‹ Les mémoires d'un cabotinChapitre 31 sur 45 · XXXI. — JOCRISSE AMOUREUX. (Suite · texte numérisé non relu

XXXI. — JOCRISSE AMOUREUX. (Suite

Je Tavoue, nonobstant les encouragements de Robert Guénn, je tremblais quelque peu en sonnant à la porte du feuilleiuniste vers le domicile duquel je "me dirigeai en premier lieu. Eh bien ! J'avais tort de cniindre; car chacun de ces messieurs, — j'en trouvai quatre .sur sep» chez lesquels je me présentai, — mo reçut à rnerveiile. O ; beaucoup exagéré, je crois, le penchant natui-ei à la i-n-^ciié que ion reproche au .fcuillfetouistui. Le, fenilijiio.niste n'a ni escopelte ni poiguaid, sur son bureau, poui massacrer le comédien ou l'auteur dramatiijUfî qui \ient. — suivant l'expression de Kobert-Guérin, — iai gratter \.\ plume II se montre au contraire irôs-sensible i une démarche au moins polie, et il e.st rm-e qu'a['rùs '-'être en gagé à 1 indulgence envers un débutant, il ne tienne pas sa promesse. L'un des critiques dont j'appréhendais , plus l'humeur réputée terri!»lo, — ;!e laquelle il fait j.i r^uv^ d'ailleurs, chaque seniuiiic, dans ses comptes rencius, — fut justement celui qui me reçut avec le plus d'airubilitê.

— Soyez à peu près bien, mon cher monsieur, m-i dit-if, et nous vous pousserons de grand coîur. Notre journal, qu'on accuse d être luéchant, li'a jamais ciierché à nuire. sérieusement, qu'aux sots, aux fuis et aux ingrats. — Consultez sa collection. — Allez, et bon courage ! Si nouï ne vous applaudissons pas, ce sera votre fau'e.

Un seul de ces messieurs me reçut assez cavalièrement. Ce monsieur, — un savant paraît-il, (iui ne consent que par condescendance... à l'état de sa boarse, à s'installer lé lundi dans l'entre-sol de certain grand journal, — ce monsieur me laissa à peine le temps de lui dire mon nom.

— Bien! bien! interrompit-il, d'un ton rogue, j'irai vous voir... puisqu'il faut, pour mes péchés, que je voie toutes les inepties qu'on représente sur les théâtres de Paris; mais, désolé de ne pas vous retenir plus longtemps, mon cher, j'ai îi prouver dans un article ';ae la faraeus.' locution: Bonni soit qui mal y pense, est at ribuée fau.îsoment au roi d'Angleterre Edouwd IIJ, et qu'elle a et ; dite, pour la première fois, par le calife Ifaroun-al-Raschid à l'un des chefs des Barmécides. Je vous salue.

Je cont.i, dans tous ses détails, à Rob. r:-Guérin, au café des Variétés, le résultat de mes visites aux critiques, Robert Guérin me félicita même de l'accueil du feuilletoniste au coHfe.

— Vous êtes favorisé, mon cher, me dit-il. Habit :ôllement Z... traite comme des bottiers les comédiens ou les jeunes auteurs qui se présentent chez lui. Il vous a dit : « Je vous salue. » C'est que votre figure lui a plu. Vous aurez un bon article.

— Vraiment?

— Sans doute ! Il se contentera de vous trouver mauvais...

— Mais, alors, j'aurais aussi bien fait de ne pas aller le voir !

— Non, car, en ce cas, il vous eiît dôclaie pitoyable. Ha çà, vous dînez avec moi et Ernest, n'est-ce pas, Rosabelle?

— Mais...

— Pasde mais. Il y a un mot... dans votre seconde

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