CHAPITRE VI
^'avais peu à peu fait connaissance avec le '^ïsonuel de la Sûreté et très vite reconnu ^î5 qualités spéciales des principaux agents, •^ux qui devaient pendant huit années être -^es meilleurs collaborateurs.
Gaillarde était alors inspecteur principal. Il a pris sa retraite pendant quej*étais encore à la Sûreté. Plutôt petit, la barbe et les cheveux très noirs, bien qu'il eût déjà dépassé la cinquantaine et qu'il eût près de vingt ans de services à la Sûreté, Gaillarde avait été le bras droit du père Claude et de
M. Macé. C'était un agent pleia d'énergie •*' de finesse.
H était furt amusàDt, par exemple, quar**^ on parlait devant lui des médecins et d'uc:»^ experlise médico-légale.
Gaillarde, en eSet, avait eu une fois â lutt^s*^ contre les médecins et dans des conditior::»^ particulièrement curieuses. Lors de l'affaif ^ Miellé, quand on avait trouvé dans la Seic^»- ^ le corps mutilé de Lebon, les médecins cha-"»:"gés de l'autopsie déclarèrent que lecad;ivxT-« avait été coupé par l'hélice d'un bateau à w^»-peur. Trois autopsies successives aboutira c». i à la même conclusion.
Mais Gaillarde tenait à son crime; il montra un entêtement tel qu'on fit une quatrièmeat»topsie. Celle fois, les médecins relrouvérea* des traces de coups de scie. Quelques jours après, Gaillarde arrêtait Miellé.
Jaume, que par la suite je nommai, la»
aussi, inspecteur principal, était le typ^ môme du policier, passionné pour son raélier- Rusé, finaud, et en même temps d'une bra*^ voure à toute épreuve, il n'avait pas son pareil pour arrêter un assassin ou un voleur
le, pendant sa loogue CLiri'ière, u'a jamais une arme ; et il n'était pas cependant force physique extraordinaire. On disait
|1 qu'il arrêtait les gens par persuasion,
[estatioa qu'il 6t de Dauga, l'assassin de
^à-MoussoQ, est véritablenient un haut
lolicier.
issignol, dont le nom a paru tact de fois des comptes rendus de procès, élait le
du gamin de Paris.
Icien zouave, d'une audace superbe, il lait sur les toits comme un singe et se
mtait de hausser les épaules quand l'in-
lu qu'il voulait arrêter tirait sur lui des de revolver.
ludais, que sa promenade à travers l'Euà la recherche d'Arton, a rendu célèbre,
an bon bourgeois qui manquait de talent
lire et dont les rapports verbaux étaient lis bien filandreux; mais nul ne savait avec plus de patience et de logique
Iffaire de lon^^ue haleine.
ince avait la spécialité des escrocs.
, toujours correctement habillé, ne t que des choses qu'il connaissait bien.
•il m^
OQ pouvait l'envoyer partout saus qu'il déplacé.
Barbasle, qui n'était alors qu'inspecteur ^^t qui succéda ensuite à Jautne comme inapeleur principal, avait une spécialité, celle c3. faire avouer les coupables.
Ses camarades, qui le jalousaient un pi l'appelaient le tortionnaire.
Un des trucs principaux de Barbaste éta£ *, du reste, d'une simplicité enfantine, et suf^^I à prouver que les assassins, après le crim^3, ont très rarement une parfaite lucidité d'e.^3pfit.
— Ecoutez, mon ami, disait Barbasle ^ l'assassin présumé, je ne comprends pc»J comment vous hésitez à avouer que vot*^ avez tué cet animal-là. Il vous avait fait asae-^ de misères ! Je ne suis pas méchant, eh bien ' moi, à votre place, je l'aurais tué comioe vous. Oh ! je ne vous l'envoie pas dire !
— N'est-ce pas ? répondait la plupart du temps l'assassin, enchautô de trouver l'indication d'un système de défense,
Par exemple, Barbasle avait un grave défaut. Par certains côlés, il ressemblait i
I LA SUHKTE liT SON PEflSONNEL 213
Javerl, le type immortel créé par Victor
Hugo, Il avait le félicliisme des ageotsd'au-
trefoia pour riiifaillibilité de lajusliceet de
''autorité. Sansie voijloir,iIcousidâraitcoinme
Un gredin à priori quiconque avait affaire à la
police, et il me i'allaît surveiller avec un soÏq
^*lvéme aes rapports, quand il était chargé de
Pt-^udre des renseignements.
^^ *c Cet homme a des mœurs inavuuables »,
^V^xilait dire simplement parfois : « Cet homme
^V pour mailresse une femme mariée, u Ou
I ***en : a On croit qu'il a des mœurs contre
"^Uture », voulait dire tout au contraire; «On
^e lui connaît pas de maîtresse. »
Ce grossissement des chose.s e^t, du reste, tfc défaut de quelques agents, et celui qu'un chef de la Sùrete doit contrôler avec la plus graude attention.
Je citerai encore Houillier, le seul de mes agents, avec Orîon, qui parlai anglais et qui lût capable de suivre uuii piste eu Angleteri'e sans plus de diliicultês qu'en France.
Quand j'arrivaiàla Sûreté, je trouvai Houillier emjiloyê è. la petite imprimerie. Je corn-
pris les services Lieu \Aus uLiles qu'il pourrait rendre en rentrant dans les brigade- :
actives et je lui ai dû le succès de quelque ^3 affaires importantes.
Quant à Orion, aujourd'imi en retraite, ^^s ^ commissaire de police à Monaco, c'est lui qit "m^. depuis mou départ, dirigea à Londres l'arra - »- ■ tation d'Af Ion, laquelle fut opérée, ainsi q».^»- e je l'indiquerai plus tard, d'après des Indic^aBlions que j'avais obtenues avec Orion, dait^w un de mes nombreux voyages en Angl^^terre.
C'était alors M. Ribot qui était président cï«i conseilj c'était lui qui m'avait envoyé. Je n» « suis toujours demandé pourquoi il ne s'éta-ît pas targué de cette arrestation!
Enfin, Bourlet et Girodot, qui o'élaient pas ■ des modèles d'élégance sans doute, mais pou i" qui la place Maubert n'avait pas de gecreis» connaissaient d'une façon merveilleuse 1^ monde spécial des escarpes et des soutuneurs...
Le chef de la Sûreté est, en quelque sofle, un générai qui doit conuiiitre les aptitudes différentes de tous ses soldats et savoir ne
donner à chacun que les missious qu'il peut remplir.
Il y a là tout un inonde spécial qu'il faut savoir conduire avec adresse et dont il faut ménager les susceptibilités.
Les trois cents agents de la Sûreté, qui forment, comme l'a si bien dit jadis M. iMacé, '* troupe d'élite qui protège la société contre 'S crime, sont, en réalité, les plus désintéressas des serviteurs de ia patrie. Ces hommes, ï'-ii ne rechignent jamais quand il s'agit de t***.8St:r des nuits à la belle étoile, qui se disï*'^teut les missions dangereuses, ne gagnent Sviere plus que les gardiens de la paix.
Us gagnent môme moins, puisqu'ils ne ^Ont pas habillés aux frais de la Ville.
Ce n'est donc pas l'intérêt qui les guide, et *ïyu parmi eux une probité professionnelle t-elle, qu'on n'en a jamais vu un seul consentir à accepter une grosse somme d'argent pour lie pas arrêter uu coupable. C'est l'amourpropre seul qui les fait agir, et, par conséquent, c'est en leur donuant des satisfactions ' i'amour-propre qu'on parvieut à faire d'eux eut ce qu'on veut.
LES HÉMOIRES DE
GOilOX
eslio:«:^H
Ceux qui ne connaissent pas les queslio:
de police sont slupéfaiLs quand ils sont ant ^ nés à apprendre quelles faibles ressource possède un chef de la Sûreté pour lutter, da.x:ft. cet immense Paris, pontre ce qu'on est cor:»,, venu d'appeler Varmêe du crime.
Eu 1348, alors que les passeports esist;ii e»::i( encore, que les hôtels meublés ne s'étaieirji pas multipliés comme aujourd'hui, que la r^»pidité des voyages n'était même pas soup'" çonnée, la police de SûretécomptaitlGOagenli^s- Elle n'en compte que 3dO aujourd'hui, et r^^' crûtes comment? Sur de hons certificats mil - -^'' laires et sur la recommandation d'un miaistr"^ ou d'un député.
Pour ce métier si difficile, il n'est pas d'ap*^^" prentissage.
Quand un brave garçon démontre le per" ^ d'-'iptitude qu'il possède pour des fonction -*^^ où il faut à la fois de l'énergie et de la flaesse^^"*' on le garde tout de même, puisqu'on a déj SJ* commencé à faire des retenues pour sa t^^' traite.
Je m'expliquerai d'ailleurs plus longuemer:^' sur ce sujet, quand je dirai quelles rôforro^J J
LA SCBETÉ 1
■ PEHSOrJNE!.
©nt, à mou avis, iudispensnbles. Je voudrais, llvantlout, montrer quelles lourdes responsapiltlés incombent à ce service et comment, en ^alité, toute ta police criminelle repose en- |tiêremeût sur lui.
J'ai eu sous mes ordres à la Sûreté a peu près trois cent cinquante agent*; quand je suis arrivé comme sous-chef dans ce service, et qu'il i
l'a été possible de me rendre compte des sur- '"eillances multiples qui incombaient à ce petit **Oinhre d'hommes, j'ai été stupéfait de voir | JVï'ils parvenaient à s'acquitter de leur tâche, ly a d'abord les bureaux et les archives à occupent un certain nombre d'inspecteurs disant fonctious de commis, chargés de la P^jpie des rapporta, de leur classement, de ^«lui des photographies, de celui des dossiers ^e la comptabilité générale, de la correspon- Qance, etc., etc.
Une section a la spécialité de la voie pu-
IjUque. Les agents qui la composent vont à la
flan {au hasard), dans les rues de Paris, flai-
tant le voleur â la tire ou le voleur à l'étalage,
^K^ }e pick-pocket ou le cambrioleur, le roulottler
^H ou toutes les varioles de la pègre parisienne.
re de* I
318 LES MÉMOIRES DE M. OOnO'
Ce sont eux qui protègent la devanture d grands magasins, qui surveillent les champ* de courses et jusqu'aux troncs des églises -
En une seule année, 1888, je crois, cett^ section n'a pas procédé à moins de deux mill^ cinq cents arrestations sur la voie publique.
Une autre section surveille le Mont-ile — ■ Piété et ses succursales; non seulement l^ faut aux agents qui la composent une coûaai»— " sance approfondie des voleurs, mais encor^^ un tact particulier, pour deviner, en quelqn^^ sorte, les engagements suspects, et procéderr^* à l'arrestation de ceux qui les présentent.
La section des réquisitoires exécute le^ contraintes par corps, les jugements de simple police, et enfin tous les ordres spéciaux diKprocureur de la Ilépublique. Cette section !^même une besogne toute paternelle. C'est ell» qui fuit rentrer les amendes quand tous le»
moyens d'action ont été épuisés par les percepteurs, et qu'il n'y a plus que la menace ds la contrainte par corps.
C'est ainsi que le chef de la Sûreté, pari'oiSr fait rentrer, au moyen d'acomptes de 10 ou da 15 francs par mois, une partie des colosaaj
lA SURETE ET SON PERSONNEL
amendes dont sont frappés les journalistes.
Heureusement que de temps en temps une amûislie intervieul... sans cela, certaines personiia-liiés très connues en auraient jusqu'à la Lroî- S'ètne géiièrulion avant de s'être acquittées Riivers le fisc.
La section des notes et raaudats recherche '■ ' Orréle les déserteurs, les condamués en " î te réclamés par les Parquets de province; '''-*6i], les individus dont l'extradition est de- -• ^îitlée par les gouvernements étrangers. Je ''^* veux pas parler des recherches dans l'in- '-'féldes familles qui sont innorahrables et ■ '-» ut la Sûreté n'a qu'une partie.
Xabriga'de des mœurs, dont je ne me suis ' *■ ï*ais occupé avec passion, n"a pas moins de ''^aogiie que les autres.
■La permanence comprend les agents tou-
"^^iJrs prêts à accomplir les miâsions inatteu-
'-"Pa de jour et de nuit; ils ont, eu outre, la
^large d'extraire les détenus, de conduire à
^ légation de leur pays les étrangers expul-
^^s, etc., etc.
Au moment du conseil de revision, ils ont '^'^ffoia plus de cent détenus à conduire au
Palais de l'Industrie et à ramener dans les différentes prisons.
C'est encore parmi eux qu'on cboisil Is* agents chargés des missions les plus délicates: par exemple, celle de la protection des mariages, quand un fiancé déclare qu'il a ^ craindre un scandale d'une ancienne maîtresse.
Eniin, la brigade spéciale, dite brigs.de d^ chef, dont faisaient partie de mon teinpi Jaume, Soudais, Rossignol, Bleuze, Prince, Bourrelel, Barbaste, llouillier, etc., eslcellflS laquelle incombent les missions les plus dangereuses et les plus importantes.
C'est la brigade spéciale, qui marche quand un grand crime a été commis et que le cou»
pable est inconuu; c'est elle aussi qui recherche les escrocs célèbres, les faux-monnayeurs et les voleurs de marque.
Pour permettre au lecteur de se rendre compte d'une façon bien précise de l'importance extraordinaire du service de la SùreW, je dirai seulement que son chef a environ troiî cents rapports à signer par jour. Il ne fsol donc pus trop eu vouloir au service de la Sûreté, quand, avec les faibles ressources dont"
LA SÛRETÉ ET SON PERSONlNEL 221
loae, il rate un assassin ou un voleur ; et
Paylor, qui avait eu jusqu-'à cinq assassi-
la fois, avait véritablement joué de
beur, comme je l'ai déjà dit...
'on entrée à la police de Sûreté sembluit
r porté bonheur an service.
Dssei avait été un assassin fort aimable,
,vait eu le bon goût de se faire arrêter liii-
ie. Nous eûmes bientôt un crime nouveau
ïi nous n'arrêtâmes pas l'assassin, nous
bes du moins la possibilité de reconstituer
jétal civil. On fait ce qu'on peut.
(n individu était venu louer une chambre
)B un hôtel meublé de la rue de la Cerisaie,
rait payé un mois d'avance, etpris posses-
; de sa chambre, puis, jamais on ne l'avait
çevu... Le patron de l'hôtel, respectueux
droits de sou locataire, avait laissé la
ibre fermée pendant vingt-cinq jours,
au bout ce temps, il était entré avec sou
■partout.
Ors, il avait trouvé sous le lit le cadavre
femme qui n'avaitpour tout vêlement...
e i/oucle d'oreille.
tood Qous arrivâmes, M. Taylor et moi,
toit
ides
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»iide t
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je '^ «-.lires cil"-" , ;, îaii "^ j
.>e.ee4''^\^ ;eî^"^r;lcU.<o>.»
..».e aîte»""'"", „„« 1"" '*"'", .,,.1 aul»-^
aréstout il esl nécessaire i
.'il I
serve pour 3 enquêtes judiciaires réussissent. Le aoii' nous vîmes arriver au bureau un journa-liste que je connaissais un peu, M. Eric Beaiiard, alors rôiîacteur au Soir, qui était accompagne d'une jeune femme très émue.
m. Eric Besnard nous raconta alors qu'étant ^liê au commissariat de M. Ringeval, pour
^voir quelques reuseiyiiemeuls sur le crime ^o la rue de la Cerisaie, il avait trouvé cette I^Une femme dans le bureau des inspecteurs.
^Ue venait, disait-elle, pour signaler la disparition de sa sœur Bertbe et elle demandait "■ "Voir le cadavre déposi; à la Morgue, ayant un ^^Sue pressenliraeut que ce devait être celui '*^ 'Ba sœur. Le père Riugeval, qui était un ^'^îllard prêt à prendre sa retraite, et qui ne ^ Passionnait plus pour aucune affiîre, avait ^Voyé promener la pauvre fille... M. Eric
^Snai'd avait assisté à la scène, et, avec cet ^^tinct du reporter flairant l'article à sensa- *^ïj, il avait fait monter la jeune femme dans
* "voilure et l'avait amenée au service de la ^Û.reté.
Quand M. Taylor fut mis au courant de ce
224 LES MÉMOIRES DE M. GOnOX
curieux ÏQcident, ils'cQ fallul de peu qu'il fil comme M. Riogeval. Il ne croyait fi ri& mon chef, je l'ai déjà dit, ni au hasard, ni a témoignages spoutaiies! Son premier ge^ -^it fut un haussement d'épaules. Maïs la jeu.
fille était entélée. lî fallut bien l'entendre prendre noie de ce qu'elle disait.
Elle raconta que sa sœur était enceinte i quatre mois et qu'elle avait une maladie 8p> ciale. Elle donna l'âge de la disparue, corre pondant à l'Oge présumé du cadavre ; elle ra connut la boucle d'oreille que j'avais dans in( bureau el que je lui montrai.
Enfln, elle eu vint à ce détail ;
— Ma sœup, dit-elle, avait, tatouées suri -* bras gauche, deux colombes se bécotant, ave^ cette inscription : « A Etienne pour la vie. »
Cette fois, je tenais la vérité. Pour moE^ cette simple conslatalioa prouvait que les m^S decins s'étaient trompés, et que les rat:^ n'avaient jamais joué le moindre rôle dans ù- — drame sinistre. L'assassin avait fait disparaîtra ' les tatouages.
Eh bien, M. Taylor doutait encore; il inte*^* rogeait cette jeune fille avec le scepticisme
ilD bonime qui eu était arrivé â croire qu'il Biît impossible de retrouver les assassins.
r'îféanmoîns, mademoiselle Sentier nous puna des détails si complets, que M. Taylor décida à l'emmener à la Morgue, où elle '^connut, autant qu'il était possible de le ëiire, les restes de sa sœur.
KLe lendemain, je fis une autre découverte (pi permit de savoir commeuli le meurtrier '■"Vait effacé du bras de sa victime les tatouages liii pouvaient la faire reconnaître.
kLes chiffons saisis avaient été mis sous SUès, comme d'usage, entourés d'une Ocelle uge qui tenait une fiche où étaient inscrites *i3 indications réglementaires. Par hasard, je ■^pris ces chiffons, et remarquai avec stupé- ^ction qu'en vingt-quatre heures l'encre de la ^che, de noire, était devenue rouge. Il y avait me do l'acide sulfurique sur ces chiffons...
Une simple analyse suffit à l'établir.
alors, c'était l'acide sulfurique qui avait rongé le brasi L'assassin, sans doute, avait voulu [aire disparaître une marque quelconque qui aurait pu faire reconnaître sa vietime...
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» parla ports le»- , " avec
fvilsa trace jusqu'à la froutière italienne... ;s ce fut tout. Où le rechercha vainement lia lie.
drame de la rue de la Cerisaie resta tou- Irs mystérieux, car jamais nous o'avons pu maître le mobile du crime, ni même èlre ài certains qu'il s'agissait réellement d'uu i, étant donné que le rapport des médelêgisles avait la singulière conclusion 1 connaît.
lavello ay^t-il vu mourir sa maîtresse dans bras, et alors avait-il été pria de la terreur passer pour l'avoir tuée ? On bien fait-il luée réellement, dans un accès de rasie?
slrouver un Italien en Italie n'est pas iefLicile, et Gavello avait vingt-huit jours ance sur nous. S'était-il même emliarqué un faux nom pour l'Amérique du Sud?
s n'eu sûmes jamais rien.
I n'était point un triomphe, mais c'était mieux: nous avions au moins, dans des âitions difSciles, ' reconstitué l'ideutité le victime, ientôt nous arrêtâmes un assassin et sans
22s LKS UEHOIRES DE M.
qu'il fût nécessaire qu'il vint se livrer luimême.
Un sieur Berthoud, meunier à Garches, dan -^ la nuit du 30 novembre, vers onze luîure^^' entendit les cJocbetles de ses chevaux et vit — "' comme d'ordinaire, s'arrêter à la porte de soC^^^-* moulin la voiture que conduisait son charre--"'" tier Delporte; mais par extraordinaire, il n'eu — *' tendit pas la voix de Delporte réclamer la cle^^ *' de la porte cochère, comme il faisait tous le^» '^ soirs. Il réveilla sou garçon farinier, et des- ■*' cendil avec lui pour se rendre compte de c^^ -6 qui se passait.
Tous deux soulevèrent la bâche et vireo-^Bt alors le malheureux Delporte gisaat au foQL.^ il de la voiture, la léle fracassée... Il vivai-S<i encore, mais quelques heures après il expiraiM sans avoir prononcé une parole, sans avoirp répondre, même par un signe, aux questiorra qu'où lui posait.
Il n'était pas douteux que le vol fût le mc3 bile ;du crime, car le charretier DelporLej comme à toutes les fîus de mois, avait touoti« les factures de son patron. D'un autre côté, J' avait la réputation d'un homme très prudefll,
I jamais n'aurait laissé monter dans sa voie un inconnu. En outre, il était très vlgouis, et pour qu'il n'eût pas résisté, il /allait lainement qu'il eût été frappé par derrière.
ïous cherchâmes donc immédiatement mi les anciens employés du meunier Berud, et nous les fîmes tous venir à la Sù- I. Tous établirent, de la façon la plus nette, alibis.
rnseul, nommé Séjourné, gui avait montré endant plus d'assurance que ses camaes, fut retenu par moi.
lelui-îà aussi donnait un double alibi ; il tendait avoir passé la journée avec une i Michelin et être venu dîner aux Halles i dix heures du soir. Une rapide enquête ;s suffit pour établir que Séjourné, cejourn'avait pas vu la fille Michelin et qu'il tait arrivé aux Halles que vers minuit...
e ne veux pas insister sur celte afi'aire te simple, dans laquelle pourtant il fallut I information minutieuse pour retrouver preuves de la culpabilité de l'accusé qui jusqu'au bout...
n parvint à prouver qu'on lui avait vu une
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