FERRAT
EMBRE du premier Comité central dont il signa les affiches, Ferrât n'a pas été renommé à la lin d'avril. Il se donne pour homme de lettres. Il fut délégué à la mairie du 6^ arrondissement, puis nommé chef du 80'' bataillon et alla comme tel au fort d'Issy. Nommé plus tard chef d'état-major de la place, il devint suspect et fut arrêté, le 22 avril, au sein même du Comité central, ce qui donna lieu à une protestation de celui-ci.
Il avait demandé au Comité central de reprendre les négociations avec Versailles. Candidat le 26 mars dans le 6^ arrondissement, il n'avait obtenu que 2,062 voix.
Il est prisonnier.
GOUHIER.
GAUDIER.
AS plus connu que Pougeret, fit partie de la commission du contrôle général et informations, et signa la dernière affiche du Comité central.
GOUHIER.
ou H 1ER fut un des violents du Comité central. Laid et ignorant, il n'en était que plus farouche. Il avait lu quelque part que 93 avait été la grande époque, et sans en connaître l'histoire , sans savoir au juste ce qu'il disait, lorsqu'il était à bout d'idées, ce qui arrivait fréquemment, il s'écriait : Revenons aux principes de 93. Il fut le premier commandant de cette flottille communeuse qui en compta tant, et siégea à la première cour martiale avec le titre de colonel.
Il demanda que des armes fussent délivrées à
quiconque en demanderait, et invita les membres du Comité à user de leur légitime influence sur la garde nationale pour y conserver son admiî^able amoîir de la Commune.
Il fit partie de la commission du contrôle général et informations.
On le dit prisonnier.
GRELIER.
ETAIT une singulière petite créature que cet homme contrefait, prétentieux, doucereux, présentant les plus grandes énormités avec les gestes pleins de minauderie d'une vieille fille qui coquette. Il était insinuant, rampant, bavard, flatteur; il voulait à tout prix séduire et était ennuyeusement comique. Il avait été blanchisseur et semblait toujours prendre du linge sale, ne touchant aux choses que du bout des doigts. Il avait également tenu une maison de bains à la Villette, — ce qui ne peut expliquer ses relations avec les membres du Comité central.
Ce personnage parut pour la première fois
G RELIER. 26i
au procès des bombes à Blois, où, avec bien d'onctueux avant-propos , il déposa cette motion : (( Considérant que le coup d'Etat est une illégalité et que les juges issus du gouvernement né de ce coup d'Etat n'ont conséquemment pas qualité pour prononcer un jugement, etc. » 11 y avait ainsi plusieurs considérants qui ne firent que provoquer le rire.
Nommé membre du Comité central, Grêlier fut délégué par lui au ministère de l'intérieur, ce qui rit et fera toujours — si le digne homme vit encore — l'objet de son plus profond étonnement. 11 n'osa d'abord s'asseoir sur les fauteuils du ministère qu'on l'avait envoyé occuper, réunit jusqu'à trois employés et ne sut comment recevoir les personnes qui lui vinrent — demandant à chacune, d'un air conrit et étonné, pourquoi on le dérangeait. C'est avec joie qu'il se vit remplacer par Vaillant au bout de quelques jours.
Il fut délégué aux subsistances le ip mai. Ce fut un de ceux qui se montrèrent les adversaires les plus irréconciliables de la Commune. C'est lui qui publia le 21 mai dans V Officiel et rit afficher sur papier blanc l'avis suivant, qui ne se trouva point une vaine menace :
a Les habitants de Paris sont invités à se rendre
à leur domicile sous quarante-huit heures : passé ce délai, leurs titres de rente et grand-livre seront brûlés. »
Tel était le caractère de ce petit souffreteux qui semblait prêt à se désarticuler à chaque mouvement. Les titres de rente et le grand-livre furent brûlés et le ministère des finances pardessus le marché, après quoi Grèlier dut quitter ce Paris dont les habitants ne voulaient pas revenir à sa voix.
GROSLARD.
ROSLARD avait avalé des sabres et des poulets crus; il crut pouvoir rendre des :>cbfe5^ lois. Il avait été pitre et saltimbanque, il avait sa place toute faite dans l'insurrection du i8 mars. On Tavait vu dans les foires et les fêtes de la banlieue parisienne, paradant et débitant admirablement son boniment de sa grosse voix de major. On ne s'étonna nullement de le voir réciter des tirades socialistes et humanitaires à FHôtel de ville. Il était toujours pitre,
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il avait changé de maître, de boniment et d'oripeaux, voilà tout.
Il parvint à se faire nommer commandant du 225^ bataillon et se cambra fièrement dans un uniforme à triples galons qu'il ceignit plus tard de l'écharpe rouge à frange d'argent. Il fut membre du Comité central et y fut sinon influent du moins très-verbeux.
Il demanda après le 1 8 mars que la solde des gardes nationaux fût régulièrement payée, proposa de vendre les biens des députés, sénateurs et ministres qui avaient voté la guerre de Prusse, proposa de traiter avec les Prussiens au cas oii ceux-ci prendraient l'offensive, et, toujours pitre, assura maintes fois à ses collègues que les troupes de Versailles étaient animées du meilleur esprit.
Il n'osa se porter candidat aux élections pour la Commune le 26 mars, et ne fut point réélu aux élections d'avril pour le Comité central. Groslard n'eut jamais conscience de ce qu'il faisait. La tête bourrée de clichés à l'usage des démagogues, il les débitait comme il débitait ses drôleries à l'entrée de sa tente de saltimbanque. Aussi fut-il très-étonné et très-effrayé quand on l'arrêta.