CHAPITRE VIII
l'affaire dite des décorations le role historique de madame limouzin
Le 29 septembre 1887, M. Taylor étant malade, j'avais la direction de toute la Sûreté.
J'allai, comme tous les matins, au rapport chez le préfet. M. Gragnon me dit :
— J'ai une mission importante à vous confier.
Hier soir, continua-t-il, un peu avant minuit, je travaillais dans^mon cabinet, quand on vint m'avertir qu'une personne désirait me voir pour une affaire^ d'une extrême importance. En môme temps, on me passait la carte que voici : M. X..., directeur de l'agence de
LES tlÉMlIRES DE ]
publicité.., rue... J'ordonnai d'iuLroiiuire ce Monsieur, qui, s'excusaut de venir me déranger aussi lard, me déclara qu'il croyait de sou devoir de faire une dénonciation intéressant la sûreté de l'Elat. Il afBrme qu'une dame Limouzin, demeurant 32, avenue de Wagram, se livre au trafic des décorations et, ce qui est bien plus grave, détient une partie des plans de mobilisation. D'après ce monsieur, qui prétend avoir "vu ces documents intéressant la défense nationale, il suffira d'une perquisition pour les retrouver. Le dénonciateur, pour faire la preuve de ce qu'il avance, offre de présenter à madame Limousin l'agent que nous lui enverrons et qui se dira un industriel désirant la croix de la Légion d'honneur.
M. X... affirme que cette femme lui promettra de le faire décorer moyennant le payement d'une somme de 25,000 francs. Il faut savoir ce qu'il peut y avoir d'exact dans cette dénonciation. Nous n'avons pas le droit de négliger une indication aussi précise, surtout quaud il s'agit de la défense nationale.
Je n'avais qu'à ui'incUner devant un ordre aussi clair et je demandai au préfet i
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