‹ Les mémoires de deux jeunes mariéesChapitre 24 sur 40 · MATHILDE, DELIGNY · texte numérisé non relu

MATHILDE, DELIGNY

MATHILDE. Qu'a donc mon mari?... je lui trouve un air singulier.

DELIGNY. En effet, si je connaissais moins Dumontel, je croirais que la jalousie...

MATHILDE. Jaloux ! et pourquoi ?

DELIGNY. Peut-être a-t-il quelque regret de me laisser près d'une femme aussi aimable et aussi jolie.

MATHILDE , s' asseyant à gauche. Allons, je vois que mon mari avait raison , et vous tenez à justifier votre réputation de...

DELIGNY. Eh ! madame , c'est ainsi que tous les maris s'y prennent; ils nous font des réputations affreuses, et pourtant si l'on voulait parler...

MATHILDE. Eh bien ! que dirait-on?

DELIGNY. Que ce n'est pas toujours à vingt-cinq ans qu'on fait le plus de folies , que tel moraliste qui chez lui prêche la sagesse, parle souvent ailleurs un autre langage, qu'enfin si je voulais user de représailles. . .

MATHILDE. Achevez.

DELIGNY. Non, madame, non, ce n'est pas à moi de vous rappeler ce qui s'est passé la veille de votre mariage ; je ne dois pas vous parler de ce duel étrange. . .

MATHILDE, se levant. Un duel!...* Mon mari s'est battu, diies-vous?

DELIGNY. Ne le saviez-vous pas ?

MATHILDE. Non , monsieur, non... Vous disiez donc. . .

DELIGNY. Qu'un duel pour...

MATHILDE. Pour une femme!... un duel!...

DELIGNY. Oubliez, de grâce!...

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