LE PASSE D UN FONCTIONNAIRE
Ïitiie bonne bretonne que nous avions emenêe avec nous avait été atteinte du terrible mal en même temps que mon fila. Celle-là,
Ije la sauvai ; je ne pus sauver inon enfant ! l Ce pays me fit horreur, je n'eus plus que ■ désir de partir très vite.
B A ce moment-là, une fatalité semblait peser nr moi. Encore tout rempli des douleurs de ■ guerre, je ne trouvai passage, pour revenir n Europe, que sur un navire allemand, pquel s'appelait le Strasbourg, comme pour rappeler à mon patriotisme, alors fort exalté, les conséquences delà défaite et les provinces enlevées. C'était une sorte d'humiliation qui, venant s'ajouter à mes chagrins, m'affecta 1, profondément.
^^ Cependant ma loyauté m'oblige à dire que ^^B capitaine du Strasbourg se conduisit vis-à- ^^B de moi avec une délicatesse et une cour- ^^Msie auxquelles je dois rendre hommage.
^^Kous arrivâmes à Santos, où le navire fai- ' sait escale, le 1" septembre. Toute la colonie allemande vint à bord demander qu'on pavoi- Ai en l'honneur du Sedautag.
1— Non, répondit le capitaine, ce serait
manquer de courtoisie : j'ai une famille française à bord.
Quand le médecin du navire, qui parlait espagnol, me raconta ce qui s'était passé, j'allai trouver Tofflcier allemand et le remerciai avec une émotion dont je ne fus pas maître.