‹ Les mémoires de JudasChapitre 7 sur 11 · XI · texte numérisé non relu

XI

Le centurion, venant vers le gouverneur, lui rapporta tout ce qui s’était passé. Et lorsque le gouverneur eut appris tout ce qui s’était passé, il fut très chagrin; et, faisant assembler tous les Juifs à la fois, il leur dit : Avez-vous vu les signes qui ont paru au soleil, et tous les autres prodiges qui sont arrivés tandis que Jésus mourait? Ce que les Juifs ayant eutendu, ils répondirent au gouverneur : L’éclipse est arrivée selon la vieille coutume. Or, tous ceux de sa connaissance se tenaient de loin, de même que les femmes qui avaient suivi Jésus de la Galilée, en regardant ces choses. Et voici un certain homme d’Arimathie, nommé Joseph (1), lequel Joseph était aussi disciple, en cachette cependant, à cause de la crainte des Juifs ; il vint au gouverneur, et pria le gouverneur qu’il lui permît qu’il enlevât le corps de Jésus de la croix. Et le gouverneur le permit. Or, Nicodème vint apportant avec soi un mélange de myrrhe et d’aloès, d’environ cent livres; et ils descendirent, en pleurant, Jésus de la croix, et l’enveloppèrent dans des linges avec des aromates, comme les Juifs ont coutume d’ensevelir, et ils lemirent dans un monument neuf que Joseph avait construit, et qu’il avait fait tailler dans la pierre, dans lequel aucun homme n’avait été mis, et ils rouirent une grande pierre à la porte de la caverne.

Or, les Juifs injustes apprenant qu’il a demandé le corps de Jésus et qu’il l’a enseveli, cherchaient et Nicodème et ces douze hommes qui ont dit devant le gouverneur qu’il n’est pas né de la fornication, et les autres bons qui avaient déclaré ses bonnes œuvres. Or, tous s’étant cachés à cause de la crainte des Juifs, le seul Nicodème se montra à eux quand ils entrèrent dans la synagogue.

(1) Jean, ch. xix, v. 38.

NOTES

Comme tous admiraient ces choses, voici qu’un des soldats qui gardaient le sépulcre dit dans la synagogue : Que comme nous gardions le monument de Jésus, il s’est fait un tremblement de terre (1), et nous avons vu l’ange de Dieu; comment il a roulé la pierre du monument, et il était assis dessus, et son regard était comme la foudre, et son vêtement comme la neige. Et nous sommes devenus comme morts de peur. Et nous avons entendu l’ange disant aux femmes qui étaient venues au sépulcre de Jésus : Ne craignez point; je sais que vous cherchez Jésus crucifié; il est ressuscité ici comme il l’a prédit. Venez et voyez le lieu ou il avait été mis, et allez vite dire à ses disciples qu’il est ressuscité des morts, et il vous précédera en Galilée, c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit. Et les Juifs faisant venir tous les soldats qui avaient gardé le tombeau de Jésus, ils leur dirent : Quelles sont les femmes à qui l’ange a parlé? Pourquoi ne les avez-vous pas arrêtées? Les soldats répondant dirent : Nous ne savons ce qu’ont été ces femmes, et nous sommes devenus comme morts par la crainte de l’ange ; et comment aurions-nous pu arrêter ces femmes? Les Juifs leur dirent : Le Seigneur est vivant parce que nous ne vous croyons pas. Les soldats répondant dirent aux Juifs : Vous avez vu et entendu Jésus qui faisait de si grands miracles, et vous ne l’avez pas cru, comment pourriez-vous nous croire? Vous avez certes bien dit : Le Seigneur est vivant, et le Seigneur est véritablement vivant. Nous avons appris que vous avez enfermé Joseph, qui ensevelit le corps de Jésus, dans une chambre dont vous aviez scellé la clef, et* l’ouvrant vous ne l’avez pas trouvé. Donnez-nous donc Joseph que vous avez gardé dans une chambre, et nous vous donnerons Jésus que nous avons gardé dans le sépulcre. Les Juifs répondant dirent : Nous vous donnerons Joseph, donneznous Jésus. Joseph est dans sa ville d’Arimathie. Les soldats répondant dirent : Si Joseph est dans Arimathie, Jésus est en Galilée, comme nous l’avons appris de l’ange qui le disait aux femmes. Les Juifs, entendant ces choses, craignirent, disant en

(1) Mattii., cliap. xxviii, v. 2.

NOTES

eux-mêmes : Certes tous ceux qui entendront ces discours croiront en Jésus. Et rassemblant beaucoup d’argent, ils le donnèrent aux soldats, disant : Dites que, comme vous dormiez, les disciples de Jésus sont venus la nuit et ont dérobé le corps de Jésus. Et si cela est rapporté à Pilate le gouverneur, nous répondrons pour vous, et nous vous mettrons en sûreté. Or, les soldats, en recevant ainsi, dirent comme les Juifs le leur avaient ordonné, et leur discours se divulgua partout.

Or, un certain prêtre nommé Phinées, et Ada maître d’école, et un lévite nommé Agée, ces trois vinrent de Galilée à Jérusalem, et dirent aux princes des prêtres et à tous ceux qui étaient dans les synagogues : Ce Jésus que vous avez crucifié, nous Pavons vu parlant avec ses onze disciples, étant assis au milieu d’eux sur la montagne (1) des Oliviers.

Mais Annas et Caïphas les consolant, dirent : Est-ce que nous devons croire les soldats qui ont gardé le monument de Jésus, qui nous disent qu’un ange a roulé la pierre de la porte du monument? Peut-être que ce sont ses disciples qui leur ont dit, et qui leur ont donné de l’argent pour le leur faire dire, et pour enlever le corps de Jésus. Or, sachez qu’il ne faut croire en aucune manière à des étrangers, parce qu’ils ont reçu de nous beaucoup d’argent. Et ils ont dit à tout le monde comme nous leur avons dit de dire. Ou ils nous garderont la foi, ou aux disciples de Jésus.

(1) Math., chap. xvvm, v. 16.

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