MATHILDE, DELIGNY
MATHILDE. Qu'a donc mon mari?... je lui trouve un air singulier.
DELIGNY. En effet, si je connaissais moins Dumontel, je croirais que la jalousie...
MATHILDE. Jaloux ! et pourquoi ?
DELIGNY. Peut-être a-t-il quelque regret de me laisser près d'une femme aussi aimable et aussi jolie.
MATHILDE , s' asseyant à gauche. Allons, je vois que mon mari avait raison , et vous tenez à justifier votre réputation de...
DELIGNY. Eh ! madame , c'est ainsi que tous les maris s'y prennent; ils nous font des réputations affreuses, et pourtant si l'on voulait parler...
MATHILDE. Eh bien ! que dirait-on?
DELIGNY. Que ce n'est pas toujours à vingt-cinq ans qu'on fait le plus de folies , que tel moraliste qui chez lui prêche la sagesse, parle souvent ailleurs un autre langage, qu'enfin si je voulais user de représailles. . .
MATHILDE. Achevez.
DELIGNY. Non, madame, non, ce n'est pas à moi de vous rappeler ce qui s'est passé la veille de votre mariage ; je ne dois pas vous parler de ce duel étrange. . .
MATHILDE, se levant. Un duel!...* Mon mari s'est battu, diies-vous?
DELIGNY. Ne le saviez-vous pas ?
MATHILDE. Non , monsieur, non... Vous disiez donc. . .
DELIGNY. Qu'un duel pour...
MATHILDE. Pour une femme!... un duel!...
DELIGNY. Oubliez, de grâce!...
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