HT SON PERSONNEL
ndêcis,
que le résultai i
!, quoique consommé, ne fut point officiel, le tuteur trouva une foule de gens pour flétrir le ravisseur.
■■Quand le mariage fut un fait accompli, le wisseur, devenu l'époux, trouva chuz les mêmes individus un zèle égal pour célébrer sea mérites. Il est, dejiuis, devenu un personnage important, et l'on m'a afflrmé que la jeune Espagnole est la plus heureuse des femmes.
h J'eus bientôt une autre occasion d'ob- ^Kver la psychologie féminine dans un feame bien parisien, comme disent les chrob^iueurs-
Un jeune homme qui occupait une grande situation dans une usine des environs de Paria fut trouvé sur une roule, le ct'iue fracassé. Quelques pas plus loin, des paysans arrêtèrent le cheval qu'il montait el qui s'était emballé.
IkjjOn crut tout d*abord à un accideut, mais à ïauile d'une dénonciation, une perquisition lit opérée au domicile du mort, où l'on trouva une lettre dans laquelle il s'accusait d'avoir
nts ari^^ !, ne
commis des délournemeitla imporlanti préjudice de ses patrons et déclarait que, ne voulant p^9 survivre à son dèsbonneur, il allait se tuer.
« Mais, ajoutait-il, je ne veux pas comp] mettre le nom de ma famille dans le scandali d'un suicide, et je donnerai à ma mort l'apparence d'un accident... »
Il avait fallu une énergie singulière 4 malheureux, pour accomplir jusqu'au bout terrible résolution.
Il possédait un cheval qu'il savait avoir ppi — )t du cbomin de fer. 11 l'amena jusqu^à un poi^^l, à l'heure où passait un train... L'animal, affok^ é, s'emballa et vint le jeter contre un mur où ]e désespéré vint se briser la tête... Mais a ne enquête judiciaire avait été ouverte à la su ite de la découverte du détournement.
Ce jeune homme avait pris 40,000 franos dans la caisse de ceux qui l'employaieut.
Comment les avait-il dépensés 1
On savait qu'il avait une maîtresse très gante et qui lui coulait beaucoup d'argeni fus chargé, par le juge d'instruction, d'arrêter cette jeune femme qui appartenait au monde
'Jeslhêàlres, et avait joué av(3c succès dans
Une ville du Midi.
... C'était une superbe créature, grande, oi en faite, dont le sourire avait un "charme 'nfini... Je la reconnus tout de suite pour l'avoir déjà vue chez M. Clément, alors que j "étais aecrélaire du commissaire aux délégations judiciaires. Elle avait été alors l'héroïne d'une comédie dont j'avais gardé le souvenir bien précis, car cette histoire avait été pour Qioi comme la première révélation des mystères de la vie parisienne.
Cette jolie fiUe n'était alors qu'élève au Conservatoire, et un personnage occupant vine situation politique s'était épris follement de ses charmes. Le pauvre garçon, qui d'ailleurs était fort riche, s'entêta d'autant plus que la résistance était plus énergique. Enfin, MO jt)ur, ou plutôt un soir, il crut être parvenu au comble de ses vœux. On lui fit signer des tillels pour une somme considérable, et la Jfinne ingénue lui promit solennellement de ■^enir dloer avec lui dans un restaurant de la ^iVe gauche.
f Elle tint parole, et fut charmante pendant
tout le repas ; mais, au dessert, qi l'homme, très énamouré, réclama... lavali de ses billets, Pappreotie comédienne s'esqur adroitement, et ce fut sa mère qui, tout à cou] vint s'offrir en holocauste...
La dame, paraît-il, avait de beaux restai l'amoureux de sa fille une fringale telle faute d'une jeune grive, il prit la viei^Ji poule...
Seulement, quand il s'était agi de payer icj billets, son ardeur s'élant calmée, il Avait sollicité de la préfecture de police une inteN vention... et M. Clément avait été chargé de mener à bien une transaction... basée sanf doute sur une tromperie évidente sur la lité de la marchandise livrée.
Comédienne dans la vie comme au thèit l'ancienne élève du Conservatoire avait ml Iré toujours le même appétit, et non lement elle avait mangé au malheureux suicidé toutes les sommes qu'il avait tournées, mais encore elle l'avait beaucoup trompé, et c'était à la suite d'une scène tef' rible que le jeune homme avait résolu de se tuer.
En effet, une observation ua peu longue des suicides donne cette conviction, qu'il est ^en rare qu'un malheureux .se décide à quit-
: la vie pour une seule raison... Les désespoirs tragiques sont presque toujours faits l'une réunion de causes différentes... Ce malheureux se serait tuê peut-être quelques jours plus tard, pour éch;ip|ier à la honle i'une arrestation, mais il ne se serait pas tué
I jour-là si la femme qu'il aimait, pour l'amourdelaquelle il était devenu criminel, ne fui avait avoué cyniquement, dans une querelle, qu'elle le trompait; c'était la dernière goutte qui avait fait déborder le vase d'amerlome...
Alors, la nécessité d'une fin immédiate était l^parue au jeune homme ; il avait fait seller Ion cheval et il était parti pour la mort...
Cette scène qui avait précédé le suicide ivait dû être d'une violence inouïe, et la jeune ictrice avait elle-même cooapris qn'elle étLtit liée trop loin. Je saisis chez le suicidé une lettre qu'elle avait envoyée quand le pauvre ^rçon était déjà parti, une lettre qu'il n'a jamais lue et que voici :
« Mon Edouard adoré, viens. J'ai été I chante. Je me repens. Pardon. '
» Signé : Mar:e (Vendredi.)
Le repentir était tardif, car ce ne fut qu3 cadavre qu'on ramena.
L'arrestation de la jeune femme ne fuL^ d'ailleurs que de pure forme. Il était évident. qu'elle avait proQlé des sommes détournées»
mais il était certain aussi que le malheureux: garçon, qui en était arrivé à ce point de folie par amour d'elle, s'était bien gardé de lui dire comment il se procurait l'argent qu'il lui donnait. Elle fut remise en liberté, et depuis, je ne l'ai jamais revue.
Mais cette femme était en quelque sorte une entité : celle de la corruption féminine. Il se dégageait d'elle je ne sais quel charme troublant qui faisait comprendre son pouvoir de sirène.
C'était encore un des côtés de la vie parisienne nécessaire à connaître, que j'étais appelé à pénétrer. Je compris ia vérité de cette formule, tant de fois raillée, « la femme fatale»,
la femme qui semble avoir la spécialité de conduire jusqu'au crime ou jusqu'à la mort les malheureux qui, comme des alouettes, viennent se faire prendre dans le miroir de ses yeux.
Mais une afiFaire d'un genre tout nouveau, l'affaire Duval, m^ ramena à d'autres observalions et me révéla l'existence d'un mouvement révolutionnaire particulier et que, certes, jusqu'alors, j'étais bien loin de soupçonner.