RE DITK DES DÉCORATIONS
Le Code prescrit de coter et de parapher lous les papiers saisis, en présence des inculpés et même de toute personne chez qui la saisie a été opérée, et d'en faire immédiatement les scellés.
Dans la pratique, il est presque impossible au magistrat d'ohèir à la loi. On peut faire encore aujourd'hui une visite au greffe crimi-
knel et l'on ne trouvera pas 10 pour 100 des kdoBsiers dont les pièces aient été cotées et paraphées au moment de la saisie.
n faudrait pour cela, non pas un, mais vingt ou trente chefs de la Sûreté. Encore ils n'y suffiraient pas.
Moi-même, maigre tous les ennuis que me
U causa cette fameuse perquisition Limouzin,
^^Lil m'a été impossible dans la suite de coter et ^^ftd« parapher tous les papiers que j'ai saisis dans l^^les différentes affaires criminelles que j'ai conduites.
tUn chef de la Sûreté fait quelquefois jusu'à vingt perquisitions par jour.
Eu sortant de chen madame Limouzin, je le h&tai d'aller porter tous tes papiers que ontenait ma serviette à M. le préfet de polies,
t.ES HSHOIRES DB
et lui a
i l'agent q
lit joué le ràlôQ
1 amenai I fameux l
M.Gragnon et moi, noua fûmes d'avis que celte audacieuse aventurière ne pouvait avoir des généraux véritables mêlés à ses louches négociations, et qu'elle mettrait simplement en relation avec le faux Langlois, qui disait arriver de Roanne et ne connaître personne à Paris, deux chevaliers d'industrie quelconques, qui ne pouvaient être tout au plus que des majors de table d'bôte.
Mon agent reçut donc l'ordre de se rendre chez madame Limouzin, mais seul, et de refuser au dénonciateur de se laisser cette fois accompagner par lui.
, En même temps j'organisai une filature pour Lien m'assurer que les prétendus généraux n'étaient que d'audacieux escrocs. Et, comme en réalité j'étais chargé par mon chef de mener à bien une affaire délicate, je retournai à mon café de l'avenue de Wagrai pour veiller sur les différentes opérations qVt j'avais organisées.
J'avoue que je fus stupéfait et que monvi^ esprit'mililaire fut soudain attristé quaDdl
Ctaffaire dite des décorations
ps sortir de chez la Limouzin non pas un pfenturier plus ou moins exotique, mais un jpmme droit el ferme que je n'avais rjamais , mais qu'à son alltiro, à sa moustache, à sa brbiche grisonnante, à la rosette de la Lé-
ioD d'honneur q|u'il portait à la boutonnière, fétailimpossible de ne pas reconnaître pour
1 véritable oCflcler.
|Mon agent avait été aussi étonné que moi band, mis en face non de deux généraux,
^is d'un seul, madame Limouzin l'avait pré-
nté au général C..., sous-cbef d'état-major
t ministère de la guerre I iLes deux agents qui avaient cette mission ^virent le général jusqu'à la porte du minispte de la guerre.
L'un d'eux demanda au concierge quel était ) monsieur qui venait d'entrer.
[ — M. le général C..., lui fut-ii répondu,
ius-chef d'état-major.
J'étais atterré en recevant ainsi une confir-
hlioaiudéniable des premières constatations, j'était un général français qui avait déclaré
[ faux Langlois qu'il se portait garant des
bmesses de madame Limouzin !
29S LES MÉMOIRES DE M. OOnO
Je vins, commo c'était raoa devoir, rendre compte à M. Gragnon de ce qui avait élà !iiil.
Le préfet ne voulut pas croire que la personne suivie fût réellement le général C...
Il me fit observer qu'il était possible i|u'an faux général, se sentant âlë, eût été mm hardi pour pénétrer dans le ministère et que le concierge, répondant sans attention, eût ftté trompé par une ressemblance.
Néanmoins, M. Gragnon estima que miui étions en présence d'une affaire d'autant plus grave que (il ne faut pas l'oublier], daiis la première dénonciation, mailame Limouïîn avait été accusée de s'être procuré des 6h* creLs militaires pour les vendre & l'Alleiuagiifi.
On sait, d'ailleurs, qu'il n'y avait pas ufl mot de vrai dans cette accusation.
Le préfet jugea qu'il devait, avant tout, prévenir le gouvernement. Son chef. Je ministre de l'intérieur, étant absent, il s'en fui trouver M. Rouvier, alors président du coo* seil, etlui dem;inda des instructions.
M. RQuvier fut d'avia qu'il était nécesdaire de renvoyer le faux Langlois au aainî&i la guerre, aSn d'avoir une certitude,
tnini&lèr^M