‹ Les mémoires de M. Goron, ancien chef de la SûretéChapitre 3 sur 28 · LE PASSÉ O'UN FONCTIONMAIRË · texte numérisé non relu

LE PASSÉ O'UN FONCTIONMAIRË

tieroander une permuUtion, je sollicitai de ^nasseraux lirailteurs sénégalais. Quandj'arri- ^Eai à Cberbt)urg, pour de là m'embarquer ^Bour Dakar et Snint-Louis, oiii pauvre mère, I! qui était persuadée que le Sénégal était un

pays où tous les Européens devaient fatale- ^^nent mourir, me supplia de rester. Je luttai le ^Bu3 possible : mais, devant le désespoir de ^Hta mère, je consentis à me laiiiser acbeter un ^^Kmplaçanl. C'était encore l'époque des mar- ^Bhands d'bommes. Plus tard, quaud je fus ^^hef de la Sfirelé, je revis celui qui m'avait

trouvé ce remplaçant. L'ancien marchand ^^d'bommes était devenu commis à la Préfec- ^Btare de police.

^H J'avais toujours la passion des choses mili- ^Bftires et, par conséquent, un grand regret ^fpavûir quitté l'armée. On commençait à par- ^^fer de la garde mobile ; je me mis à étudier

avec ardeur l'artillerie, suivant tous les cours. .

el même les exercices à la caserne. En vertu

I la logique qui préside d'ordinaire aux

hoses de ce monde, quand la mobile fut or-

oisée et que la guerre éclata, on me nomma

Eeutânaat daus l'infanterie.

lu LES MÉMOIRES DE M. GURON

J'ai encore présent à la mémoire l'euthou< siasme de la foule quand la nouvelle de la déclaration de guerre fut affichée à la préfec- ! ture de Rennes. Ciiaque jour, nous allions,' nnxieux, lire VQfpoiet à l'unique café où onle ' recevait, mes camarades de la mobile et moi, i espérant voir paraître le décret qui ferait de | nous des soldais vèrilaiiles. Mais nous n'ap- I prîmes que des défaites. Le lendemain de Wïs--' sembourg, nous ne voulûmes pas attendre qu^ on ; appelât les moblols. Nous nous engageâmes.

Ou uoua avait apporté la légende héroïque des turcos de Wisseinbourg. Je choisis les turcos,

La veille du départ, tous ceux qui s'en allaient se battre défilèrent le soir dans les rues de la ville. Ce fut une superbe manifestation dont j'étais très fier, car c'était moi qui portais le drapeau. Partout, surnotre passage, les femmes battaient des mains et nous jetaient des fleurs. Je criais : n A Berlin ! » de toutes mes forces, et, à côté de moi, mon camarade Emile Gautier, le savant vulgarisateur que chacun connaît, n'était pas moins enthousiaste.

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