I. c. D. H., T. ui
vir à table, le saussier doit présenter ses sausses au panetier toutes couvertes , et le panetier luy doit bailler son assay^ comme ey dessus est escript. Le saussier doit estre en la salie où le prince mange, et recevoir toute la vaisselle pai* les mains du varlet servant, pour sçavoir qu'elle devient, car s'il y a perte , ce sei'oit luy. Et au regard de la vaisselle pour ia viande des estats, il la delivre au commis des estats, comme fait le garde huge la vaisselle du buffet, et se rend à chascune fois audit saussier. Le saussier doit livrer le sel qui se despend par les estats, et doit avoir le pain en chascun estât, sur quoy on met le sel pour faire la salliere.
Et combien que le faict de la fruiterie ne touche en rien le faict de la cuisine y toutesfois j'entresuivray continuant iceluy estât , pource qu'il sert à la l)ouche. Le duc a deux fruitiers comptez par termes, et a le fruitier telle auctprité , qu'il apporte le fruit devant le prince , et fait son assay , il livre toutes manières de fruits , comme poires , pommes , cerises , et roisins , et se compte tous les jours soubs luy et soubs sou office, selon ce qu'il en a despensé, Tune fois plus que l'autre par jour ^ il livre prunnes seiches, cappres, figues , dades, roisins, nois, et noisettes, et ce s'achapte par provision , et se despend par quantité , et pareillement il livre la cire qui se despend à Thostel du prince , tant en flambeaux , torses , comme en deffroy d'obsèques de princes , et s'achapte la cire par provision de milliers et par cens, et se despendent par livres , et par onces soubs iceluy office, et à la fin du mois Ton compte au fruitier bastons luminons , pour les torses et flambeaux qu'il a despendus en iceluy mois , et ce selon la quan* tité de sa despense : il a en garde les chandeliers d'argent , à mettre les flambeaux , et doit asseoir lesdicts flambeaux à la table du prince » et au buffet , il a en garde la vaisselle d'argent pour servir le fruit, et doit estre icelie vaisselle trouvée en trois lieux , pour plus habillement laver son fruit , et Ton nomme en la maison de Bourgongne , les flambeaux qui allument autour des mestiers, et se prent nom, pai*ce que le fru^ tier doit estre homme de mestier , et doit faire luy mesme les torses et les flambeaux, mais pourquoy se met le mestier de la cire es mains du fruitier , et non pas sur la cire, qui toutesfois est plus grande despence , c'est en effeet pour ce que la cire est tirée par la mouche es fleurs, dont viennent les fruits, pourquoy a bien esté ordonné à ceste cause. Et quand le prince veut servir a Teglise, comme a la feste Dieu devant le Corpus Domini , ou le jour du lx>n vendredy , le fruitier apporte la torse du