolutionnaire sage et raisonné. Il fut, le 19 mai, nommé à la commission médicale.
Au dernier moment, il prit les armes et se
battit derrière les barricades, agissant comme il parlait, avec conviction. On lui reproche d'avoir fait sauter la poudrière du Luxembourg.