‹ Les mémoires d'un cabotinChapitre 33 sur 45 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

— Quinze jours de congé, lorsque vous cesserez de jouer Jocrisse amoureux.

— Quinze jours de congé!... diable I Et à quel propos ?

— Pour me permettre d'aller me marier,

— Vous marier!...

— Oui, monsieur, oui, me marier... à une femme que j'aime. . que j'adore !...

Mon directeur éclata de rire.

— Sapristi ! reprit-il, mais je ne savais pas que vous .jouiez Jocrisse amoureux d'après nature, mon cher Rosabelle !

Et comme, malgré moi, je fronçai le sourcil à ces paroles :

— Allons ! ne vous fâchez pas, je plaisante ! poursuivit l'aimable administrateur. Les quinze jours demandés sont accordés; nous nous arrangerons pour ^ que vous ne soyez pas de la pièce qui suivra celle-ci. Êtesvous content ?

Je serrai avec effusion une main qui s'avançait vers la mienne.

Maintenant, il s'agissait d'appeler Juliette à Paris. Car, avant de devenir madame Rosabelle, la femme d'un comédien, c'était bien le moins que la chère petite connût ce comédien.

Ce fut encore la bonne madame Bligny qui se chargea du soin de loger ma fiancée pendant son séjour à Paris. Je répugnais à l'idée de la voir habiter un hôtel garni. D'un autre côté, le petit appartement que j'avais loué pour nous installer après notre mariage n'était pas encore meublé.

Enfin, j'avais débuté un jeudi...

Le samedi suivant, Juliette et Pulchérie arrivaient, à quatre heures, à la gare du chemin de fer de Lyon où j'étais allô les attendre avec Lucile.

Page 1